IDScan.net au cœur d’une fuite géante : 153 millions de permis de conduire exposés

À l’heure où nous publions ces lignes, IDScan.net, société de vérification d’identité installée en Louisiane, serait liée à une fuite de données d’une ampleur rare. Plus de 153 millions de dossiers de permis de conduire provenant des États-Unis et du Canada auraient été compromis, d’après les informations publiées par le journaliste Brian Krebs, de KrebsOnSecurity, et le chercheur Zach Edwards. Les mêmes sources évoquent aussi environ 10 millions d’autres cartes d’identité et 3 millions de documents de voyage.

Norton 360 Télécharger

Le point le plus inquiétant concerne la nature même des données exposées. D’après les échantillons consultés par Brian Krebs et Zach Edwards, on y trouverait des noms complets, des numéros de permis de conduire, d’autres identifiants officiels et, dans certains cas, des scans numériques de documents affichant la photo et la date de naissance. Prudence, donc.

Ce que l’on sait de la fuite de données

D’après l’enquête menée par Brian Krebs pour KrebsOnSecurity et par le chercheur Zach Edwards, la piste la plus solide mène à IDScan.net, une entreprise louisianaise spécialisée dans la vérification d’identité et d’âge. Sur son propre site, IDScan.net présente ses services comme étant utilisés dans des secteurs où les pièces d’identité sont scannées en permanence, notamment les casinos, les dispensaires de cannabis, les hôtels et la location de voitures.

L’affaire a commencé à prendre forme après la mise en vente supposée de ces données sur le dark web, via Nexus, un service d’usurpation d’identité, toujours selon les éléments rapportés par Brian Krebs et Zach Edwards.

Brian Krebs et Zach Edwards ont étudié des échantillons et fait le lien avec IDScan.net. De son côté, l’entreprise dit qu’un tiers non autorisé a accédé à des données clients stockées dans ses systèmes, une découverte qui remonterait au 1er septembre 2026. Un détail attire l’attention : les pirates, eux, affirment avoir exfiltré des données depuis plus d’un an. De quoi faire redouter une compromission longue, discrète, passée sous les radars.

Pourquoi cette fuite est particulièrement grave

Un permis de conduire, ce n’est pas seulement une carte qu’on montre pour prouver son identité. Il sert aussi lors de l’ouverture d’un compte bancaire, d’une demande de crédit ou dans certaines démarches administratives.

Entre de mauvaises mains, ce type d’informations peut servir à ouvrir des comptes frauduleux, décrocher des prêts, commettre des fraudes postales, fabriquer de faux documents ou monter des identités synthétiques.

Et le problème dure. Contrairement à un mot de passe, un numéro de permis ou une date de naissance ne se remplacent pas facilement. C’est ce qui rend ce genre de fuite si lourd de conséquences : même des années plus tard, les données peuvent encore circuler et être exploitées.

Enquête en cours et premières conséquences

Le Federal Bureau of Investigation, le FBI, enquête sur l’incident, d’après les informations citées par KrebsOnSecurity. IDScan.net a reconnu un incident de sécurité et dit coopérer avec les forces de l’ordre. Les mêmes rapports indiquent que la base de données Nexus a depuis été mise hors ligne. Ça ne veut évidemment pas dire que les copies déjà récupérées ont disparu.

Pour l’instant, l’étendue exacte de la compromission et le nombre final de victimes ne sont pas connus. C’est ce que rapportent Brian Krebs, Zach Edwards et IDScan.net. Plusieurs recours collectifs ont déjà été déposés, signe que cette affaire pourrait vite prendre une autre dimension. Nous continuerons à suivre le dossier.

Que faire si vous pensez être concerné

Les spécialistes conseillent de réagir rapidement, même sans confirmation officielle. Les premières mesures à prendre sont claires : faire bloquer son dossier de crédit, consulter ses rapports de solvabilité, surveiller ses comptes bancaires et ses cartes, puis activer une alerte à la fraude.

Il est aussi recommandé de demander son relevé de conduite auprès du DMV ou de l’administration compétente pour repérer une activité suspecte. Certains conseillent même un contrôle des antécédents afin de vérifier si votre identité a été utilisée ailleurs. Dans une fuite de cette nature, la vigilance ne se limite pas à quelques jours.

Suivez-moi sur Twitter : @pierrevitre

Geely Galaxy TT : la berline électrique arrive à 129 900 yuans en Chine

Geely a lancé en Chine la Galaxy TT, une nouvelle berline électrique au profil fastback. Les prix commencent à 129 900 yuans, soit autour de 19 100 dollars, et montent jusqu’à 185 900 yuans, environ 27 300 dollars, d’après le constructeur.

À ce tarif, elle se pose tout de suite comme l’un des nouveaux concurrents les plus offensifs du marché chinois. Geely souligne qu’en Chine, la Galaxy TT coûte 100 000 yuans de moins qu’une Xiaomi SU7, affichée à 229 900 yuans. Elle se situe aussi, grosso modo, autour de la moitié du prix d’une Tesla Model 3 vendue sur place.

Et ce qui surprend, c’est ce que Geely met sur la table à ce niveau de prix. Toute la gamme repose, selon la marque, sur une architecture 800 V et sur des batteries LFP CATL Shenxing TT. Geely annonce une recharge capable de récupérer près de 500 km d’autonomie en 11 minutes, une promesse particulièrement ambitieuse dans cette catégorie.

La version de base reçoit, d’après Geely, une batterie de 63,8 kWh annoncée pour 640 km en cycle CLTC, ce qui correspond à environ 518 km en équivalent WLTP. Plus haut dans la gamme, on passe à 75,2 kWh, avec une autonomie qui peut grimper jusqu’à 725 km CLTC, toujours selon les chiffres communiqués par le constructeur.

Geely ne laisse guère de doute sur la cible visée. La Galaxy TT vient s’installer en plein cœur du segment des berlines électriques sportives, celui où la Xiaomi SU7 a déjà beaucoup fait parler d’elle et où la Tesla Model 3 garde un poids certain. Xiaomi et Tesla vendent aussi une image. Geely, de son côté, joue une carte plus directe: beaucoup d’équipement, de bonnes performances et un prix nettement plus bas, surtout sur un marché chinois où la guerre des tarifs continue de tirer tout le monde vers le bas.

Sur le plan technique, on n’est pas face à une proposition au rabais. Geely annonce 245 kW, soit 329 ch, pour les versions propulsion. Tout en haut, la Galaxy TT Ultra, avec transmission intégrale et deux moteurs, atteint 425 kW, soit 570 ch, et revendique un 0 à 100 km/h en 3,8 secondes. La marque insiste aussi sur le châssis, construit autour de la plateforme GEA EVO, avec une suspension avant à double triangulation et un train arrière à cinq bras.

La Galaxy TT mise aussi beaucoup sur la techno, avec une dotation assez fournie: aide à la conduite avec LiDAR sur certaines versions, système G-ASD, assistant embarqué Super Eva et installation audio Flyme Sound à 23 haut-parleurs. Geely dit avoir enregistré plus de 20 000 précommandes en un peu plus de deux semaines avant le lancement. Un signal clair pour un modèle qui vise sans détour une clientèle plus jeune, attentive au style comme aux fonctionnalités.

Pour l’instant, la Galaxy TT reste cantonnée au marché chinois. Geely a bien parlé d’ambitions internationales plus larges dans l’électrique, y compris d’une possible arrivée aux États-Unis dans un délai de deux à trois ans, mais aucun calendrier n’a encore été donné pour un lancement de la Galaxy TT en dehors de la Chine.

iOS 27 bêta semble déjà accélérer les anciens iPhone

La bêta d’iOS 27 semble, pour l’instant, donner un vrai coup de fouet à certains anciens iPhone, en particulier à l’iPhone 11 Pro Max. C’est presque le paradoxe de cette mise à jour : Apple a surtout communiqué sur des fonctions logicielles taillées pour ses modèles les plus récents, mais le gain le plus palpable pourrait finalement profiter à un public bien plus large.

Les premiers comparatifs entre iOS 26 et iOS 27 bêta montrent des écarts qu’on voit tout de suite. Sur un iPhone 11 Pro Max, l’ouverture de l’app Appareil photo passe de 0,98 seconde à 0,65 seconde. Pour prendre une photo puis l’ouvrir depuis l’aperçu, on descend de 3,61 secondes à 2,44 secondes.

Même chose avec Plans. Le lancement passe de 3,01 secondes à 1,36 seconde, donc à peu près deux fois plus vite. Safari, l’App Store et la feuille de partage sont aussi décrits comme nettement plus réactifs dans ces premiers essais.

Apple attribue ces progrès à des optimisations internes, avec en tête un ordonnanceur CPU retravaillé. D’après la marque, cela permet des lancements d’apps jusqu’à 30 % plus rapides, un chargement des nouvelles photos dans la photothèque jusqu’à 70 % plus rapide, et des transferts AirDrop pouvant aller jusqu’à 80 % de mieux.

Ce n’est pas un détail, surtout quand on se souvient de la réputation laissée par iOS 26 sur certains appareils plus anciens. Pour beaucoup de gens, la mise à jour avait un goût amer. Animations qui accrochent, apps qui démarrent plus lentement, impression générale de lourdeur : pas mal d’utilisateurs avaient eu le sentiment que leur iPhone avait pris un coup de vieux presque du jour au lendemain.

Pour l’instant, iOS 27 donne plutôt l’impression de corriger exactement ce genre de petits agacements, si l’on se fie à ces premiers tests. Il faut évidemment garder la tête froide, une bêta reste une bêta, jamais un produit final. Mais la tendance se voit assez clairement pour laisser espérer un vrai mieux au moment de la sortie publique.

Tout ne sera pas disponible sur les anciens modèles, bien sûr. Les nouveautés logicielles les plus ambitieuses resteront l’apanage des iPhone 15 Pro et de la gamme iPhone 16. Certaines fonctions plus avancées de la nouvelle génération de Siri demandent même du matériel plus récent encore, comme les iPhone 17 et l’iPhone Air, Apple évoquant des besoins plus élevés en mémoire et en puissance de calcul.

Donc non, un iPhone 11 ne récupérera pas toutes les annonces faites autour d’iOS 27. En revanche, il pourrait gagner quelque chose de beaucoup plus utile au quotidien : un système qui répond mieux, plus vif, plus léger.

Le fait qu’iOS 27 reste compatible avec l’iPhone 11 allonge aussi la vie de l’appareil. On arriverait alors à huit ans de prise en charge logicielle, et ce n’est pas rien au moment où les iPhone reconditionnés et les anciens modèles restent très demandés.

Un dernier point compte aussi : selon Apple, la nouvelle version de Siri ne sera pas lancée partout en même temps. Pas de sortie initiale dans l’Union européenne (UE) ni en Chine, pour des raisons réglementaires. Le démarrage se fera d’abord en bêta, uniquement en anglais, puis le français, le japonais, le coréen, le portugais et l’espagnol sont annoncés pour octobre 2026. Pour beaucoup d’utilisateurs, la vraie nouveauté d’iOS 27 ne sera donc peut-être pas une fonction spectaculaire. Ce sera simplement un iPhone qui retrouve enfin un peu de souffle.

Apple Watch Series 12 : Apple publie ses données santé

Apple affirme, dans un document de 9 pages publié à la suite d’une étude menée entre juillet et août 2026, que les Apple Watch Series 12 et Apple Watch Ultra 4 intègrent le « capteur de fréquence cardiaque le plus précis sur un appareil portable ». Dans ce document, la marque détaille aussi la manière dont elle a validé ses mesures, les appareils mis en comparaison et les résultats qu’elle dit avoir obtenus.

Apple Watch Series 12 : ce que promet le nouveau système de suivi santé

Au centre de cette annonce, Apple présente un nouveau « Health Sensing System ».

D’après l’entreprise, ce « Health Sensing System » réunit des capteurs cardiaques optiques (PPG) et électriques revus, des algorithmes de traitement du signal mis à jour, ainsi que la nouvelle puce S11.

Apple ne dit pas seulement que ce système doit afficher une fréquence cardiaque plus fiable pendant le sport. Il sert aussi de base à de nouvelles fonctions comme Recovery HRV et l’application Readiness, qui attribue un score de récupération de 0 à 10 à partir de l’activité, du sommeil et des signes vitaux, avec des recommandations comme « Recover » ou « Go For It ».

Autrement dit, Apple se rapproche encore un peu plus d’une approche déjà bien installée chez Garmin, Whoop et Oura.

La marque explique aussi avoir augmenté la fréquence des mesures.

D’après le document, la fréquence cardiaque peut être relevée toutes les 5 secondes au fil de la journée, tandis que la variabilité de la fréquence cardiaque, ou HRV, peut être échantillonnée jusqu’à une fois toutes les 5 minutes. L’idée avancée par Apple est simple : récupérer plus de données, et donc affiner le suivi par rapport aux générations précédentes.

Une étude menée sur 1 460 personnes, face à Garmin, Samsung et Oura

L’étude publiée par Apple indique que les essais ont été menés entre juillet et août 2026 sur cinq sites répartis entre les États-Unis et la Malaisie.

Au total, toujours selon Apple, 1 460 adultes ont été recrutés, et 1 254 ont fourni au moins une mesure appariée exploitable.

Pour servir de référence, Apple s’est appuyé sur une ceinture thoracique ECG Polar H10, un choix assez classique dans ce type de validation.

La marque explique aussi avoir comparé l’Apple Watch Series 12 à plusieurs appareils déjà bien installés sur le marché : Garmin Forerunner 970, Google Pixel Watch 4, Huawei Watch 5, Samsung Galaxy Watch 8, WHOOP 5 et Oura Ring 5.

Le protocole décrit par Apple couvrait des usages variés : course à pied, fractionné sur tapis, cyclisme, HIIT, musculation, mais aussi des activités beaucoup plus ordinaires comme le repos, le travail de bureau, la préparation des repas ou la marche.

Les résultats annoncés par Apple, et leurs limites

D’après Apple, l’Apple Watch Series 12 a affiché une précision globale statistiquement supérieure à celle de tous les appareils comparés, aussi bien pendant les entraînements que dans les activités de la vie courante.

Apple affirme avoir obtenu de meilleurs résultats dans 139 comparaisons individuelles sur 159.

Sur le papier, c’est impressionnant. Mais il faut quand même garder un peu de recul. Le document publié par Apple n’a pas, à ce stade, été relu publiquement sur le plan scientifique. Plus étonnant, les éléments disponibles laissent aussi penser que les données de nuit ou de sommeil ne faisaient pas partie du protocole détaillé.

Et même avec de meilleurs capteurs, ces montres restent des produits grand public, pas des dispositifs médicaux.

Autre point à suivre : toutes les nouveautés liées à la santé ne seront pas forcément disponibles partout au même moment.

Certaines fonctions, comme les notifications d’hypertension, pourraient encore attendre un feu vert réglementaire dans plusieurs pays.

Apple apporte donc, cette fois, davantage de chiffres pour appuyer ses ambitions dans la santé.

Reste une question : est-ce que ces gains de précision se traduiront vraiment, au quotidien, par une différence perceptible pour les utilisateurs ?

Trezor: deux fuites chez des prestataires, ses utilisateurs visés par des arnaques

Trezor, le fabricant de portefeuilles matériels pour cryptomonnaies, a signalé en août puis au début de septembre 2026 deux incidents distincts survenus chez des prestataires externes. Résultat, des données de clients et d’abonnés ont été exposées, puis une vague d’arnaques a visé ses utilisateurs. Trezor insiste sur un point: ni ses produits, ni les portefeuilles Trezor, ni ses systèmes internes n’ont été compromis.

Le risque, pourtant, est bien là pour les clients. Des informations personnelles ont circulé et elles servent maintenant à construire des attaques de phishing bien plus crédibles.

L’incident le plus récent touche Brevo, le prestataire d’emailing utilisé par Trezor. Après une cyberattaque chez ce fournisseur, environ 347 000 emails de phishing ont été envoyés aux abonnés de la newsletter de la marque, d’après Trezor.

Ces messages reprenaient le ton et l’apparence d’alertes de sécurité, avec des objets tels que « Critical Security Alert: STM32 Entropy Vulnerability ». Le but était d’amener les victimes vers une application ou une page frauduleuse pensée pour voler leurs identifiants de récupération, autrement dit les phrases de sauvegarde qui permettent de vider un wallet. Brevo a expliqué que les attaquants avaient eu accès à 138 comptes sur sa plateforme et qu’ils avaient profité d’autorisations trop larges. L’accès n’était pas assez cloisonné, ce qui leur a permis d’envoyer des messages à des organisations auxquelles ces comptes pouvaient accéder.

Cet épisode arrive à peine quelques semaines après une autre fuite, cette fois chez ShipMonk, le partenaire logistique de Trezor. Trezor a fini par préciser qu’environ 81 000 clients étaient concernés, dont près de 67 000 clients américains supplémentaires identifiés après les premières révélations.

Selon l’entreprise, certaines des données compromises remontaient jusqu’à novembre 2019. Parmi les informations exposées figuraient des noms, des adresses email, des numéros de téléphone et des adresses postales, soit un ensemble particulièrement sensible dans l’univers crypto, où la confidentialité fait souvent partie de la sécurité elle-même.

Et le problème ne se résume pas à quelques spams. Trezor dit que des campagnes convaincantes ont déjà été signalées sous plusieurs formes: emails, courriers postaux contenant des QR codes, appels frauduleux.

Plus inquiétant, encore, la divulgation d’adresses personnelles peut aussi faciliter des attaques physiques ciblées, parfois surnommées « attaques à la clé » à molette, dans lesquelles les victimes sont forcées de révéler leurs secrets de récupération. Trezor rappelle donc une règle de base: ne jamais saisir sa phrase de récupération ailleurs que sur le dispositif matériel lui-même, et se méfier de tout message non sollicité, même s’il semble venir de la marque. Mieux vaut rester très prudent.

Ces deux affaires mettent en lumière une faiblesse récurrente du secteur des portefeuilles matériels. Le point fragile ne se situe pas dans la cryptographie des appareils, mais dans le réseau de fournisseurs autour d’eux. D’autres acteurs ont déjà connu des incidents du même genre, comme SafePal, qui a indiqué qu’une fuite chez un partenaire d’expédition avait exposé près de 40 000 clients.

Trezor affirme revoir ses relations avec ses prestataires et prévient déjà ses utilisateurs que les adresses email compromises pourraient resservir dans de futures campagnes. En clair, même si les wallets Trezor n’ont pas été piratés, les effets de ces fuites risquent de durer longtemps.

Huawei : son procès pénal s’ouvre aux États-Unis avec 12 chefs d’accusation

Le procès pénal de Huawei s’est ouvert aujourd’hui aux États-Unis, devant un tribunal fédéral de Brooklyn, d’après la procédure engagée dans cette juridiction. Dans ce dossier, les procureurs américains décrivent le géant chinois des télécoms comme une « entreprise criminelle » qui aurait, pendant près de vingt ans, eu recours au vol, au mensonge et à diverses manœuvres de dissimulation pour faire grandir ses activités, selon l’accusation. L’affaire compte parmi les dossiers les plus sensibles du bras de fer technologique entre Washington et Pékin. Huawei y risque beaucoup, sur le terrain judiciaire comme sur celui de son image, alors que le groupe fait déjà l’objet de lourdes restrictions sur le marché américain.

HiSuite Télécharger

Procès Huawei aux États-Unis : ce que reproche la justice américaine

Huawei fait face à 12 chefs d’accusation, d’après l’acte d’inculpation. Le document vise notamment un complot de racket, un complot destiné à voler des secrets commerciaux, de la fraude électronique, de la fraude bancaire, ainsi que des violations liées aux sanctions au titre de l’International Emergency Economic Powers Act.

Pour l’accusation, on n’est pas face à une série d’incidents isolés, ni à des fautes commises par quelques salariés agissant seuls.

Les procureurs défendent une autre thèse : les pratiques reprochées auraient relevé d’un effort organisé à l’échelle de l’entreprise, avec un objectif clair, donner à Huawei un avantage concurrentiel sur le marché mondial des télécoms.

Vol de secrets industriels : Cisco et T-Mobile au cœur du dossier

Une partie essentielle du procès repose sur des accusations de vol de propriété intellectuelle au détriment de cinq entreprises américaines, selon l’accusation.

Parmi les exemples cités par les procureurs figurent le code source du système d’exploitation de routeurs de Cisco, mais aussi le célèbre bras robotisé utilisé par T-Mobile pour tester des smartphones.

D’après le gouvernement américain, Huawei aurait cherché à mettre la main sur des informations confidentielles pour aller plus vite dans son développement technologique et commercial.

L’accusation soutient aussi qu’un système de primes récompensait les employés capables de récupérer des informations sensibles sur les technologies de groupes concurrents.

La défense, elle, conteste frontalement cette version.

Les avocats de Huawei affirment que ce dossier relève de la concurrence, pas d’une conspiration criminelle, et que la réussite du groupe tient d’abord à l’innovation, à la recherche, au développement et à une expansion internationale menée de façon classique.

Selon eux, les procureurs essaient de transformer en infractions pénales des pratiques ordinaires du commerce mondial.

Iran, Skycom et accusations de fraude bancaire

L’autre grand pan du procès porte sur les activités de Huawei en Iran.

Les procureurs accusent Huawei d’avoir eu recours à Skycom pour faire des affaires dans le pays, puis d’avoir trompé des banques sur la nature réelle de cette relation afin de faire transiter des millions de dollars par le système financier américain malgré les sanctions imposées par Washington.

Ce volet pourrait peser encore davantage avec les éléments liés à Meng Wanzhou, directrice financière de Huawei.

En 2021, Meng Wanzhou a conclu un accord de poursuite différée avec la justice américaine. Dans ce cadre, elle a reconnu avoir fait de fausses déclarations à une institution financière internationale au sujet des activités de Huawei en Iran, selon les termes de cet accord.

Un juge américain a décidé que ces déclarations pourraient être utilisées pendant le procès, d’après la procédure judiciaire.

Un procès très politique sur fond de tensions technologiques sino-américaines

Le procès s’ouvre sur fond de tensions géopolitiques déjà fortes.

Huawei est largement tenu à l’écart du marché américain. Ses fournisseurs doivent obtenir des autorisations pour lui exporter des technologies d’origine américaine, et plusieurs alliés de Washington ont eux aussi restreint l’usage de ses équipements télécoms.

Pékin, de son côté, dénonce depuis longtemps une campagne de répression dirigée contre une entreprise chinoise.

Fait assez singulier, aucun dirigeant de Huawei n’est actuellement jugé dans cette procédure.

Le procès devrait durer environ trois mois, d’après la procédure suivie au tribunal fédéral de Brooklyn. Mais ses conséquences pourraient dépasser largement la salle d’audience, en pesant à la fois sur l’avenir commercial de Huawei et sur la rivalité technologique entre les États-Unis et la Chine.

WhatsApp prépare « Restricted Chat » : certaines conversations resteraient sur le téléphone principal

WhatsApp, la messagerie de Meta, travaille en ce moment sur « Restricted Chat », une nouvelle option de confidentialité repérée dans ses versions de test. Le principe serait simple : garder certaines conversations uniquement sur le téléphone principal de l’utilisateur. Si elle est activée, ces échanges ne seraient plus synchronisés vers WhatsApp Web, un deuxième téléphone ou les autres appareils liés au compte. De quoi éviter qu’un message sensible s’affiche sur un ordinateur partagé, sur une session Web oubliée ouverte ou sur un appareil secondaire moins bien protégé.

WhatsApp Télécharger

D’après ce qu’a repéré WABetaInfo dans la bêta Android de WhatsApp, « Restricted Chat » serait une fonction facultative, à activer au cas par cas. Donc pas un mode général appliqué à toute l’application, mais un réglage plus précis, pensé pour certains contacts ou certains groupes, et pas pour tout le reste.

WhatsApp semble chercher quelque chose de très concret ici : offrir un niveau de confidentialité plus fin, adapté à de vrais usages, sans alourdir l’expérience au quotidien.

Cette nouveauté ne remplacerait pas « Advanced Chat Privacy ». Elle viendrait s’ajouter à ce qui existe déjà. WhatsApp a d’ailleurs commencé, d’après ses propres annonces, à déployer des protections qui empêchent notamment l’exportation des discussions et l’enregistrement automatique des médias dans la galerie.

Avec « Restricted Chat », l’idée irait un peu plus loin, avec un but assez clair : isoler certaines conversations, pas seulement limiter ce qu’il est possible d’en faire une fois les messages reçus. Pour les utilisateurs, la différence compte. Les réglages actuels protègent déjà le contenu après réception. Ce futur mode, lui, viserait aussi la circulation même de la conversation entre les appareils.

Pour l’instant, la fonction n’est pas encore accessible au public et Meta n’a donné aucune date de lancement. Sa présence dans une bêta Android confirme qu’elle est bien en développement, pas qu’elle arrivera tout de suite. Et ce genre de fonction peut encore évoluer avant un déploiement plus large, souvent progressif, d’abord sur une plateforme puis sur les autres.

Mieux vaut donc rester prudent. Nous vous tiendrons informés.

Cette évolution s’inscrit dans un mouvement plus large chez WhatsApp autour de la confidentialité. Ces derniers mois, l’application a multiplié les outils censés mieux protéger ses utilisateurs, y compris les profils les plus exposés, comme les journalistes, les militants ou les personnes à risque.

Selon Meta, WhatsApp compte plus de 2,9 milliards d’utilisateurs et reste l’un des services de messagerie chiffrés de bout en bout les plus utilisés au monde. Fait un peu paradoxal, ce chiffrement ne règle pas tout sur le terrain de la confidentialité : des métadonnées, comme les contacts ou les horaires d’échange, continuent d’alimenter les inquiétudes.

Au fond, « Restricted Chat » ne transformerait pas WhatsApp en coffre-fort absolu. En revanche, la fonction répondrait à une demande de plus en plus nette : pouvoir choisir avec précision quelles conversations méritent un niveau de protection supplémentaire.