D’après The Information, OpenAI a signé 5,7 milliards de dollars de chiffre d’affaires au premier trimestre 2026, tout en brûlant 3,7 milliards de dollars de trésorerie sur la même période. Le média ajoute que l’entreprise aurait regonflé ses réserves grâce à une levée de fonds d’ampleur, bouclée en mars, et qu’une introduction en Bourse aux États-Unis commencerait aussi à prendre forme.
Sur un an, les revenus de OpenAI auraient presque triplé. Le cash burn aussi. La croissance va donc très vite, mais on reste encore loin d’un vrai levier opérationnel.
Pour une société comme OpenAI, qui mise sur la montée en puissance pour consolider sa place, ce parcours n’a rien de très étonnant.
Le sujet, c’est qu’à partir du moment où une IPO commence à se dessiner, les investisseurs regardent autre chose de très près : la capacité d’OpenAI à transformer cette croissance en bénéfices.
Le nerf de la guerre reste le coût de l’inférence, autrement dit le fait de faire tourner les modèles d’OpenAI à chaque requête envoyée par les utilisateurs.
Et là, OpenAI ne joue pas avec les mêmes règles que beaucoup d’éditeurs de logiciels classiques. Quand l’usage augmente, le coût unitaire ne baisse pas mécaniquement. Plus les utilisateurs sollicitent les outils d’OpenAI, plus il faut de puissance de calcul.
À cela s’ajoutent les dépenses de recherche, l’entraînement des modèles et l’infrastructure, qui continuent de peser lourd dans les comptes, toujours d’après The Information.
Plus inattendu, OpenAI aurait malgré tout terminé le trimestre avec plus de 73 milliards de dollars de trésorerie et de placements liquides, contre environ 40 milliards fin décembre, selon The Information.
Mais cette hausse ne viendrait pas de l’activité elle-même. Elle s’expliquerait surtout par une levée de fonds majeure finalisée en mars, toujours selon The Information.
Cette opération aurait valorisé OpenAI autour de 852 milliards de dollars, d’après The Information.
Dans le même temps, The Information affirme aussi qu’OpenAI aurait déposé, de façon confidentielle, un dossier d’introduction en Bourse aux États-Unis. L’opération pourrait intervenir dès septembre, avec une valorisation susceptible d’atteindre 1 000 milliards de dollars. À l’heure où nous écrivons ces lignes, OpenAI n’a toutefois rien confirmé publiquement.
Donc, prudence. Nous continuerons de suivre le dossier.
Et le groupe ne s’en cacherait pas vraiment : selon The Information, la rentabilité d’OpenAI ne serait pas attendue avant la fin de la décennie.
Cette logique de conquête menée à marche forcée aide aussi à relire les pertes passées. Toujours selon The Information, elles auraient atteint environ 39 milliards de dollars en 2025. Ou plutôt 8 milliards si l’on retire les charges comptables sans effet de trésorerie liées à une restructuration.
En parallèle, OpenAI cherche à élargir ses sources de revenus : ses offres pour les entreprises via le Partner Network, des tests publicitaires auprès des utilisateurs gratuits de ChatGPT aux États-Unis, mais aussi des produits avec un potentiel de croissance plus élevé, comme Codex d’OpenAI.
Reste une question simple : ces relais de croissance seront-ils suffisants pour compenser une structure de coûts qui, elle, continue de s’alourdir ?
Source : The Information