En 2025, le backlog de jeux vidéo, autrement dit l’accumulation de jeux achetés mais jamais lancés, est devenu un vrai problème pour les joueurs.
Acheter un jeu « pour plus tard » est presque un réflexe désormais. Sauf que ce « plus tard » se retrouve souvent noyé dans une bibliothèque pleine de titres jamais ouverts pendant des mois, parfois des années. Les catalogues numériques ne cessent de grossir, et les joueurs cherchent donc des moyens simples pour trier, prioriser, puis enfin se confronter à cette liste de jeux honteusement laissés de côté.
Les chiffres montrent bien qu’on n’est plus face à un phénomène marginal. Plusieurs travaux sur les habitudes de jeu estiment que le joueur adulte moyen possède entre 100 et 150 jeux non commencés. Et, d’après une analyse de bibliothèques Steam, 32,7 % de la collection moyenne n’avait tout simplement jamais été lancée.
Dit autrement, cette analyse des bibliothèques Steam indique que près d’un tiers des jeux achetés ou récupérés restent intacts. Sur un marché qui comptait environ 3,6 milliards de joueurs en 2025 et qui a généré 188,8 milliards de dollars, selon les estimations du marché du jeu vidéo pour 2025, le backlog a cessé d’être une exception. Il devient presque structurel : plus l’offre grandit, plus le choix se transforme en surcharge.
La distribution dématérialisée a complètement changé la manière d’acheter. Promotions flash, bundles à prix cassés, cadeaux réguliers, tout cela a installé une logique d’accumulation. On récupère maintenant, on décidera plus tard.
Les abonnements comme Xbox Game Pass ou PlayStation Plus renforcent encore ce réflexe. Pour un coût mensuel assez bas, Xbox Game Pass et PlayStation Plus ouvrent l’accès à des catalogues très fournis, qui changent en permanence. Résultat, les joueurs téléchargent, testent un peu, repoussent, puis passent à autre chose avant même d’avoir vraiment commencé. Le backlog n’est donc pas seulement une affaire de manque de temps. C’est aussi une conséquence directe d’un marché pensé pour rendre l’accès aux jeux toujours plus facile que le fait de les consommer réellement.
Face à cette accumulation, une nouvelle catégorie de services s’est imposée : les outils de gestion du backlog. Des plateformes comme Backloggd ont fortement progressé, au point de dépasser les 650.000 utilisateurs inscrits fin 2025, selon Backloggd.
La promesse tient en peu de mots : centraliser ses jeux, indiquer ce qui a été terminé, abandonné ou simplement commencé, puis remettre un peu d’ordre dans une collection devenue difficile à lire. Et, chose assez curieuse, pour beaucoup, le simple fait de classer les titres par durée , par genre ou selon l’humeur du moment suffit déjà à relancer l’envie de jouer. Cette demande dit bien ce qui a changé dans les usages : le problème n’est plus de trouver un bon jeu, mais de choisir celui qui mérite vraiment son temps.
Le vrai nœud du problème est là. Quand l’offre devient presque illimitée, le plaisir peut se diluer dans l’indécision, et le joueur finit par passer plus de temps à parcourir sa bibliothèque qu’à jouer.
Les approches les plus efficaces restent souvent les plus simples : se fixer une petite liste, privilégier les jeux déjà installés, alterner entre gros titres et expériences plus courtes, ou accepter d’abandonner un jeu qui ne convainc pas. Au fond, vider son backlog n’a rien d’une discipline militaire. C’est une façon de redonner de la valeur à son temps de jeu dans un secteur où l’abondance est devenue un défi à part entière.