D’après les résultats trimestriels publiés par Alphabet, le groupe a généré 127,6 milliards de dollars de chiffre d’affaires sur le trimestre, soit une hausse de 25 % sur un an. Pourtant, en après-Bourse, l’action Alphabet perdait plus de 10 % après la publication. Le chiffre d’affaires comme le bénéfice par action, ressorti à 2,12 dollars, sont restés sous les attentes du marché. Et surtout, le flux de trésorerie disponible est tombé à -9,1 milliards de dollars, après déjà -5,9 milliards au trimestre précédent.
Résultats Alphabet : la trésorerie se dégrade, les dépenses explosent
C’est ce point-là qui inquiète le plus les investisseurs.
Alphabet enchaîne un deuxième trimestre de flux de trésorerie disponible négatif, une situation peu habituelle pour un groupe longtemps vu comme une machine à cash presque inépuisable.
L’explication principale est assez claire : les investissements ont explosé. Sur le trimestre, les dépenses d’investissement ont atteint 51,4 milliards de dollars, en grande partie à cause de l’infrastructure de calcul et des stocks de puces TPU développées en interne.
La directrice financière d’Alphabet, Anat Ashkenazi, a reconnu que ces achats pèsent sur la trésorerie à court terme. Et visiblement, le plus haut point n’est pas encore derrière le groupe : Alphabet vise désormais entre 195 et 205 milliards de dollars de dépenses sur l’exercice fiscal. Le groupe prévient aussi que le niveau restera « nettement supérieur » l’an prochain, pour continuer à étendre ses capacités.
Croissance solide, rentabilité sous pression
Sur le fond, l’activité tient bien. Google Search continue d’avancer, et les dirigeants assurent que les nouvelles fonctions de recherche alimentent la plus forte progression des requêtes depuis cinq ans. Même mouvement du côté des abonnements premium, dont la demande continue de monter.
Mais dans les comptes, tout cela ne se reflète pas encore de la même façon. Google admet que son mode de recherche enrichi rapporte aujourd’hui moins par requête que les formats classiques.
Le groupe compte donc augmenter petit à petit la densité publicitaire dans ces nouveaux formats, ainsi que dans les aperçus enrichis affichés dans les résultats.
Côté rentabilité, le recul est net. Le bénéfice net est tombé à 26,2 milliards de dollars, contre 35,0 milliards un an plus tôt, notamment en raison d’une perte de 8,7 milliards sur des participations financières.
Le cloud sauve la dynamique, mais le bilan se tend
Le vrai moteur de croissance du trimestre, c’est le cloud. Google Cloud a bondi de 103 % sur un an, à 30,7 milliards de dollars, porté par la demande en services de calcul et en logiciels avancés.
Pour Alphabet, cette division s’impose plus que jamais comme un pilier de la stratégie de monétisation des nouveaux outils du groupe.
En parallèle, le bilan devient plus lourd à surveiller. La dette à long terme a grimpé à 125,1 milliards de dollars, tandis qu’Alphabet a fait état d’environ 1.000 milliards de dollars d’engagements d’achats futurs.
Fait assez curieux, le lancement de Gemini 4 Carbon, présenté comme le modèle le plus avancé du groupe pour les usages complexes et la cybersécurité, est presque passé au second plan. C’était pourtant la nouveauté technologique censée occuper le devant de la scène.
Au final, ce sont les coûts, la trésorerie et les questions de monétisation qui ont dominé la soirée.
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