Ron Gilbert, une figure emblématique dans le monde des jeux vidéo, a exprimé sa frustration face au manque de soutien financier et à l’influence des grandes éditeurs dans l’industrie. Connu pour son travail sur des classiques comme The Secret of Monkey Island et Maniac Mansion, Gilbert a récemment dû annuler un projet ambitieux : un jeu vidéo de rôle en monde ouvert inspiré de Zelda. Malgré son expérience et un historique de succès, il a constaté qu’il ne disposait pas des ressources nécessaires pour réaliser sa vision.
Nous resterons sur notre faim
Dans une interview avec Ars Technica, Gilbert a discuté des raisons pour lesquelles le projet a été abandonné, soulignant que il n’avait tout simplement pas l’argent ni le temps pour développer un jeu aussi vaste. Bien qu’il le décrive comme le jeu que j’ai toujours voulu jouer, le développeur considère que le dilemme auquel il est confronté est courant dans l’industrie. Il a essayé d’assurer un financement, mais les offres qu’il a reçues étaient décevantes et n’avaient pas de sens. Cela reflète un problème plus large dans le secteur, où les éditeurs axés sur les données privilégient souvent les formules à la créativité, ce qui donne des titres qui, selon Gilbert, ressemblent exactement à ceux de l’année dernière.
Malgré son succès avec Thimbleweed Park, Gilbert a averti que le crowdfunding a perdu de son efficacité, qualifiant Kickstarter de pratiquement mort pour le financement de jeux vidéo de nos jours. Bien qu’il ait été une solution viable, son expérience montre que même les projets les plus créatifs ont souvent besoin du soutien d’investisseurs privés pour compléter le budget nécessaire.
Enfin, Gilbert a exprimé son appréciation pour le marché des jeux indie, qui permet une plus grande liberté créative et originalité, contrastant avec l’approche plus commerciale des grandes éditeurs. Au début, mentionne-t-il, il était plus difficile d’appliquer les formules qui dominent aujourd’hui le développement, ce qui limite souvent l’innovation. Par ses mots, il souligne la nécessité de restaurer la créativité dans l’industrie du jeu vidéo.
