Amazon Kuiper a saisi la Federal Communications Commission (FCC) d’une demande pour faire fonctionner une constellation de 5 105 satellites en orbite basse pensée pour la connexion directe aux appareils, avec un déploiement annoncé à partir de 2028. Dans ce dossier, Amazon décrit un système capable de relier des satellites à des terminaux mobiles compatibles sans passer par les réseaux terrestres habituels. L’idée ne se limite pas à un simple accès à Internet: il est aussi question d’appels vocaux, de données, de messagerie, de services d’urgence et de connectivité pour l’IoT.
En clair, Amazon veut permettre aux smartphones et à d’autres appareils de rester joignables même lorsqu’ils se trouvent hors de portée des antennes mobiles au sol.
Amazon pousse plus loin la connexion satellite directe vers les smartphones
Cette nouvelle demande marque une étape de plus pour Project Kuiper, le programme de haut débit spatial d’Amazon.
Le groupe dispose déjà d’une autorisation portant sur 3 236 satellites, a mis plus de 390 satellites en orbite et table sur un premier lancement commercial d’ici la fin de l’année, d’après les éléments transmis à la FCC.
Avec ce volet direct-to-device, Amazon cherche à prendre place sur l’un des créneaux les plus convoités du moment: la connectivité mobile depuis l’espace, sans accessoire ni équipement externe à ajouter côté utilisateur.
Le dossier évoque des appareils compatibles capables d’établir une liaison directe avec les satellites, sans antenne supplémentaire. Sur le papier, c’est une très bonne nouvelle pour tous les usages loin des zones couvertes par les réseaux classiques.
Un déploiement à partir de 2028 et un pari à plus de 10 milliards
Amazon prévoit de lancer le déploiement de ce nouveau système à partir de 2028, toujours d’après la demande déposée auprès de la FCC.
Le même dossier rappelle que l’ensemble de Project Kuiper représente déjà plus de 10 milliards de dollars d’investissement. Pour envoyer sa constellation en orbite, Amazon a réservé 92 lancements auprès d’Arianespace, Blue Origin et United Launch Alliance.
Côté technique, la constellation direct-to-device serait organisée en cinq couches orbitales: trois pour les latitudes intermédiaires, une pour les hautes latitudes et une autre pour les régions quasi polaires.
Amazon prévoit aussi des liaisons optiques entre satellites, ainsi que des passerelles au sol sécurisées et raccordées à la fibre, afin de maintenir une couverture solide et une faible latence.
Globalstar, pièce centrale de la stratégie d’Amazon
Un autre point clé du plan apparaît dans le dossier remis à la FCC: la proposition de rachat de Globalstar pour environ 11,6 milliards de dollars.
Une telle opération offrirait à Amazon un accès précieux au réseau satellite de Globalstar, à ses infrastructures, à son spectre radio et à ses licences. Pour lancer plus vite un service mobile spatial, ce serait un levier de poids.
Fait intéressant, Globalstar n’est pas un inconnu pour le grand public.
Son infrastructure sert déjà à certaines fonctions satellite des iPhone et des Apple Watch d’Apple, notamment Emergency SOS, Messages, Find My et l’assistance routière. Cela ne veut pas dire qu’il y aurait automatiquement une continuité entre ces services et une future offre signée Amazon. Mais cet historique donne une idée assez claire de la valeur stratégique des actifs visés.
Une bataille déjà très encombrée
Amazon arrive pourtant sur un terrain où la place est déjà prise.
SpaceX domine avec Starlink. AST SpaceMobile, Lynk Global et Iridium avancent eux aussi. Dans le même temps, Amazon enchaîne les partenariats télécoms avec Vodafone, Vodacom, Vrio, NTT, SKY Perfect JSAT, DirecTV, Herotel et NBN en Australie.
Pour les particuliers comme pour les entreprises, Amazon met en avant des cas d’usage très concrets: couverture des zones rurales et isolées, liaisons pour les flottes, chaînes logistiques, services publics, connexions gouvernementales et objets connectés.
Si le calendrier tient, le smartphone vraiment connecté partout pourrait bien devenir un nouveau front stratégique pour le géant du e-commerce.