Un drone Prime Air d’Amazon a récemment livré un colis… dans la piscine d’un client à Richmond, au Texas. La scène, filmée en vidéo, montre le paquet finir à l’eau et arriver complètement trempé. Difficile de faire plus visible comme raté, surtout au moment où Amazon pousse fortement le déploiement de sa livraison par drone.
Amazon parle d’un événement « extrêmement rare ». Sauf que l’image, elle, ne s’efface pas facilement: au lieu d’atterrir sur une zone de dépôt prévue et sécurisée, le colis a été lâché en plein dans la piscine de la propriété.
L’épisode tombe mal pour Amazon, qui cherche justement à rassurer à la fois le public, les autorités et les collectivités. Le message de l’entreprise est clair depuis des mois: les drones Prime Air seraient capables d’assurer des livraisons du quotidien de façon sûre et précise.
Prime Air, le service de livraison par drone d’Amazon, a été pensé pour transporter des colis allant jusqu’à 2,3 kilos en moins d’une heure à l’aide d’appareils autonomes, d’après Amazon. Sur le principe, la promesse a de quoi séduire: des délais plus courts, une partie du trafic routier évitée, et ce fameux dernier kilomètre pris en charge par la machine.
Mais dès qu’une erreur se voit, le doute revient.
Ce faux pas arrive alors qu’Amazon a annoncé vouloir étendre Prime Air à près de 500 villes et localités américaines d’ici la fin 2026, soit environ six fois sa présence actuelle, toujours selon Amazon. Le groupe assure aussi avoir déjà livré par drone plusieurs centaines de milliers de colis cette année.
Mieux vaut ne pas balayer l’incident trop vite. Quand un service change d’échelle, la moindre défaillance compte davantage pour l’image, et un incident isolé ne reste plus tout à fait isolé lorsqu’il accompagne une montée en puissance à l’échelle nationale.
Détail assez frappant, le drone impliqué au Texas serait probablement le MK30, le modèle de nouvelle génération qu’Amazon met en avant. L’entreprise le décrit comme plus léger, plus compact et plus silencieux, capable de voler dans des conditions météo plus variées, avec des fonctions de « détection et d’évitement » censées repérer les obstacles.
Les opérations de drones d’Amazon ont déjà connu d’autres incidents signalés par le passé, avec notamment des crashs et des collisions impliquant une grue ou un câble internet. Ces épisodes ont attiré l’attention de régulateurs comme la FAA aux États-Unis et l’AAIB au Royaume-Uni.
Et Amazon n’est pas seule sur ce terrain. Walmart accélère lui aussi sur ce créneau, pendant que Wing, la filiale d’Alphabet, continue d’élargir ses services. En face, les réserves du public n’ont pas disparu: nuisance sonore, vie privée, sécurité des vols au-dessus des habitations, risques de piratage, gestion de l’espace aérien, sans oublier la question de la viabilité économique à grande échelle.
À lui seul, ce colis tombé dans une piscine ne dit pas ce que sera l’avenir du secteur. En revanche, il remet une chose au centre du débat: pour passer du gadget spectaculaire à un service grand public vraiment fiable, l’industrie doit montrer que ce genre d’erreur restera bel et bien exceptionnel.