Un projet de loi en Californie qui pourrait imposer des restrictions à l’intelligence artificielle suscite l’intérêt des entreprises technologiques, des investisseurs et des militants qui cherchent à comprendre ce que la première législation de ce type pourrait signifier pour leur industrie dans l’État.
Le projet de loi suit son cours dans la capitale de l’État, Sacramento, selon ce que nous avons pu apprendre grâce à un article du New York Times. Et il devrait arriver devant le comité des affectations de l’assemblée de l’État de Californie jeudi avant d’être soumis au vote en séance plénière.
Si le gouverneur de Californie le transforme en loi, le projet exigera que les entreprises vérifient la sécurité des puissantes technologies d’intelligence artificielle avant de les rendre disponibles au public.
Cela permettrait également au procureur général de Californie de poursuivre les entreprises si leurs technologies causent des dommages graves, tels que des dommages matériels massifs ou des victimes humaines.
Un projet de loi répondant aux préoccupations mondiales concernant le pouvoir de l’IA
Le débat sur le projet de loi sur l’intelligence artificielle, connu sous le nom de SB 1047, reflète les arguments qui ont suscité un grand intérêt pour l’intelligence artificielle. Les critiques soutiennent qu’il étouffera le progrès des technologies qui promettent d’augmenter la productivité des travailleurs, d’améliorer les soins de santé et de lutter contre le changement climatique.
Les partisans croient que le projet de loi aidera à prévenir les catastrophes et freinera le travail des entreprises trop axées sur les bénéfices.
Et de nombreuses grandes entreprises d’intelligence artificielle, telles que Google, Meta, Anthropic et OpenAI, seraient tenues de respecter la loi proposée, qui pourrait faire jurisprudence pour d’autres États et gouvernements nationaux.
Le projet de loi SB 1047 arrive à un moment délicat pour la région de la baie de San Francisco, où se trouve une grande partie de la communauté des start-ups en intelligence artificielle, ainsi que de nombreuses grandes entreprises du secteur.
Ses détracteurs les plus virulents soutiennent que le projet de loi pourrait stimuler le développement de l’intelligence artificielle vers d’autres États, juste au moment où la région se remet d’une dépression induite par une pandémie.
Plusieurs chercheurs de premier plan en intelligence artificielle ont soutenu le projet de loi, notamment Geoff Hinton, ancien chercheur chez Google, et Yoshua Bengio, professeur à l’Université de Montréal. Tous deux ont mis en garde contre les dangers de cette technologie au cours des 18 derniers mois.
D’autres pionniers de l’intelligence artificielle se sont prononcés contre le projet de loi, tels que Yann LeCun, directeur scientifique de Meta, ainsi que d’anciens cadres de Google et des professeurs de Stanford Andrew Ng et Fei-Fei Li.
L’IA peut être le salut de l’humanité ou le dernier clou dans le cercueil. Nous avons encore le temps de légiférer pour que ce soit le premier cas et non le dernier.