Ces derniers jours, plusieurs sources ont fait remonter la même idée : Sony réfléchirait, via sa branche PlayStation, à ralentir franchement les portages PC de ses prochaines grosses productions solo first-party. En revanche, le groupe continuerait de sortir ses jeux-service sur PC.
Si cette inflexion se confirme, ce serait un vrai virage. Elle couperait assez nettement avec l’ouverture menée petit à petit ces dernières années. L’objectif, d’après les informations qui circulent, serait simple : redonner du poids aux exclusivités maison pour soutenir les ventes de PS5, plutôt que de proposer ensuite ces grands jeux narratifs sur une autre plateforme, avec des résultats jugés trop irréguliers.
Toujours d’après ces mêmes remontées, Herman Hulst aurait expliqué en interne que les jeux solo first-party resteraient des exclusivités PlayStation. Les titres live-service, eux, continueraient d’arriver sur PC.
Sony séparerait donc deux logiques très clairement. D’un côté, les jeux pensés pour durer, vivre dans le temps et aller chercher le public le plus large possible. De l’autre, les blockbusters narratifs, conçus avant tout pour renforcer l’écosystème console.
Cette lecture colle assez bien avec les déclarations récentes de Hideaki Nishino. Il expliquait alors que le choix des plateformes se décidait projet par projet, tout en rappelant qu’il fallait préserver l’expérience PlayStation sur les productions solo internes.
Un autre détail a aussi retenu l’attention de plusieurs observateurs : dans un résumé stratégique publié en 2025, Sony aurait retiré une formulation qui évoquait la poursuite des sorties first-party sur plusieurs plateformes.
Deux explications reviennent dans les informations relayées ces derniers jours : une qualité jugée trop inégale sur PC, et des retombées financières qui ne convaincraient pas assez. Sur le papier, l’activité reste loin d’être marginale. Les ventes de jeux PlayStation sur PC auraient rapporté, selon ces mêmes informations, plus de 300 millions de revenus nets sur les trois années précédant 2023. Mais à l’échelle de PlayStation, cela resterait très loin des revenus logiciels générés par la PS4 et la PS5. Et surtout, pas assez pour justifier des portages longs, coûteux, et parfois risqués pour l’image de la marque.
Les cas précédents montrent d’ailleurs à quel point le tableau est contrasté. The Last of Us Part 1 a débarqué sur PC dans des conditions très critiquées à cause de ses problèmes techniques. À l’inverse, Helldivers 2 a montré qu’une sortie simultanée sur console et PC pouvait devenir un énorme carton, surtout dans le cas d’un jeu multijoueur pensé pour entretenir l’engagement sur la durée.
Pour l’instant, Sony n’a rien officialisé. Certains analystes estiment déjà que les sorties PC tardives ont entamé le potentiel commercial de plusieurs titres. D’autres soulignent qu’un retrait plus marqué pourrait aussi affaiblir la présence de PlayStation sur des marchés où cette plateforme domine largement, la Chine par exemple. Donc oui, prudence.
À ce stade, tout laisse penser que Sony cherche à redonner un poids stratégique plus fort à ses exclusivités solo, au moment où la PS5 entre dans une phase importante de son cycle. On suit ça de près, et on vous tiendra au courant si la situation se précise.