Selon Bloomberg, Z.ai, la start-up chinoise d’IA autrefois appelée Zhipu, devrait en 2026 frôler 1 milliard de dollars de revenus annualisés. Il s’agit bien d’un rythme projeté sur douze mois, pas de ventes annuelles déjà totalement comptabilisées. Pour un acteur chinois indépendant du secteur, ce cap reste rare, presque un marqueur.
Z.ai pourrait être la première société de ce type à s’en approcher.
Mieux vaut quand même ne pas aller trop vite.
On ne parle pas encore d’un milliard de dollars de ventes effectivement encaissées sur une année complète. Une partie du total repose sur les revenus récurrents annualisés, donc sur un indicateur qui extrapole le rythme actuel sur douze mois.
D’ailleurs, JPMorgan mise plutôt sur environ 4,6 milliards de yuans de chiffre d’affaires en 2026, ce qui laisse encore l’entreprise sous la barre du milliard de dollars en valeur absolue.
Reste que la hausse impressionne.
Toujours selon Bloomberg, Z.ai a généré autour de 724 millions de yuans en 2025, soit à peu près 100 millions de dollars. Cela représente une progression d’environ 132 % sur un an.
Et le mouvement semble même s’être encore accéléré. Des données de marché citées par Bloomberg montrent que les revenus récurrents annualisés ont été multipliés par 15 au premier semestre 2026.
Ce qui frappe aussi, c’est la manière dont Z.ai avance, avec une stratégie qui paraît presque à rebours du marché.
Bloomberg explique que l’entreprise met gratuitement à disposition ses modèles phares, comme GLM-5.2, puis fait payer les usages professionnels: accès cloud, consommation via API, personnalisation pour les grands comptes, support technique, déploiements sur site.
Une part importante de l’activité viendrait justement de ces déploiements sur site pour de grands clients, en particulier des entreprises publiques et des institutions financières, toujours d’après Bloomberg.
Ce segment aurait pesé 73,7 % des revenus de 2025, toujours selon Bloomberg.
Pour ces organisations, l’intérêt se comprend vite: garder les données en interne, ajuster les modèles à des besoins métier très précis, et avoir en face un accompagnement complet.
En parallèle, la plateforme ouverte de Z.ai change clairement d’échelle.
Selon Bloomberg, son revenu récurrent annualisé aurait atteint 1,7 milliard de yuans, soit une multiplication d’environ 60 sur un an.
Plus surprenant encore, après une hausse de 83 % des tarifs des API au premier trimestre 2026, l’usage aurait malgré tout bondi de 400 %, d’après des données de marché citées par Bloomberg.
Cette croissance, évidemment, se paie.
Z.ai reste très déficitaire, et les pertes se creusent à mesure que les investissements montent.
Des estimations de marché parlent d’une perte nette de 4,72 milliards de yuans en 2025.
JPMorgan ne voit pas de retour dans le vert avant 2028. Cette année-là, le chiffre d’affaires pourrait atteindre 30,9 milliards de yuans.
Le cas Z.ai raconte aussi quelque chose de plus large sur la Chine: des entreprises capables de faire exploser l’usage de leurs modèles, de faire baisser les coûts, puis de convertir cette adoption en contrats bien réels.
Bloomberg indique aussi que Z.ai accélère hors de Chine, avec des ambitions au Moyen-Orient, à Singapour, au Royaume-Uni et en Malaisie.
En clair, Z.ai n’a pas encore réalisé 1 milliard de dollars de ventes sur une année pleine.
Mais la trajectoire est déjà parlante: un modèle fondé sur la gratuité de l’offre de base, puis sur la vente de services premium, peut devenir très vite un vrai business à grande échelle.