Arm, Intel et AMD ont trouvé leur nouvel angle d’attaque pour les CPU sur PC comme sur smartphone : le NPU, pour unité de traitement neuronal. L’idée est simple. Faire tourner en local des fonctions d’IA qu’on envoyait jusqu’ici, bien souvent, vers le cloud ou vers le GPU.
Ce qu’ils cherchent, c’est des réponses plus rapides, moins de données expédiées à distance, et une meilleure autonomie.
Pour l’industrie, ça ressemble au début d’un nouveau bras de fer autour du processeur. Le CPU, qu’on disait presque relégué à l’arrière-plan sur certains usages, redevient une pièce centrale de l’expérience quotidienne.
Les nouvelles puces ne se contentent plus d’ajouter des cœurs classiques. Elles embarquent désormais des blocs taillés pour des tâches bien précises : modèles génératifs, assistants, retouche photo, traduction, ou encore certains effets vidéo appliqués en direct.
Et le plus intéressant est peut-être là : le prochain vrai saut de performance ne viendra pas forcément de la carte graphique, mais du processeur lui-même, de ce qui se passe à l’intérieur.
L’intérêt, lui, saute aux yeux : moins de latence qu’avec un service distant, plus de confidentialité puisque les données peuvent rester sur l’appareil, et une consommation bien plus basse qu’un GPU quand la charge de travail s’y prête.
D’après plusieurs experts du secteur, un NPU peut gérer ce genre de traitement autour de 5 à 10 W, là où un GPU tourne plutôt entre 30 et 40 W. Les mêmes estimations avancent que, sur un portable, cela pourrait se traduire par 1,5 à 3 heures d’autonomie en plus lors d’un usage intensif de fonctions génératives.
Chez AMD, la série Ryzen 300 fondée sur Zen 5 sert de vitrine. La marque annonce un NPU pouvant monter jusqu’à 50 TOPS, avec des performances multipliées par 3 par rapport à la génération précédente, selon AMD.
Le but est clair : muscler les PC sous Windows 11 pour les assistants, la création de contenus, et même certains usages liés au jeu. Intel part dans la même direction avec Lunar Lake et Arrow Lake. Le groupe promet lui aussi un gain proche d’un facteur 3 sur les performances en IA, tandis que Lunar Lake doit franchir les 40 TOPS, selon Intel. Ce seuil compte, parce qu’il correspond aux exigences des PC Copilot+ poussés par Microsoft Copilot, Adobe Creative Cloud et d’autres logiciels.
Sur mobile, Arm avance avec la même logique. Son Cortex-X925 afficherait un gain de 41 % sur ce type de tâches, selon Arm, avec l’objectif de rendre les fonctions génératives plus nerveuses sur les smartphones et les autres appareils basés sur son architecture.
Le matériel, pourtant, ne fera pas tout. Arm met aussi en avant ses bibliothèques Kleidi pour simplifier l’usage de ces capacités dans des frameworks comme PyTorch ou TensorFlow. Pendant ce temps, Intel et AMD enrichissent eux aussi leurs outils logiciels pour pousser les développeurs à se servir des NPU, au lieu de s’en remettre uniquement au cloud.
Le marché potentiel est immense. Fabricants de puces et constructeurs surfent déjà sur la vague des PC de nouvelle génération et des machines Copilot+.
Intel et AMD vont même jusqu’à travailler ensemble sur l’initiative ACE, selon Intel et AMD, afin de standardiser certaines fonctions liées au calcul matriciel dans l’univers x86 et d’éviter une fragmentation trop forte.
Reste la vraie question : est-ce que le grand public sentira une différence nette au quotidien ? Pour le moment, AMD, Intel et Arm multiplient les promesses, mais il manque encore des tests indépendants pour mesurer les gains réels, en performances comme en autonomie, selon les applications. Prudence, donc.