La Cour suprême des États-Unis a soutenu mercredi l’administration Biden dans un litige avec des États dirigés par les républicains concernant la lutte contre la désinformation liée au COVID-19 et à la sécurité électorale.
Avec un vote de 6-3, les juges ont annulé des décisions précédentes favorables à la Louisiane, au Missouri et à d’autres États, qui alléguaient que certains fonctionnaires fédéraux contraignaient les réseaux sociaux à supprimer des points de vue conservateurs.
La juge Amy Coney Barrett, rédactrice de la décision, a soutenu que les États et autres parties n’avaient pas de légitimité pour porter plainte. Les juges Samuel Alito, Neil Gorsuch et Clarence Thomas ont exprimé leur désaccord. Cette décision n’affectera pas les utilisateurs habituels des réseaux sociaux ni leurs publications.
Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large où la Cour examine plusieurs litiges impliquant des entreprises de réseaux sociaux et la liberté d’expression. En particulier, la Cour a examiné des lois en Floride et au Texas interdisant aux grandes plateformes de supprimer des publications en raison de leurs opinions. Les États plaignants ont accusé des fonctionnaires de la Maison Blanche, du FBI et de l’Agence de cybersécurité d’avoir fait pression sur les plateformes pour modifier le contenu en ligne.

Pendant les plaidoiries, les juges se sont montrés sceptiques face à ces affirmations. L’administration Biden a soutenu qu’une décision défavorable compliquerait la capacité du gouvernement à communiquer avec les réseaux sociaux concernant des publications dangereuses, telles que des contenus antisémites, antimusulmans et d’autres liés à la sécurité nationale et à l’intégrité électorale. Karine Jean-Pierre, porte-parole de la Maison Blanche, a salué la décision, soulignant qu’elle permet au gouvernement de continuer à protéger la sécurité des Américains.
Liz Murrill, procureure générale de la Louisiane, a qualifié la décision de « regrettable et décevante », affirmant qu’elle permet la censure gouvernementale. Dans sa dissidence, Alito a déclaré que les États avaient démontré leur droit de porter plainte et que la pression sur Facebook constituait une menace grave pour le Premier Amendement.
Cette décision intervient à un moment où des réseaux sociaux comme Twitter, dirigé par Elon Musk, ont considérablement assoupli leurs barrières contre la désinformation et la propagation de la haine, en rétablissant des comptes de théoriciens du complot et en réduisant considérablement la modération de ce type de contenu. Les experts avertissent que cette tendance pourrait aggraver la désinformation électorale en 2024.
Source : Associated Press News


