Le régulateur britannique Ofcom a lancé une enquête officielle sur TikTok au Royaume-Uni. Son objectif, dans le cadre de l’Online Safety Act, est de vérifier si la plateforme respecte bien les obligations prévues par la nouvelle loi britannique sur la sécurité en ligne en matière de protection des enfants.
Ce qu’Ofcom veut examiner de près, c’est la capacité concrète de TikTok à empêcher les mineurs d’accéder à des contenus potentiellement dangereux.
Si ces protections ne tiennent pas, des enfants peuvent se retrouver exposés à des publications et à des recommandations liées à l’automutilation, au suicide ou encore aux troubles du comportement alimentaire, prévient le régulateur.
Ofcom se penche sur les contrôles d’âge de TikTok
L’enquête d’Ofcom vise surtout les dispositifs de vérification de l’âge utilisés par TikTok. Le régulateur s’interroge en particulier sur l’efficacité du système d’« inférence d’âge », une technologie qui se base sur le comportement des utilisateurs pour estimer leur tranche d’âge.
Ofcom redoute qu’un dispositif de ce type classe à tort un nombre important d’enfants.
Si certains utilisateurs sont jugés plus âgés qu’ils ne le sont en réalité, ils peuvent alors basculer vers une expérience normalement réservée aux adolescents plus âgés ou aux adultes, avec un fil de recommandations moins strictement filtré.
La question est d’autant plus sensible au Royaume-Uni que TikTok reste l’une des plateformes les plus fréquentées par les jeunes. D’après Ofcom, le service est même le troisième plus populaire chez les enfants de 8 à 14 ans, une tranche d’âge qui passe en moyenne 8 h 45 par semaine sur des sites de partage de vidéos.
Des sanctions qui peuvent être très lourdes
Si Ofcom estime que TikTok enfreint l’Online Safety Act, la plateforme s’expose à une amende pouvant aller jusqu’à 18 millions de livres sterling, ou 10 % de son chiffre d’affaires mondial, le montant le plus élevé étant retenu, comme le prévoit la loi.
Dans une déclaration transmise à la presse, TikTok affirme mettre en place des protections adaptées à l’âge des utilisateurs grâce à ses règles internes et à une technologie avancée d’estimation de l’âge. L’entreprise se dit certaine de respecter ses obligations légales et assure coopérer pleinement avec Ofcom.
Une pression réglementaire qui monte
Cette enquête arrive dans un contexte plus large de durcissement politique et réglementaire autour des réseaux sociaux.
Au Royaume-Uni, l’idée d’interdire les réseaux sociaux aux moins de 16 ans gagne toujours du terrain. En parallèle, TikTok fait aussi l’objet d’un examen au niveau européen sur la protection des mineurs et sur certains choix de conception de la plateforme.
Les inquiétudes, elles, ne datent pas d’hier. Ces derniers mois, plusieurs organisations, parmi lesquelles la Molly Rose Foundation, Amnesty International et People vs. Big Tech, ont publié des analyses affirmant que TikTok continuait à recommander, ou à laisser passer, des contenus nocifs vers des comptes d’enfants et d’adolescents, y compris lorsque certains réglages de sécurité étaient activés.
Pour Ofcom, l’enjeu va donc bien au-delà de la seule question technique de la vérification d’âge. Le régulateur cherche à savoir si l’un des plus grands réseaux sociaux du monde protège vraiment les jeunes utilisateurs qu’il attire en masse.
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