Les autorités américaines ont haussé le ton. Dans une alerte conjointe actualisée en juillet 2026, la Cybersecurity and Infrastructure Security Agency (CISA), le Federal Bureau of Investigation (FBI) et plusieurs autres agences renforcent leur mise en garde au sujet d’une campagne attribuée à des acteurs liés à l’Iran, qui viserait des systèmes de contrôle industriel de Siemens, Schneider Electric et Rockwell Automation.
Le document mis à jour en juillet 2026 explique que ces attaques touchent des automates programmables industriels (PLC) reliés à internet.
On ne parle pas seulement de vol de données. Dans leur avis officiel, les agences expliquent que les intrusions constatées peuvent perturber des opérations, entraîner des pertes financières et, dans certains cas, créer des situations de fonctionnement dangereuses dans des infrastructures critiques américaines.
L’avis AA26-097A publié par la CISA élargit un premier avertissement diffusé en avril 2026. Les agences y précisent que l’activité malveillante se concentre sur des PLC exposés sur internet, en particulier dans les secteurs de l’énergie, de l’eau et des eaux usées, ainsi que dans certaines installations gouvernementales.
Ce qui frappe le plus, c’est le niveau de sophistication qui semble monter d’un cran. D’après l’alerte, les attaquants ne se serviraient pas uniquement d’outils génériques. Ils s’appuieraient aussi sur les logiciels d’ingénierie officiels fournis par les constructeurs eux-mêmes. L’alerte cite notamment Rockwell Studio 5000 Logix Designer, Schneider EcoStruxure Control Expert et Siemens TIA Portal pour accéder aux équipements et déployer des fichiers projet malveillants.
Les tactiques décrites par les autorités donnent une idée très concrète du risque pour les sites industriels. Selon l’alerte, les hackers auraient manipulé des interfaces homme-machine, modifié des données SCADA et, dans certains cas, désactivé des logiques d’arrêt et d’alarme.
Le problème ne s’arrête donc pas à l’informatique au sens classique du terme. Une compromission peut aussi fausser ce que voient les opérateurs ou empêcher les mécanismes de sécurité de réagir comme prévu. C’est là que ce type d’incident devient particulièrement sensible, surtout dans des environnements industriels et des services publics.
Les autorités présentent cette activité comme une nouvelle étape d’opérations iraniennes déjà connues. Le document renvoie aux actions du groupe CyberAv3ngers en 2023 contre des PLC Unitronics dans des installations d’eau aux États-Unis. Il s’inscrit aussi, toujours selon ce document, dans une pression plus large après une cyberattaque attribuée à l’Iran contre Stryker en 2026, qui avait perturbé la fabrication et les expéditions.
La CISA a ajouté de nouveaux indicateurs de compromission et durci ses recommandations. Le message de fond reste simple : pour les autorités américaines, les équipements industriels ne devraient pas être exposés directement à internet. Rockwell Automation et Siemens ont d’ailleurs appelé, chacun de leur côté, leurs clients à déconnecter les appareils accessibles en ligne et à appliquer des mesures de durcissement.
Au moment où nous écrivons ces lignes, les autorités américaines affirment que la campagne a déjà provoqué des perturbations opérationnelles et des pertes financières chez certaines victimes. Elles ne donnent toutefois aucun chiffre précis sur le nombre d’organisations touchées et ne publient pas, à ce stade, d’études de cas détaillées.
L’avertissement vaut aussi au-delà des États-Unis. les équipements Siemens, Schneider Electric et Rockwell Automation sont déployés partout dans le monde. D’autres autorités, dont le National Cyber Security Centre (NCSC) britannique, ont elles aussi alerté sur une hausse du risque cyber lié à l’Iran et appelé les exploitants à revoir la protection de leurs systèmes industriels.
Mieux vaut donc rester prudent. Nous vous tiendrons informés.
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