Les smartphones premium d’Apple, Samsung et Google encaissent mieux les coups qu’il y a cinq ou six ans. Verres renforcés en laboratoire, meilleure résistance aux éclaboussures, châssis plus solides : sur ce point, les progrès sont réels. Ça ne veut pas dire pour autant qu’on peut enterrer la coque.
S’en passer complètement serait même aller un peu vite. Mieux vaut garder la tête froide : malgré les avancées matérielles, une protection reste un achat logique pour beaucoup de gens, surtout quand le remplacement d’un écran sur un téléphone haut de gamme peut coûter entre 200 et plus de 400 dollars.
Le changement le plus visible concerne le verre. Apple met en avant son Ceramic Shield. De son côté, Corning continue de faire évoluer sa famille Gorilla Glass, devenue au fil du temps une référence du secteur, comme le rappelle l’entreprise elle-même.
L’idée est assez simple : rendre l’écran, et parfois aussi le dos du téléphone, plus résistants aux micro-rayures, aux chocs du quotidien et aux petites chutes. Samsung pousse encore ce discours avec le Galaxy S24 Ultra et son Gorilla Armor, présenté par la marque comme quatre fois plus résistant aux rayures que les générations précédentes.
Dans des tests de durabilité indépendants, beaucoup d’appareils commencent toujours à se rayer à partir du niveau 6 sur l’échelle de dureté de Mohs. Mais la marge de sécurité, elle, s’est nettement améliorée. Dit autrement, un flagship récent supporte mieux une vie sans coque qu’un modèle sorti il y a quelques années.
Ce qui est assez frappant, c’est que des téléphones plus solides n’ont pas fait chuter le marché des coques. Il pesait déjà plus de 23 milliards en 2023 et, d’après certaines estimations, il pourrait dépasser les 50 milliards d’ici 2033.
La raison tient en peu de mots : même si le risque diminue, le prix d’un accident, lui, reste très élevé. Une coque, c’est une petite dépense préventive face à une réparation qui peut vite coûter très cher.
Et la casse n’est pas le seul sujet. Les gros modules photo font souvent tanguer le téléphone sur une table. C’est un détail, oui, mais un détail franchement pénible, que beaucoup de coques règlent tout de suite.
La pression ne vient d’ailleurs pas uniquement des consommateurs. L’Union européenne doit appliquer pleinement d’ici 2027 de nouvelles exigences pour les smartphones vendus dans la région, d’après l’Union européenne.
Les fabricants devront répondre à des critères de durabilité, garantir la résistance à un certain nombre de chutes et laisser disponibles des pièces détachées, comme les batteries ou les écrans, pendant sept ans. Là, oui, c’est une très bonne nouvelle.
Ce cadre réglementaire européen devrait encore améliorer la longévité des appareils. En revanche, il ne fera pas disparaître d’un coup le besoin de les protéger dans la vie de tous les jours.
Et puis les coques ne servent plus seulement à éviter la casse. Elles sont aussi devenues des accessoires de personnalisation, avec des couleurs, des finitions, des textures, des modèles transparents et des designs plus premium.
Les fabricants l’ont bien vu. On trouve de plus en plus de modèles en matériaux recyclés ou biodégradables, mais aussi des coques avec portefeuille intégré, support, anneau ou compatibilité avec la recharge magnétique.
Sur le fond, les experts ne sont pas tous d’accord. Certains préfèrent utiliser leur smartphone nu, simplement pour profiter du design imaginé par la marque. D’autres rappellent qu’il suffit encore d’une chute mal orientée pour transformer un appareil à plus de 1 000 euros en addition salée.
Les téléphones n’ont peut-être plus autant besoin d’une coque qu’avant. Les consommateurs, eux, n’ont clairement pas dit leur dernier mot.