Au Japon, une boutique propose en ce moment quelque chose d’assez particulier : transformer une NVIDIA GeForce RTX 2080 Ti de 11 Go en modèle doté de 22 Go de GDDR6. D’après l’enseigne, l’intervention coûte 45 000 yens, soit environ 282 dollars. Si on ramène ça au gain de mémoire, on tourne autour de 25 dollars par gigaoctet ajouté.
Pour ceux qui ont besoin d’une grosse quantité de VRAM, autrement dit de mémoire vidéo, sans passer par l’achat d’un GPU neuf hors de prix, l’idée a de quoi attirer l’œil. La boutique japonaise affirme même proposer des cartes déjà modifiées à moins de 500 dollars, un prix franchement agressif face à certaines cartes plus récentes pourtant vendues comme mieux armées en mémoire.
L’atelier se trouve à Saitama, au Japon, et s’est fait une spécialité de ce type de modification sur la GeForce RTX 2080 Ti. Ce modèle s’y prête plutôt bien. Sa conception permet de remplacer les puces mémoire d’origine et de faire passer la capacité embarquée de 11 à 22 Go.
Ce qui surprend, c’est que l’argument principal n’est pas vraiment le jeu vidéo. Dans pas mal d’usages lourds, la quantité de mémoire compte parfois plus que la puissance brute du GPU. Du coup, une carte plus ancienne, mais mieux lotie en VRAM, peut devenir un choix plus malin qu’un modèle récent d’entrée ou de milieu de gamme.
Il y a aussi un contexte de marché derrière tout ça. la DRAM coûte plus cher, les cartes graphiques neuves restent vendues à des tarifs élevés, et de plus en plus d’acheteurs se tournent vers le reconditionné, l’occasion ou les modifications matérielles pour s’en sortir.
Et ça ne se passe pas qu’au Japon. Des services du même genre ont déjà été repérés en Chine et aux Émirats arabes unis. On voit aussi circuler des cartes modifiées sur eBay, surtout chez des vendeurs basés à Hong Kong, souvent autour de 500 dollars.
Le vrai point de blocage, c’est l’approvisionnement. Toujours selon la boutique japonaise, l’atelier aurait récemment reçu assez de puces Samsung GDDR6 de 2 Go pour modifier 36 RTX 2080 Ti. Ce chiffre montre bien qu’il existe une demande, mais aussi que ce petit marché repose encore sur des lots limités de composants compatibles.
Mieux vaut quand même rester prudent. Remplacer les puces mémoire d’une carte graphique demande un travail de microsoudure extrêmement délicat. Et dans certains cas, il faut aussi passer par un flash de BIOS personnalisé pour que la nouvelle capacité soit correctement reconnue.
Les risques, eux, sont bien réels : carte définitivement endommagée, garantie perdue, stabilité pas toujours parfaite, ou températures plus compliquées à contenir. Même quand l’opération se passe bien, le résultat dépend beaucoup de la qualité des composants employés et du sérieux de l’atelier.
Au fond, cette GeForce RTX 2080 Ti poussée à 22 Go n’a rien d’une solution grand public. Pour un acheteur averti, en revanche, elle montre assez bien qu’en période de tension sur la mémoire, une ancienne carte haut de gamme peut retrouver une seconde vie vraiment convaincante.