En 2026, trouver un smartphone neuf réellement dépourvu de fonctions d’intelligence artificielle devient difficile. Les assistants, les retouches automatiques, les suggestions qui s’affichent partout, tout cela n’est plus cantonné à quelques options mises en avant sur la boîte. Ces fonctions se retrouvent maintenant au cœur du téléphone, du clavier à la photo, en passant par la recherche et l’optimisation du système.
Ce basculement tient autant à l’industrie qu’au marketing. D’après les estimations du marché mondial des smartphones, le segment des appareils misant sur ces fonctions est évalué à 124,3 milliards en 2025, puis à 140,8 milliards en 2026. Le message des fabricants est clair : ce n’est plus un petit bonus ajouté pour faire vendre, c’est devenu un standard sur les modèles récents.
La raison, au fond, est assez simple. Ces fonctions reposent désormais sur des composants dédiés, comme les unités de calcul neuronal embarquées, mais aussi sur des services distants reliés au cloud. On n’est donc plus dans le simple assistant vocal lancé à la demande.
Elles se glissent aussi partout ailleurs : dans la galerie photo, le moteur de recherche interne, la rédaction de messages, la traduction, le filtrage des appels, et même la gestion de la batterie. Pour les consommateurs qui veulent un appareil plus simple, plus prévisible, ou tout simplement moins intrusif, l’éventail se resserre. On peut encore couper certaines options, bien sûr, mais acheter un téléphone neuf réellement dépourvu de ces briques devient rare.
Et pourtant, cette montée en puissance ne veut pas dire que le public en a fait son critère numéro un. En Inde, selon une enquête menée en juillet 2026 auprès de plus de 40 000 personnes, ces fonctions ont pesé dans 82 % des décisions d’achat.
D’autres critères passent encore devant. Dans cette même enquête réalisée en Inde en juillet 2026, les performances et la rapidité montent à 87 %, l’autonomie à 79 % et la qualité photo à 77 %. Même constat aux États-Unis : selon une enquête consommateurs menée dans le pays, 45 % des propriétaires de smartphones disent qu’ils ne paieraient pas plus cher pour ces nouveautés logicielles. Elles comptent, oui, mais pas au point d’effacer les bases.
Le scepticisme, lui, reste bien présent. Aux États-Unis, d’après des enquêtes consommateurs, un quart des propriétaires de smartphones jugent ces fonctions peu utiles. Une autre enquête va dans le même sens : 73 % des utilisateurs d’iPhone et 87 % des possesseurs de Samsung Galaxy estiment qu’elles apportent peu, voire aucune valeur, à leur usage quotidien.
L’autre vrai point de friction, c’est la vie privée. Selon des enquêtes menées aux États-Unis, 34 % des utilisateurs américains disent avoir des inquiétudes sur ce sujet. Et le problème ne s’arrête pas aux données fournies volontairement. Ces systèmes peuvent aussi déduire des informations sensibles à partir des habitudes, des photos, des messages ou de la localisation. Mieux vaut garder ça en tête.
Face à ces critiques, les marques poussent de plus en plus le traitement directement sur le téléphone plutôt que sur des serveurs distants. L’argument est double : des réponses plus rapides, et un meilleur contrôle des données, puisque moins d’informations quittent l’appareil. Au passage, cela ouvre aussi la porte à certaines fonctions hors ligne.
Mais cette étape ne sera peut-être qu’un passage. Le secteur prépare déjà des assistants capables d’anticiper des besoins et d’enchaîner plusieurs actions, comme organiser un voyage, remplir un agenda ou modifier des réservations. Sur le papier, c’est pratique. Reste une question très simple : jusqu’où les utilisateurs accepteront-ils de laisser leur smartphone agir à leur place ?