Google Cloud a annoncé aujourd’hui l’arrivée des modèles quantitatifs de SandboxAQ sur Google Cloud Marketplace. L’idée est simple : les rendre accessibles aux entreprises et aux centres de recherche qui travaillent sur la découverte de médicaments, les nouveaux matériaux et les semi-conducteurs.
Cette annonce dit aussi autre chose. Dans le cloud, la bataille se joue de plus en plus sur la R&D, avec des outils spécialisés capables d’attaquer de vrais problèmes scientifiques, là où les assistants conversationnels généralistes atteignent vite leurs limites.
Google Cloud explique que cet accord doit permettre à ses clients d’accéder plus facilement aux modèles de SandboxAQ via Google Cloud Marketplace.
Pour Google, l’intérêt est évident sur deux fronts. D’un côté, le groupe enrichit vite son catalogue sur des cas d’usage à forte valeur. De l’autre, il avance ses pions face à Microsoft Azure et Amazon Web Services (AWS) sur un terrain très disputé : celui des laboratoires, des industriels et des sociétés de biotechnologie.
Le marché n’a rien de marginal.
Toujours selon Google Cloud, la seule découverte de médicaments pesait autour de 112 milliards en 2025 et pourrait approcher les 187 milliards d’ici 2034. Pour les fournisseurs de cloud, ce sont des secteurs prêts à payer pour des gains concrets, qu’ils se mesurent en temps, en coûts ou en précision.
Ce qui distingue SandboxAQ, ce sont ses « grands modèles quantitatifs ».
On n’est pas ici dans la logique des modèles de langage, entraînés surtout sur des corpus textuels pour produire des réponses en langage naturel. Les modèles quantitatifs de SandboxAQ, eux, reposent sur des données numériques, des équations scientifiques et des mesures de laboratoire.
Concrètement, ils sont mieux armés pour les tâches où l’on attend une valeur, une structure moléculaire ou une prédiction physico-chimique, en chimie, en biologie ou en physique appliquée, plutôt qu’un bloc de texte bien tourné.
Google Cloud mise d’ailleurs sur cette complémentarité. Selon l’entreprise, les chercheurs qui travaillent sur Google Cloud pourront utiliser Gemini, l’assistant IA de Google, pour l’interface en langage naturel, le raisonnement et l’organisation des tâches, puis confier les calculs scientifiques de précision aux modèles de SandboxAQ.
Les premiers modèles attendus sur Google Cloud Marketplace sont AQCat, tourné vers la découverte de matériaux et de catalyseurs, puis AQPotency, orienté vers la découverte de médicaments.
Dans le même temps, Google a aussi présenté Gemini for Science, un ensemble d’outils qui réunit notamment Co-scientist, AlphaEvolve, un assistant pour la recherche expérimentale, ainsi que NotebookLM. Le message de Google est assez clair : il ne s’agit pas de remplacer les chercheurs, mais d’accélérer les étapes répétitives du travail scientifique, de la synthèse documentaire à l’exploration d’hypothèses.
Au fond, ce mouvement confirme une idée déjà bien ancrée chez Google et DeepMind, qu’on retrouve dans leurs travaux sur les protéines ou la découverte de matériaux : en science, les systèmes les plus utiles sont souvent des outils très spécialisés, nourris par des mesures réelles bien plus que par du texte aspiré sur Internet.
L’accord met aussi en lumière le poids croissant des éditeurs spécialisés.
Google Cloud souligne que SandboxAQ, issu du laboratoire X d’Alphabet en 2022 et soutenu par Eric Schmidt et Marc Benioff, s’ouvre ainsi un large canal de distribution auprès de secteurs fortement réglementés. Google, de son côté, élargit rapidement son offre sans avoir à développer seul chaque modèle métier.
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