D’après des témoignages apparus en ligne et un message interne d’Electronic Arts (EA), l’éditeur de jeux vidéo a lancé en 2026 une nouvelle vague de licenciements, sans donner le nombre précis de postes concernés. À ce stade, ce serait au moins le troisième plan de réduction d’effectifs engagé par Electronic Arts depuis le début de l’année 2026.
Plusieurs personnes ayant pris la parole en ligne évoquent des suppressions de postes dans le recrutement, le service client, les équipes chargées du trust and safety, ainsi que dans l’informatique.
Ces témoignages laissent entendre que des salariés en télétravail seraient touchés, aussi bien aux États-Unis qu’à l’étranger. Des employés du bureau d’Electronic Arts à Hyderabad, en Inde, seraient eux aussi concernés, y compris certains qui travaillent dans l’entreprise depuis de nombreuses années.
Pour l’instant, ce qui remonte vise surtout les fonctions support, davantage que les grands studios de développement. Le service client, parfois appelé en interne Fan Care, figurerait parmi les pôles les plus exposés. Hyderabad attire aussi l’attention : ce site d’Electronic Arts joue un rôle important dans plusieurs activités opérationnelles du groupe. Difficile, dans ces conditions, de voir cette vague comme un phénomène limité à l’Amérique du Nord.
En interne, un message envoyé à certaines équipes du support client explique que ces changements doivent permettre à l’entreprise d’« adapter son fonctionnement pour mieux répondre à l’évolution des besoins des joueurs ». Le document parle aussi de rôles appelés à évoluer, de la création de nouveaux postes, ainsi que du transfert de certaines missions vers d’autres équipes ou vers des prestataires externes.
Au moment où nous écrivons ces lignes, Electronic Arts n’a toujours pas rendu public le nombre exact de postes supprimés. La prudence reste donc de mise. Mais l’accumulation de ces coupes commence à faire naître de vraies inquiétudes, d’autant qu’elles s’ajoutent à d’autres réductions d’effectifs déjà menées plus tôt dans l’année. Nous continuerons à suivre le dossier.
Ces licenciements interviennent alors qu’Electronic Arts, d’après les éléments qui circulent sur ce dossier, se rapprocherait d’un rachat évalué à environ 55 milliards de dollars, sous la forme d’un LBO (leveraged buyout). L’opération serait menée, toujours selon ces informations, par le fonds souverain saoudien Public Investment Fund, aux côtés de Silver Lake et d’Affinity Partners.
Si elle aboutit, le Public Investment Fund contrôlerait environ 93,4 % du groupe. Toujours d’après les mêmes informations, le dossier pourrait devenir le plus gros rachat à effet de levier jamais réalisé, avec plus de 20 milliards de dollars de dette inscrits au bilan d’Electronic Arts. Une décision des autorités européennes de la concurrence est attendue d’ici au 23 juillet, et la finalisation de l’opération reste envisagée dans les prochains mois.
Ce projet de vente est loin de convaincre tout le monde. Des syndicats du jeu vidéo, des organisations de défense des droits humains, ainsi que le Communications Workers of America, s’y opposent déjà.
Aux États-Unis, 46 élus démocrates de la Chambre des représentants ont eux aussi demandé à la Federal Trade Commission (FTC) d’examiner le dossier de près. À leurs yeux, l’endettement lié à l’opération pourrait provoquer de nouveaux licenciements, des annulations de projets et un recul des protections accordées aux salariés. Ce qui frappe, c’est que cette séquence intervient alors qu’Electronic Arts continue d’afficher une santé commerciale solide : sur l’exercice clos le 31 mars 2026, l’éditeur a publié 7,531 milliards de dollars de chiffre d’affaires net dans ses résultats financiers, tandis que Battlefield 6 a été présenté par Electronic Arts comme le jeu premium le plus vendu aux États-Unis en 2025.