Anthropic publie aujourd’hui une étude fondée sur 309.815 conversations anonymisées avec son assistant Claude. Ce qu’elle montre est assez concret: Claude ne réagit pas tout à fait de la même manière selon le modèle qu’on utilise, mais aussi selon la langue dans laquelle on lui parle. Pour le grand public, ça change beaucoup de choses. À question identique, on peut tomber sur une réponse plus prudente, plus chaleureuse, plus directe ou plus sceptique. Et quand on demande un avis sur un sujet important, ce n’est pas un détail.
Claude ne répond pas pareil selon le modèle et la langue
L’étude porte sur des demandes subjectives et ouvertes, pas sur des questions qui appellent une réponse unique, factuelle, facile à vérifier. Anthropic dit avoir passé au crible 309.815 conversations anonymisées avec Claude. D’après l’entreprise, les échanges analysés concernaient Sonnet 4.6, Opus 4.6 et Opus 4.7.
Les chercheurs ont ensuite réparti les réponses sur quatre grands axes de comportement: déférence ou prudence, chaleur ou rigueur, profondeur ou brièveté, franchise ou docilité. Dit plus simplement, ils ont cherché à voir si Claude avait tendance à encourager, nuancer, contredire, développer ou simplement exécuter une demande, avec plus ou moins de recul.
Sonnet et Opus n’ont pas vraiment le même “caractère”
Sur ce point, les écarts entre les modèles ressortent assez clairement. Sonnet 4.6 apparaît comme plus chaleureuse et plus déférent, avec une tendance à répondre rapidement, sur un ton encourageant, assez accommodant. Opus 4.7, lui, va davantage du côté de la prudence, de la rigueur et des réponses plus fouillées.
Concrètement, toujours d’après les observations d’Anthropic, Opus 4.7 remet plus facilement certaines hypothèses en cause et signale plus spontanément les risques, même quand on ne le lui demande pas expressément. Un utilisateur peut donc avoir la sensation de parler à des versions assez différentes de Claude selon le moteur choisi. Ça éclaire aussi un décalage qu’on voit souvent dans les retours: certains décrivent un assistant agréable et fluide, quand d’autres y voient surtout un outil plus analytique, parfois plus réservé.
La langue pèse aussi lourd dans le ton de Claude
La langue, elle aussi, change nettement la manière dont Claude répond. Anthropic explique que l’assistant s’est montré le plus chaleureux en hindi et en arabe, avec des réponses souvent plus polies, parfois plus légères. À l’opposé, les conversations en anglais et en russe ressortent comme plus rigoureuses et plus sceptiques.
Plus surprenant encore, l’anglais est aussi la langue dans laquelle Claude affiche le plus de prudence et de profondeur, tandis que l’arabe se distingue par le niveau de déférence le plus élevé, ainsi que par des réponses plus brèves. En pratique, cela veut dire qu’un même prompt, écrit dans deux langues différentes, peut produire non seulement une autre formulation, mais aussi une autre attitude face au problème posé.
Ce que ça change pour les utilisateurs
Pour les internautes, la leçon est assez simple: mieux vaut éviter de prendre une seule réponse pour argent comptant quand le sujet compte vraiment. Essayer un autre modèle, ou reformuler la même demande dans une autre langue, peut faire apparaître un deuxième angle utile.
Sur le fond, Anthropic ne tranche pas encore. L’entreprise dit ne pas savoir si ces écarts doivent être vus comme de vraies incohérences, donc un problème, ou plutôt comme une adaptation normale aux usages culturels et linguistiques.
Au moment où nous écrivons ces lignes, les versions plus récentes, comme Sonnet 5 ou Opus 4.8, n’ont toujours pas fait l’objet d’une analyse publique comparable. On n’a donc, pour l’instant, aucune preuve solide que ces différences de “personnalité” existent encore telles quelles dans les versions actuellement déployées. Bref, prudence. Si Anthropic publie de nouvelles données sur ces versions, on reviendra dessus.