Science Corp. a obtenu, d’après ses propres indications, le marquage CE pour PRIMA, son implant rétinien destiné aux patients souffrant d’une DMLA sèche à un stade avancé avec atrophie géographique. Cette autorisation, délivrée par DEKRA, lui ouvre l’accès à une commercialisation dans 30 pays européens. Une première implantation commerciale est prévue en Allemagne en août 2026.
Pour les patients concernés, l’enjeu est loin d’être mineur. Les traitements disponibles aujourd’hui freinent surtout l’évolution de la maladie, mais ils rendent rarement la vision déjà perdue. PRIMA ne fait pas miroiter un retour à une vue normale. En revanche, le système pourrait redonner une vision fonctionnelle à des personnes qui ont perdu leur vision centrale.
Concrètement, PRIMA s’appuie sur une petite puce photovoltaïque, sans fil, implantée sous la rétine. Le dispositif fonctionne avec des lunettes spéciales dotées d’une caméra et d’un projecteur, chargés d’envoyer une lumière proche infrarouge vers la puce. Celle-ci transforme ensuite cette lumière en signaux électriques pour stimuler les cellules rétiniennes qui sont encore intactes.
L’idée est de contourner les zones abîmées de la macula, la partie de l’œil qui assure la vision centrale fine. Le système intègre aussi une fonction de zoom pour agrandir le texte, avec un intérêt très concret pour la lecture.
La population visée est bien définie: les patients atteints de DMLA sèche avancée avec atrophie géographique. Cette maladie détruit la vision centrale tout en laissant souvent la vision périphérique relativement préservée. Selon Science Corp., plus de 5 millions de personnes seraient touchées dans le monde.
L’entreprise met aussi en avant des résultats cliniques qu’elle juge solides. Dans une étude menée chez 38 patients, répartis sur 17 sites dans 5 pays, puis publiée dans le New England Journal of Medicine, les participants ont gagné en moyenne 25,5 lettres à un test standard de lecture visuelle. Cela représente plus de 5 lignes sur l’échelle d’acuité.
Toujours d’après cette étude parue dans le New England Journal of Medicine, 84 % des patients ont retrouvé la capacité de lire des lettres, des chiffres et des mots. Pour une population qui dispose de très peu d’options capables de restaurer la vision, la nouvelle compte.
Reste qu’il faut garder une certaine prudence. PRIMA n’est pas un remède, et la vision récupérée reste une vision de forme, pas une vision naturelle.
Le niveau atteint tourne aujourd’hui autour de 20/400, ce qui reste très loin d’une vision normale. Plus surprenant, ces résultats ne se traduisent pas chez tous les patients par un vrai bouleversement de la qualité de vie. À cela s’ajoute une implantation chirurgicale complexe, avec des risques bien réels.
PRIMA marque aussi une étape sur le plan commercial pour les neurotechnologies américaines. On parle ici de l’un des premiers implants neuronaux destinés aux patients à pouvoir être commercialisés à grande échelle. Science Corp. a été fondée par Max Hodak, ancien président de Neuralink, et fait partie des entreprises les mieux valorisées du secteur derrière Neuralink, selon l’entreprise.
Côté réglementation américaine, PRIMA dispose déjà, toujours selon Science Corp., des statuts de Breakthrough Device et de Humanitarian Use Device auprès de la Food and Drug Administration (FDA). une arrivée sur le marché américain est visée pour 2027.
Reste la question du prix. Science Corp. affirme avoir levé environ 489 millions de dollars, pour une valorisation estimée à 1,5 milliard de dollars. Le traitement pourrait se chiffrer à plusieurs centaines de milliers d’euros, mais le tarif final n’a pas encore été fixé. Les discussions sur la prise en charge avec les systèmes de santé européens se poursuivent, là encore selon l’entreprise.