Google vient de lancer les Googlebooks, une nouvelle ligne de portables premium signée Google. La marque les pense d’abord pour les utilisateurs d’Android et les présente comme une alternative sérieuse aux MacBook d’Apple.
Les premiers modèles commencent autour de 899 ou 900 dollars aux États-Unis, grimpent souvent entre 1 200 et 1 300 dollars, et sont annoncés par Google à partir de 999 livres au Royaume-Uni et 1 099 euros en France.
Le plus frappant, c’est à quel point Google s’éloigne ici de l’image du Chromebook abordable qu’on associe depuis des années aux salles de classe.
Avec les Googlebooks, Google essaie clairement de faire monter le Chromebook d’un cran, ou plutôt de plusieurs. L’idée est de l’installer sur un segment bien plus haut de gamme, là où les acheteurs regardent déjà du côté d’Apple, de Microsoft et des fabricants de PC Windows.
Ce n’est pas qu’une affaire de nom.
Les Googlebooks tournent sous Googlebook OS, que Google décrit comme un croisement entre ChromeOS et Android. L’objectif est assez clair: garder la simplicité du Chromebook, mais avec une expérience qui ressemble davantage à celle d’un vrai PC moderne, et une connexion beaucoup plus étroite avec le smartphone. Google vise sans détour les gens déjà bien ancrés dans son univers mobile.
Le vrai argument de vente, c’est justement cette continuité entre les appareils.
Google met en avant une fonction appelée « Continue On ». Selon la marque, elle permet de commencer une tâche sur un téléphone Android puis de la reprendre sur le portable, en retrouvant l’avancement tel quel. Difficile de ne pas penser à ce que les utilisateurs d’Apple connaissent déjà entre iPhone, iPad et Mac. Pour Google, l’enjeu saute aux yeux: rendre le duo téléphone Android + ordinateur portable beaucoup plus naturel qu’avant, puis faire de cette proximité un motif d’achat.
Mais le test décisif se jouera ailleurs, sur les applications.
Google Workspace fonctionne nativement, ce qui assure déjà une base solide pour le travail et la productivité. En revanche, tout l’écosystème Android n’est pas encore parfaitement à l’aise sur grand écran.
Pour certains services conçus avant tout pour le mobile, Google mise sur « App Cast », un système que l’entreprise présente comme capable d’afficher l’application du téléphone sur l’écran du portable. Ça peut dépanner. Mais ça met aussi en lumière la limite actuelle du projet: tout dépendra de la vitesse à laquelle les développeurs proposeront de vraies expériences pensées pour l’ordinateur, pas simplement transposées depuis le mobile.
Côté matériel, Google n’a pas fait les choses à moitié.
Acer, Asus, Dell, HP et Lenovo lancent des modèles en aluminium ou en magnésium, avec écrans tactiles haute définition, 16 Go de mémoire vive au minimum, et des puces Intel Core Ultra ou Qualcomm Snapdragon X Elite. Sur le papier, c’est nettement plus ambitieux que le Chromebook moyen.
Le souci, c’est que Google arrive maintenant dans une tranche de prix où les consommateurs comparent tout de suite avec des MacBook Air, des PC Copilot+ ou des ultrabooks Windows déjà bien installés.
Les premières réactions montrent bien ce tiraillement.
L’intégration avec Android et la montée en gamme du matériel sont plutôt bien accueillies, mais beaucoup se demandent où en est vraiment la partie logicielle, et s’il est judicieux d’afficher des prix aussi élevés alors que le marché des Chromebooks traverse un ralentissement. Mieux vaut donc garder un peu de recul. En lançant les Googlebooks, Google ne cherche plus seulement à vendre un ordinateur simple: la marque vend une nouvelle promesse, et celle-là coûtera bien plus cher à démontrer.
Author: Manuel Bosque
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