Dans les nouveaux comics Star Trek publiés chez IDW Publishing, Alexander Rozhenko, le fils de Worf et de K’Ehleyr, prend enfin un vrai nouveau départ : il embarque sur l’U.S.S. Enterprise-G en tant que médecin.
Pour lui, c’est un tournant énorme. La franchise l’avait rarement ménagé jusque-là.
Et ce qui rend ce choix si intéressant, c’est qu’Alexander cesse enfin d’emprunter, encore une fois, le chemin du guerrier klingon. Il s’écarte du modèle de son père. En même temps, cette relance sert de rattrapage pour un personnage longtemps vu comme incohérent, mal écrit et, pour une partie des fans, franchement difficile à apprécier.
Cette version-là d’Alexander n’apparaît pas par magie. Son affectation dans Starfleet, dans les comics d’IDW Publishing, découle directement de ce qu’il a traversé récemment : il cherche à expier son implication auprès du Red Path, un culte klingon extrémiste.
Dans ces mêmes comics, ce poste lui est offert en échange d’une forme de clémence. Du coup, sa carrière prend la forme d’un véritable chemin de pénitence. Et au fond, c’est en arrêtant d’essayer de devenir une mauvaise copie de Worf qu’Alexander Rozhenko finit par trouver quelque chose qui lui appartient vraiment : une identité bâtie sur l’empathie, le soin et la reconstruction.
Depuis son introduction dans Star Trek: The Next Generation, Alexander Rozhenko a toujours occupé une place compliquée dans la franchise. Enfant, beaucoup le trouvaient agaçant, surtout dans des intrigues où la série ne savait pas toujours quoi faire de la paternité difficile de Worf.
Puis est venue sa réinvention dans Deep Space Nine, en jeune guerrier klingon, et là non plus, ça n’a pas vraiment pris. Beaucoup de spectateurs y voyaient un personnage bancal, peu crédible en combattant, coincé entre deux directions jamais menées jusqu’au bout : l’enfant sensible d’un côté, et de l’autre le fils qui cherche désespérément à se montrer digne de son père.
La mini-série Sons of Star Trek, publiée par IDW Publishing, a servi de point de départ à cette évolution. Dans cette histoire située dans une réalité alternative, Alexander Rozhenko rencontre d’autres enfants de grandes figures de la franchise et commence déjà à se découvrir un intérêt pour la médecine.
Le scénariste Morgan Hampton le présente comme un homme arrivé au point le plus bas de sa vie, écrasé par la culpabilité et mal équipé, émotionnellement, pour trouver enfin sa place. Devenir médecin n’a donc rien d’un simple changement de carrière. C’est aussi une façon de se réparer, de se redéfinir, et de sortir enfin de l’ombre immense de Worf.
L’intrigue remet aussi au premier plan la relation entre le père et le fils, longtemps réduite à cette promesse jamais tenue de « tel père, tel fils ». Et c’est une excellente chose, parce que ce destin sans gloire guerrière donne enfin du corps à l’opposition entre Worf et Alexander Rozhenko.
Au passage, les comics Star Trek d’IDW Publishing prolongent ici une piste vraiment intéressante : explorer l’héritage des héros à travers leurs enfants, tout en montrant qu’au sein de la culture klingonne, il peut exister autre chose que la guerre et l’honneur martial. Si cette relance va jusqu’au bout de ce qu’elle annonce, Alexander Rozhenko pourrait bien devenir, 36 ans plus tard, l’une des réhabilitations les plus réussies de toute la franchise.