xAI a lancé officiellement aujourd’hui Grok 4,5. L’entreprise le présente comme un modèle plus à l’aise sur les usages concrets, surtout pour le développement logiciel, la bureautique et les tâches automatisées du quotidien. Plus que la performance pure, xAI insiste aussi sur un rapport coût/vitesse qu’elle juge plus offensif que celui de nombreux concurrents.
Sur l’API, Grok 4,5 est annoncé à 2 dollars par million de jetons en entrée et 6 dollars par million de jetons en sortie, d’après xAI, avec l’idée qu’il peut mener certaines tâches à bien en passant par nettement moins d’étapes.
Sur un marché où le coût d’usage reste un vrai frein pour beaucoup d’entreprises, le positionnement saute aux yeux.
Le centre du lancement, c’est le code.
xAI explique avoir entraîné Grok 4,5 sur des dizaines de milliers de GPU Nvidia GB300, en s’appuyant aussi sur des données tirées de l’usage de Cursor.
Le but, d’après xAI, est de mieux saisir les habitudes réelles des développeurs : lire un dépôt, corriger un bug, générer des fonctions ou refactoriser du code.
Sur SWE Bench Pro, un benchmark très suivi pour évaluer les capacités en développement logiciel, xAI affirme aussi que Grok 4,5 a eu besoin de beaucoup moins de jetons en sortie qu’Opus 4,8 d’Anthropic.
En clair : moins de texte produit, moins d’allers-retours, et au bout du compte, peut-être une facture plus légère.
Fait plus surprenant, dans certaines évaluations d’agents de code, Grok 4,5 serait même au niveau de GPT-5,5, si l’on en croit les chiffres avancés par son concepteur, sans pour autant arriver en tête de tous les classements.
xAI ne réserve toutefois pas Grok 4,5 aux seuls développeurs.
Le modèle est aussi présenté par xAI comme un assistant pour les métiers intellectuels et pour les tâches confiées à des agents IA : construire des modèles Microsoft Excel complexes, préparer des présentations Microsoft PowerPoint ou rédiger des documents structurés dans Microsoft Word.
Cette orientation pèse lourd, parce que le marché se joue désormais moins sur des démonstrations spectaculaires que sur la capacité à automatiser des tâches répétitives et à trouver sa place dans des outils déjà utilisés en entreprise.
Au fond, Grok 4,5 ressemble moins à une course au titre de meilleur modèle du marché qu’à une tentative de s’imposer par sa valeur d’usage.
Plusieurs observateurs y voient d’ailleurs une nouvelle manche dans la guerre des prix du secteur.
Mieux vaut quand même rester prudent.
Les premières analyses disent encore peu de choses sur les biais possibles, sur la manière dont Grok 4,5 répond à des attentes en dehors des États-Unis, sur sa place à long terme dans l’ensemble xAI, ou encore sur ses usages potentiels dans la recherche scientifique.
Pour l’instant, Grok 4,5 avance surtout un argument assez simple : aller vite, coûter moins cher et s’attaquer aux tâches qui comptent vraiment en entreprise, selon xAI.