DOGE aurait gonflé ses économies : le GAO l’accuse dans un audit officiel

Le Government Accountability Office (GAO), l’organisme chargé de l’audit pour le Congrès américain, vient de publier un rapport officiel très sévère contre DOGE (Department of Government Efficiency), la structure de réduction des dépenses publiques associée à Elon Musk. Le GAO y accuse DOGE d’avoir systématiquement surestimé ses économies. D’après cet audit, une partie des montants affichés sur le tableau de bord public de DOGE, le « Wall of Receipts », est soit invérifiable, soit fondée sur des méthodes de calcul jugées bancales. Le décalage est d’autant plus frappant que DOGE promettait de faire baisser les dépenses fédérales de 2 000 milliards de dollars et assurait avoir déjà dégagé 215 milliards de dollars d’économies. En passant au crible 110 milliards de ces montants, le GAO dit avoir relevé des écarts majeurs.

audit du GAO : DOGE n’a pas prouvé l’essentiel de ses économies

Sur le fond, le reproche est assez direct : une large part des économies mises en avant par DOGE ne tient pas sur des bases vérifiables.

Le GAO explique que beaucoup de chiffres publiés ne peuvent pas être confirmés à partir des documents disponibles. D’autres reposent sur des hypothèses discutables, parfois très fragiles.

L’exemple le plus parlant concerne les contrats publics. Selon le rapport, DOGE a revendiqué 27,4 milliards de dollars d’économies liées à des contrats qui, en réalité, n’avaient jamais été résiliés. Parmi eux, le GAO cite un contrat informatique de 1,7 milliard de dollars avec la Defense Health Agency, au sein du département de la Défense. DOGE l’a présenté comme une économie, alors qu’il n’a été ni annulé ni modifié.

Le rapport va plus loin : près de 2 000 des 13 476 contrats que DOGE affirmait avoir résiliés ne l’étaient pas réellement. Pour une initiative vendue comme un exercice de rationalisation précis, chiffré, presque chirurgical, l’écart n’a rien d’anecdotique.

Des subventions et des baux également surestimés

Et les problèmes ne se limitent pas aux contrats. Le GAO indique que 96 % des économies revendiquées par DOGE sur les subventions n’ont pas pu être vérifiées. Autrement dit, presque tout. Forcément, ça entame sérieusement la crédibilité des chiffres mis en avant sur la place publique.

Autre point relevé par l’audit, plus troublant encore : DOGE se serait aussi attribué des économies qui ne venaient pas de lui.

Le rapport du GAO explique notamment que le groupe a comptabilisé 108 résiliations de baux comme si elles résultaient de son action, alors que ces procédures étaient déjà lancées avant même la création de DOGE.

Une offensive politique qui se retourne contre ses promoteurs

Cette enquête avait été réclamée par les sénateurs Gary Peters et Richard Blumenthal. Tous deux accusent DOGE d’avoir induit le public en erreur, tout en fragilisant des agences fédérales importantes à coups de coupes brutales.

Mais le sujet dépasse la seule querelle partisane. Ce que remet aussi sur la table l’audit du GAO, c’est la méthode elle-même.

Plusieurs spécialistes des marchés publics et des politiques publiques estiment que DOGE a tenté de plaquer sur l’administration fédérale une logique de management venue de la tech, sans prendre la mesure des règles, des procédures et, tout simplement, de la manière dont l’État fonctionne réellement. Certains parlent même de “performance art” plus que de réforme sérieuse. Pour Elon Musk, qui présentait DOGE comme la démonstration qu’une approche plus agressive pouvait rendre Washington plus efficace, le rapport du GAO raconte tout autre chose : une opération redoutablement bien marketée, mais dont les résultats ont été très largement gonflés.

Suivez-moi sur Twitter : @pierrevitre

Author: Jezca Felarca

{ "social": { "email": "", "facebook": "", "twitter": "", "linkedin": "" }, "ja-JP": "", "de-DE": "Jezca Felarca ist Content-Writerin mit Erfahrung in der Bewertung von PC-Software, mobilen Anwendungen und digitalen Diensten. Sie erklärt technische Themen auf verständliche Weise für ein breites Publikum.", "en-US": "Jezca Felarca is a content writer experienced in reviewing PC software, mobile applications, and digital services. She brings clarity to technical topics, making them accessible for a broad audience.", "es-ES": "Jezca Felarca es redactora de contenidos con experiencia en la evaluación de software para PC, aplicaciones móviles y servicios digitales. Hace accesibles los temas técnicos para todo tipo de público.", "fr-FR": "Jezca Felarca est rédactrice de contenu expérimentée dans l'évaluation de logiciels PC, d'applications mobiles et de services numériques. Elle rend les sujets techniques accessibles à un large public.", "it-IT": "Jezca Felarca è una content writer esperta nella valutazione di software PC, applicazioni mobili e servizi digitali. Rende i temi tecnici accessibili a un pubblico vasto e variegato.", "nl-NL": "Jezca Felarca is een content writer met ervaring in het beoordelen van pc-software, mobiele applicaties en digitale diensten. Ze maakt technische onderwerpen toegankelijk voor een breed publiek.", "pl-PL": "Jezca Felarca jest doświadczoną content writerką w zakresie recenzji oprogramowania PC, aplikacji mobilnych i usług cyfrowych. Sprawia, że tematy techniczne stają się przystępne dla szerokiego grona odbiorców.", "pt-BR": "Jezca Felarca é redatora de conteúdo com experiência em avaliações de software para PC, aplicativos móveis e serviços digitais. Ela torna temas técnicos acessíveis para o público em geral." }