Entre 2016 et 2019, Shadowhunters, diffusée sur Freeform et tirée des romans de Cassandra Clare, a réussi ce que The Mortal Instruments: City of Bones, sorti au cinéma en 2013, n’avait pas réussi à faire.
Le film de 2013, lui aussi adapté des livres de Cassandra Clare, n’avait jamais vraiment trouvé son public comme on l’attendait. Les critiques étaient tièdes, le box-office décevant, et la franchise s’est retrouvée fragilisée avant même d’avoir pu réellement prendre son élan.
Trois ans plus tard, la série Shadowhunters sur Freeform a montré qu’il y avait pourtant bien quelque chose à faire avec cet univers. Diffusée entre 2016 et 2019, elle a tenu 3 saisons et 55 épisodes, selon Freeform, et reste encore aujourd’hui, pour beaucoup de fans, la version qui a enfin rendu justice au monde des Chasseurs d’Ombres.
Là où le long-métrage avait dû compresser l’intrigue et lisser une partie de ses personnages, la série profitait d’un format beaucoup plus souple, et surtout bien plus adapté à une saga young adult aussi dense. Sur plusieurs épisodes, Shadowhunters a pu prendre son temps pour développer sa mythologie, ses différentes factions surnaturelles, ses tensions familiales et, surtout, ses histoires d’amour.
C’est d’ailleurs ce mélange qui lui a donné sa personnalité: une romance ado surnaturelle qui rappelait l’esprit de Twilight, avec en plus un univers magique plus large, qui pouvait parfois faire penser à l’attrait de Harry Potter. À un moment où les reboots et les fantasy pour adolescents étaient partout, Shadowhunters a réussi à se faire une place grâce à cet équilibre entre drame sentimental et lore fantastique.
Le démarrage, lui, avait été solide. Le premier épisode avait même offert à Freeform sa meilleure audience depuis plus de deux ans, selon Freeform.
Étrangement, cette dynamique ne s’est pas entièrement maintenue avec le temps, et les audiences ont peu à peu reculé. La critique aussi a mis un moment à suivre: la saison 1 a reçu des retours mitigés, avec notamment un score de 44 % sur Rotten Tomatoes, selon Rotten Tomatoes. Les saisons suivantes ont en revanche nettement redressé l’image de la série, à mesure que l’écriture prenait de l’assurance et que les personnages gagnaient en nuance.
Cette montée en puissance a particulièrement servi Magnus Bane et Alec Lightwood. Leur relation est devenue l’un des grands axes émotionnels de la série, et elle a été largement saluée pour sa visibilité comme pour la manière dont elle était traitée. En 2017, Shadowhunters a d’ailleurs remporté le GLAAD Media Award de la meilleure série dramatique, selon GLAAD, signe assez clair de son impact sur la représentation LGBTQ+.
Malgré une fanbase très engagée, Freeform a annulé la série en 2018. La décision tenait surtout à des raisons économiques, en particulier à la fin d’un accord de diffusion entre Constantin Film et Netflix, plus qu’à un rejet strictement créatif.
Face à la réaction du public, un épisode final en deux parties a ensuite été commandé pour offrir à l’histoire une conclusion plus satisfaisante. L’annulation a aussi lancé la campagne mondiale #SaveShadowhunters, avec des millions de tweets, d’énormes pétitions et même des actions publiques très visibles.
Même après l’arrêt de la série, l’univers de Cassandra Clare continue de vivre. L’autrice a encore plusieurs projets en cours, parmi lesquels Better in Black, attendu pour décembre 2025, ainsi que la nouvelle saga The Wicked Powers, qui doit s’ouvrir avec The Last King of Faerie à l’automne 2026, selon Cassandra Clare.
Au final, Shadowhunters n’a peut-être duré que 3 saisons, mais son parcours reste souvent cité comme l’exemple d’une adaptation télé qui a su corriger les ratés du cinéma et gagner, avec le temps, une véritable seconde vie.