Le véhicule apprenant s’impose déjà : l’après-voiture logicielle

En 2024, l’industrie automobile se projette déjà au-delà du véhicule défini par logiciel. C’est du moins ce que suggèrent plusieurs estimations venues du secteur auto et de l’intelligence de localisation.

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Pour beaucoup d’acheteurs, l’aide à la conduite, l’autonomie en électrique, les services connectés et la qualité de l’expérience numérique à bord comptent désormais davantage que la puissance, le couple ou même la sonorité du moteur.

Le véhicule défini par logiciel a déjà changé la donne avec ses architectures de calcul centralisées, sa connexion permanente et ses mises à jour à distance. Cette base permet d’ajouter des fonctions après la sortie d’usine, de corriger certains défauts plus vite et de faire évoluer l’interface à la manière d’un smartphone.

La suite va plus loin. Il n’est plus seulement question d’actualiser des fonctions, mais de rendre le véhicule plus pertinent dans ses choix, qu’il s’agisse d’anticiper ce qui peut arriver sur la route, d’ajuster le guidage, d’optimiser la batterie, de piloter plus finement la climatisation, ou encore de personnaliser l’infodivertissement et les aides à la conduite.

Cette bascule repose sur un marché qui accélère franchement. D’après des estimations du secteur automobile et de l’intelligence de localisation, le marché mondial du véhicule défini par logiciel atteindrait 207,76 milliards en 2024, avant de grimper à 2 445,10 milliards d’ici 2033, ce qui correspond à une croissance annuelle moyenne de 31,6 %.

Même constat pour la cartographie, le guidage et tout le contexte routier, qui prennent une place de plus en plus décisive. Pour réagir avec plus de fluidité et de sécurité, un véhicule doit comprendre bien plus que ce que ses capteurs perçoivent à l’instant T : limitations de vitesse, géométrie de la route, topographie, trafic, zones de travaux, ou encore habitudes observées sur un trajet donné.

Sur ce point aussi, les chiffres montent vite. Le marché mondial de la géointelligence est attendu à 24,2 milliards en 2025, puis à 76,4 milliards en 2033. Dans l’automobile, il passerait de 5,92 milliards en 2024 à 18,18 milliards en 2033.

L’apprentissage automatique embarqué fait lui aussi partie des moteurs de cette croissance. Selon différentes prévisions du secteur, un scénario évoque un marché passant de 5,9 milliards en 2025 à 44,53 milliards en 2035 ; un autre parie sur une progression de 75,58 milliards en 2026 à 307,74 milliards en 2034.

NVIDIA a déjà dévoilé une plate-forme pensée pour cette nouvelle génération de véhicules. Dans le même temps, LG, Microsoft, Stellantis, MediaTek et ThunderSoft enchaînent les partenariats sur ce terrain.

Rien de tout cela n’autorise pourtant l’emballement. La technique, à elle seule, ne réglera pas tout : le secteur doit encore trancher des questions sensibles, entre réglementation, responsabilité en cas d’erreur, protection des données, cybersécurité, montée en compétences des équipes, transformation des organisations et confiance du public.

Fait assez surprenant, la plupart des analyses sectorielles restent encore centrées sur l’Amérique du Nord, l’Europe et la Chine, alors que le rythme d’adoption pourrait être très différent dans d’autres régions.

En automobile, le déplacement de la valeur perçue paraît déjà bien engagé : on la cherche de moins en moins dans le métal, de plus en plus dans le code, puis dans des véhicules capables d’évoluer avec leur conducteur.

Samsung préparerait One UI 9.5 : un hub satellite avec Google

Samsung pourrait ajouter un hub dédié à la connectivité satellite et de nouveaux modes USB à One UI 9.5, son interface Android, au début de 2027. C’est du moins ce que suggèrent des captures d’écran tirées d’une version interne de l’interface.

On y voit apparaître un “Satellite connectivity hub”, ainsi que de nouveaux modes USB.

Pour l’instant, Samsung n’a pas confirmé la fuite. Et, comme toujours avec ce genre d’images, rien ne permet d’affirmer que ces fonctions arriveront telles quelles dans la version finale.

Accès satellite discret en arrière-plan. Le constructeur préparerait plutôt un espace dédié, plus clair et plus facile d’accès, pour gérer les communications quand il n’y a ni réseau mobile ni Wi-Fi. Si cela se confirme, on parlerait d’un vrai changement dans la manière de présenter cette fonction. On suivra ça de près.

La nouveauté la plus marquante, c’est justement ce hub satellite. D’après les captures, l’outil servirait à aider l’utilisateur à se connecter à un satellite pour envoyer des messages ou joindre les secours quand aucun réseau mobile ou Wi-Fi n’est disponible.

Et l’interface n’aurait visiblement pas été pensée comme un simple bouton SOS. Les captures montrent aussi un mode démo, prévu pour s’entraîner avant d’être confronté à une situation critique, ainsi qu’un guide d’alignement pour orienter correctement le téléphone vers le satellite. Si tout cela arrive bien dans la version finale, ce serait une excellente nouvelle. En situation d’urgence, une aide visuelle claire peut faire gagner de précieuses secondes et éviter des erreurs bêtes.

Autre point intéressant, les éléments visibles sur les captures donnent l’impression que Samsung s’appuie sur le système natif de Satellite SOS développé par Google pour Android. En clair, la marque intégrerait le framework de Google à One UI au lieu de développer une solution entièrement séparée. Pour les utilisateurs, cela pourrait vouloir dire une activation plus simple, une meilleure compatibilité entre services et, à terme, un déploiement plus large sur différents appareils Android.

L’autre ajout repéré dans cette build touche à l’USB. One UI 9.5 pourrait introduire un mode “Debugging only”, qui activerait l’accès ADB sans ouvrir d’autres fonctions USB plus générales, comme le transfert de fichiers. Pour le grand public, ça ne changerait sans doute pas grand-chose au quotidien. Pour les développeurs et les utilisateurs avancés, en revanche, ce mode pourrait offrir un flux de travail plus propre et, potentiellement, plus sûr.

Cette fuite tombe alors que Samsung pousse déjà assez fort sur le satellite face à Apple. En février 2026, le groupe a annoncé l’extension de la prise en charge satellite sur certains Galaxy, dont la série Galaxy S26, grâce à des partenariats télécoms en Amérique du Nord, en Europe et au Japon. Un mois plus tard, Samsung citait déjà plusieurs applications “compatibles avec le satellite” : Google Maps, WhatsApp et X.

Un rapport de Counterpoint Research publié en 2026 allait dans le même sens côté marché. 71,6 % des expéditions de smartphones compatibles satellite l’année précédente, contre 15,9 % pour Samsung, alors numéro deux du secteur. Vu sous cet angle, l’idée d’ajouter à One UI 9.5 un hub dédié prend tout de suite une dimension stratégique très claire.

D’autres changements sont aussi évoqués au passage : une refonte visuelle plus proche du verre dépoli, une fonction App Lock native et un système d’App Mirroring pour retrouver ses applis et ses notifications de smartphone sur un PC Windows. À ce stade, pourtant, c’est bien la connectivité satellite qui ressemble à la nouveauté la plus ambitieuse.

Robots humanoïdes : les livraisons bondissent de 272 %, la Chine domine le marché

Au premier semestre 2026, les livraisons mondiales de robots humanoïdes ont grimpé de 272 % sur un an, passant d’environ 5 100 unités à plus de 19 100. Dans le même temps, les usages industriels et commerciaux ont compté pour plus de 70 % des expéditions, contre à peu près 50 % un an plus tôt. Le signal est assez net : la poussée du marché ne vient plus seulement des démonstrations en salon ou des vidéos de prototypes. Elle se joue maintenant dans les usines et les entrepôts.

Le marché des robots humanoïdes explose en 2026

Cette accélération ressemble à un vrai changement de braquet pour le secteur.

De plus en plus d’entreprises essaient ces robots sur des tâches très concrètes : manutention, transport de pièces, inspection, assistance sur une ligne d’assemblage. Et l’un des points forts du format humanoïde est presque paradoxal : il peut évoluer dans des espaces pensés dès le départ pour des humains, sans obliger les industriels à revoir entièrement leurs sites.

Les logiciels progressent, les capteurs aussi, la mécanique suit, et le matériel coûte moins cher qu’avant. Tout ça change le calcul économique. Du coup, les déploiements gagnent en sérieux, surtout dans la fabrication et la logistique, deux secteurs qui cherchent de plus en plus à automatiser une partie du travail.

La Chine domine très largement la production et la demande

Le fait saillant de ce semestre, c’est la place prise par la Chine.

Le pays concentre plus de 97 % des livraisons mondiales de robots humanoïdes et autour de 85 % de la demande globale. Il s’impose donc à la fois comme principal centre de production et comme premier marché.

L’offre, elle, reste très concentrée. Agibot et Unitree Robotics représentent à eux seuls 75 % du marché mondial.

Agibot a pris la tête au premier semestre 2026 avec 8 400 unités expédiées, soit 44 % de part de marché. Ce niveau de concentration dit beaucoup de l’avance prise par l’écosystème chinois, autant dans le passage à l’échelle industrielle que dans sa capacité à trouver vite des débouchés commerciaux.

Des pilotes chez BMW et Mercedes-Benz

Les premiers déploiements vraiment concrets se voient surtout dans l’automobile et l’industrie manufacturière. Des groupes comme BMW et Mercedes-Benz testent déjà des robots humanoïdes pour la logistique interne, la manipulation de matériaux, l’inspection et certaines tâches d’appui à la production.

Ces projets pilotes comptent. Ils marquent le passage d’une logique de R&D à des essais menés dans de vraies conditions d’exploitation.

Les volumes restent encore modestes à l’échelle de l’industrie mondiale. Mais la trajectoire du marché devient difficile à ignorer.

Un marché en forte hausse, mais encore loin du déploiement massif

En valeur aussi, la hausse frappe. Le marché mondial des robots humanoïdes était estimé à 2,4 milliards de dollars en 2025. Il pourrait atteindre 4,2 milliards de dollars dès 2026, puis dépasser les 40 milliards de dollars à l’horizon 2033.

Ça ne veut pas dire que tout est réglé. La sécurité, la fiabilité dans la durée et le coût réel d’exploitation restent des sujets centraux avant tout déploiement à grande échelle.

Le secteur arrive clairement à un moment charnière, porté par les tensions sur l’emploi et par l’amélioration rapide des technologies. Reste que la prudence s’impose. Les robots humanoïdes doivent encore montrer qu’ils peuvent devenir un outil industriel de masse.

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Windows 11 assouplit ses mises à jour : plus confortables, mais pas sans risque

En avril 2026, Microsoft a présenté une nouvelle série d’ajustements dans Windows 11 pour limiter les mises à jour imposées par Windows Update. D’après l’entreprise, les utilisateurs peuvent maintenant suspendre les mises à jour jusqu’à 35 jours, mieux choisir quand les installer, et profiter d’un système un peu plus simple à vivre, avec plusieurs correctifs souvent réunis dans un seul redémarrage mensuel. Pour la plupart des gens, ça veut dire moins d’interruptions dans la journée. En contrepartie, il faut aussi faire un peu plus attention à ne pas repousser indéfiniment des correctifs de sécurité qui, eux, ne peuvent pas attendre.

Ce changement de ton n’arrive pas par hasard. Microsoft a fini par infléchir sa position après des années de reproches autour de Windows 10. Une enquête menée en 2021, reprise par plusieurs observateurs du secteur, indiquait que 44,02 % des répondants se disaient insatisfaits du processus de mise à jour. Le reproche revenait sans cesse : des redémarrages qui tombent au pire moment, en plein travail, avec cette impression agaçante que l’ordinateur n’appartient plus tout à celui qui l’utilise.

Et Microsoft continue dans cette direction. Toujours en avril 2026, l’entreprise a annoncé d’autres améliorations destinées à réduire les perturbations et à relever la qualité générale des mises à jour. Dans la pratique, le bénéfice se voit tout de suite : moins de coupures, moins d’énervement, et une machine qui donne davantage le sentiment de respecter le rythme de son utilisateur.

Mais ce gain en confort a son prix. En laissant plus de liberté pour différer les correctifs, Microsoft fait aussi glisser une plus grande part de la responsabilité de sécurité vers les utilisateurs eux-mêmes. Les spécialistes de la cybersécurité le rappellent régulièrement : un PC qui n’est pas corrigé reste une cible facile, et le danger ne baisse pas vraiment alors que le volume de correctifs de sécurité, lui, reste élevé.

L’exemple de WannaCry reste le plus parlant. L’attaque s’est appuyée sur une faille déjà identifiée, alors qu’un correctif existait déjà. Dit autrement, repousser une mise à jour ne relève pas seulement du confort ou de la commodité. Parfois, c’est laisser une porte entreouverte. Mieux vaut ne pas l’oublier.

Le sujet devient encore plus sensible quand on se rappelle que Windows 10 ne reçoit plus de mises à jour de sécurité gratuites depuis le 14 octobre 2025, conformément au calendrier de support publié par Microsoft. Pour les PC qui sont encore coincés sur cet ancien système, la question n’a plus rien d’abstrait : il faut passer à Windows 11, chercher une autre forme de prise en charge, ou accepter un niveau d’exposition plus élevé.

La fin de cette “guerre” contre les mises à jour peut aussi tromper. Comme les interruptions se font plus discrètes, certains utilisateurs risquent de perdre de vue qu’un système sûr demande toujours un suivi régulier. Les entreprises sont encore plus exposées à ce relâchement, surtout dans des secteurs comme la santé ou la finance, où retarder les correctifs peut vite devenir un problème de conformité autant qu’un problème de sécurité.

Reste une question, surtout pour les utilisateurs les moins à l’aise avec la technique : mesurent-ils vraiment ce qu’implique un report répété ? Microsoft ne reviendra sans doute pas à l’ancien modèle, beaucoup trop intrusif, mais des mises à jour moins pénibles ne deviennent pas secondaires pour autant.

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Google présente un traducteur de poche hors ligne : à fabriquer soi-même

Google a mis en ligne sur GitHub un prototype de traducteur portable capable de tourner entièrement hors ligne, sans passer par un service distant. D’après l’entreprise, l’appareil repose sur un Raspberry Pi 5, un boîtier imprimé en 3D et une version allégée de Gemma, la famille de modèles d’IA maison. En clair, Google veut montrer qu’une traduction vocale de poche peut maintenant fonctionner sur du matériel grand public.

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L’idée tient en peu de mots : faire tourner tout le traitement dans l’appareil, pour traduire même sans réseau. Pour les voyageurs, les professionnels sur le terrain ou les personnes attentives à la confidentialité, ça répond à plusieurs besoins d’un coup.

Ce que Google met en avant, au fond, c’est autre chose aussi. Des usages avancés ne sont plus réservés à de gros serveurs ni à des appareils spécialisés, coûteux ou difficiles à trouver.

Le prototype repose, toujours d’après Google, sur un Raspberry Pi 5, un ordinateur monocarte abordable et facile à se procurer. Du coup, on est bien plus proche d’un objet qu’on peut réellement imaginer fabriquer que d’une simple démo de labo. Au centre du système, il y a aussi, toujours selon Google, une version compacte de Gemma 4 pensée pour l’embarqué.

Petit détail étrange, la variante citée n’est pas la même partout selon les documents consultés. Certaines sources parlent de Gemma 4 E4B, d’autres de Gemma 4 E2B. Mais l’idée ne change pas : on parle d’un petit modèle optimisé pour tourner en local avec des ressources limitées.

Le premier vrai atout, c’est la confidentialité. Comme le traitement se fait directement sur l’appareil, une conversation sensible n’a pas à partir vers un service distant.

Ça réduit assez logiquement les risques liés au stockage et à la transmission des données. Et il y a un autre point, tout aussi concret : la fiabilité. Un traducteur portable hors ligne reste utile dans un avion, dans une gare mal couverte, à l’étranger avec un forfait limité, ou dans des zones où le réseau tient mal.

Et ça compte.

Parce que, dans bien des cas, le simple fait que l’appareil soit disponible au bon moment pèse presque autant que la qualité de la traduction elle-même.

Google a aussi publié le projet sur GitHub. D’autres peuvent donc le reproduire, le modifier ou s’en servir comme base de départ. Cette ouverture peut pousser plus vite des outils plus respectueux de la vie privée, en donnant aux bidouilleurs comme aux petites équipes quelque chose de concret sur quoi construire leurs propres appareils.

Le prototype va aussi dans le sens d’un mouvement qu’on voit un peu partout : faire revenir le calcul vers les appareils eux-mêmes, qu’il s’agisse des smartphones, des voitures connectées ou des objets de la maison. Moins de latence, plus d’autonomie, et moins de dépendance à une connexion permanente.

Tout n’est pas réglé pour autant. Les petits modèles embarqués montrent vite leurs limites face à des systèmes bien plus lourds quand il s’agit de tâches complexes, de conversations très nuancées ou de certaines langues moins bien prises en charge.

Monter l’appareil soi-même demande aussi un minimum de savoir-faire. Il faut ajouter à ça le coût du matériel et celui de l’assemblage. Mieux vaut donc garder un peu de recul.

Avec ces réserves en tête, la portée du prototype reste très concrète : il montre que la traduction portable, privée et sans internet n’est plus cantonnée à quelques démonstrations futuristes. Elle peut tenir dans un petit boîtier qu’on peut, au moins en théorie, fabriquer chez soi.

USB sur PC: les appareils à éviter pour ne pas ouvrir la porte à un malware

Une clé USB oubliée, un câble dont on ne connaît pas la provenance, un accessoire promotionnel récupéré sur un salon, une borne de recharge publique: tous ces objets peuvent représenter un vrai risque de sécurité.

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Le message des autorités et des chercheurs en cybersécurité est désormais assez clair: tout appareil non vérifié doit être considéré comme potentiellement hostile. Il peut servir de point d’entrée à un malware, à de l’espionnage ou à une attaque matérielle.

Les chiffres montrent que la menace prend de l’ampleur. D’ici 2026, 51 % des attaques par logiciels malveillants devraient viser des appareils USB, contre 9 % en 2019. Dans le même temps, 52 % des cybermenaces sont conçues pour se propager via des supports amovibles comme les clés USB.

Et si ces campagnes marchent si bien, c’est aussi pour une raison très humaine: la curiosité. Des recherches montrent que 48 % des personnes branchent une clé USB trouvée dans un lieu public. Pour un attaquant, il suffit souvent d’en laisser quelques-unes sur un parking, dans un hall d’accueil ou dans un espace de coworking.

En pratique, les appareils à éviter sont assez faciles à repérer: toute clé USB inconnue, tout câble ou adaptateur non vérifié, tout accessoire “gratuit” reçu lors d’un salon, ainsi que les périphériques prêtés sans certitude sur leur origine. Même un objet qui ressemble à un support de stockage tout à fait banal peut avoir été conçu pour exécuter des commandes malveillantes dès qu’on le branche.

Les attaques via USB n’ont plus grand-chose du scénario de laboratoire. Mandiant a signalé un triplement des attaques de ce type en 2023, avec des campagnes utilisant SOGU, SNOWYDRIVE et PlugX dans des opérations d’espionnage attribuées à des acteurs liés à la Chine.

Les secteurs visés comprenaient notamment les administrations, la santé et les transports. En clair, l’USB reste une méthode d’intrusion discrète et efficace, surtout dans les environnements où l’on échange encore facilement des fichiers sans passer par Internet.

Le danger ne vient d’ailleurs pas seulement des clés USB. Le Federal Bureau of Investigation (FBI), la Federal Communications Commission (FCC) et la Transportation Security Administration (TSA) ont déjà alerté sur le “juice jacking”, une technique qui consiste à compromettre une borne de recharge USB pour voler des données ou installer un malware.

Des variantes plus récentes, parfois appelées “choice jacking”, chercheraient même à contourner certains écrans d’autorisation sur smartphone. La règle la plus simple reste donc la meilleure: utiliser son propre chargeur secteur ou une batterie externe plutôt qu’un port USB public.

Certaines menaces ne cherchent même pas à infecter. Elles cherchent à détruire. Les “USB killer” ressemblent à de simples clés, mais envoient des surtensions capables d’endommager physiquement un PC via son port USB.

Dans l’industrie, le risque est encore plus critique: dans les environnements de technologies opérationnelles (OT), 51 % des malwares détectés peuvent se propager via USB, soit près de six fois le niveau de 2019. Et 82 % de ces malwares sont capables de provoquer des perturbations opérationnelles.

Mieux vaut donc rester prudent. La première défense est évidente: ne branchez jamais une clé USB trouvée quelque part, ni un accessoire inconnu.

Il est aussi recommandé de désactiver l’Autorun, d’analyser tout support amovible avec un antivirus, de restreindre ou de désactiver les ports inutilisés, et de sensibiliser les employés dans les entreprises. Sur le plus long terme, de nouveaux mécanismes d’authentification autour de l’USB-C sont en cours de développement pour mieux bloquer le matériel malveillant. En attendant, le bon réflexe reste simple: considérer chaque périphérique USB non vérifié comme un risque potentiel.

Amazon va rembourser certains clients : après l’annulation des droits de douane

Au moment où nous écrivons ces lignes, Amazon dit qu’il va rendre à certains clients une partie des droits de douane qu’il avait perçus pour le compte du gouvernement américain. Cette annonce intervient après l’invalidation, par la Cour suprême des États-Unis, de tarifs mis en place à l’époque Trump dans le cadre de l’International Emergency Economic Powers Act (IEEPA).

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Le groupe présente donc cette mesure comme une conséquence directe de la décision de la Cour suprême américaine.

Pour le reste, Amazon reste très discret.

L’entreprise parle d’un remboursement dans un « nombre limité de cas », mais sans dire quels acheteurs sont visés, combien de clients toucheront réellement quelque chose, ni quelle somme sera reversée au total.

Remboursement Amazon et droits de douane : ce que l’on sait

Amazon affirme avoir récupéré environ 600 millions de dollars liés à ces droits de douane, désormais annulés.

En revanche, rien n’indique que cette somme sera restituée dans son ensemble aux consommateurs.

D’après la communication du groupe, les remboursements seront automatiques uniquement dans les situations où Amazon peut établir clairement qu’un client a bien payé un surcoût lié à ces droits d’importation précis.

En clair, seuls les dossiers que l’entreprise peut relier sans ambiguïté à ce surcoût devraient donner lieu à un remboursement individuel.

Pour le reste, Amazon explique que l’argent non reversé servira à « maintenir des prix bas ».

C’est là que les choses deviennent un peu particulières : une grande partie des montants récupérés pourrait donc finir absorbée dans la politique tarifaire générale d’Amazon, plutôt que revenir aux clients sous forme de virement ou d’avoir distribué à grande échelle.

Pourquoi tous les clients ne seront probablement pas remboursés

Amazon soutient qu’une part importante de ces coûts n’a, en réalité, jamais été répercutée sur les acheteurs.

Le directeur financier d’Amazon, Brian Olsavsky, a expliqué que l’entreprise avait limité son exposition à ces droits de douane en constituant des stocks avant leur entrée en vigueur. Et lorsque ces tarifs ont bien été acquittés, Amazon assure les avoir « largement absorbés » au lieu de les faire payer aux consommateurs.

Autre élément à avoir en tête : d’après Amazon, plus de 60 % des produits vendus sur sa plateforme viennent de vendeurs tiers.

Dans ces situations, Amazon précise qu’il n’était généralement pas l’importateur officiel et qu’il n’avait donc pas à régler lui-même les droits de douane. Forcément, cela réduit le nombre de transactions pour lesquelles un remboursement direct par Amazon semble envisageable.

Une question déjà sensible sur le plan juridique

La manière dont Amazon gère ces remboursements attire déjà l’attention sur le terrain judiciaire.

D’après l’entreprise, une action collective lui reproche d’avoir fait supporter aux consommateurs des droits de douane aujourd’hui considérés comme illégaux, puis de garder les sommes récupérées une fois ces tarifs annulés.

Au fond, l’affaire soulève une question plus large pour le commerce en ligne : quand un distributeur récupère des taxes ou des droits perçus à tort, doit-il rembourser chaque client un par un, ou peut-il réinjecter cet argent dans sa politique de prix ?

Mieux vaut rester prudent.

À ce stade, Amazon n’a donné ni calendrier de versement, ni méthode de calcul pour d’éventuels remboursements.

Les clients concernés devront donc, très probablement, attendre une notification automatique, à condition qu’Amazon soit capable de relier précisément leur achat à ces anciens droits de douane.

Nous continuerons à suivre le sujet.