De faux gameplays de GTA VI tournent déjà partout sur TikTok et Instagram, avec des compteurs qui montent à plusieurs millions de vues, alors que le jeu n’est attendu qu’en novembre. Les joueurs, eux, attendent toujours une vraie bande-annonce de gameplay. En attendant, l’absence d’images officielles laisse un trou béant, et ce sont ces publications opportunistes qui s’y engouffrent.
Les exemples ne manquent pas. Sur Instagram, une vidéo montrant un yacht dans un décor qui imite l’esthétique de GTA 6 a dépassé 1,1 million de vues. Une autre, centrée sur un personnage en train de surfer, est montée à 1,2 million de vues avec environ 33 000 likes. Et sur TikTok, un clip où l’on voit un personnage entrer dans une voiture a carrément atteint 4,4 millions de vues, pour près de 120 000 likes.
Sauf que l’illusion ne tient, en général, que quelques secondes.
On remarque vite des fautes d’orthographe, des éléments du décor qui changent de forme d’un plan à l’autre, des perspectives impossibles, des animations qui se cassent, et parfois du texte incohérent affiché à l’écran. Certaines voitures ont même l’air de se tordre en roulant, comme si la vidéo n’avait pas réussi à masquer ses raccords.
Et pourtant, ces chiffres ne veulent pas forcément dire que le public se fait avoir en masse. Sous beaucoup de ces posts, les commentaires se moquent surtout du résultat : « GTA 6 mais version Temu », « c’est quoi cette horreur », ou des messages qui pointent tout de suite les bugs visuels les plus grossiers. Ces clips attrapent l’œil, oui. La crédibilité, beaucoup moins.
L’explication n’a rien de compliqué : ce genre de vidéo coûte peu à produire, se fabrique vite, et repose sur un sujet dont l’intérêt est assuré d’avance. GTA 6 fait partie des jeux les plus attendus de la décennie. Forcément, c’est une cible idéale pour des contenus pensés pour nourrir l’algorithme bien plus que pour informer qui que ce soit.
Les plateformes, au fond, amplifient encore le phénomène : dans une étude plus large, Kapwing expliquait que 21 % des vidéos recommandées à de nouveaux utilisateurs sur YouTube relevaient de contenu automatisé de mauvaise qualité.
Rockstar Games et sa maison mère, Take-Two Interactive, n’ont d’ailleurs aucune envie de voir leur nom collé à cette vague. Certaines publications devenues virales sur X, l’ex-Twitter, ont déjà été retirées pour atteinte aux droits d’auteur. Et Strauss Zelnick, le PDG de Take-Two Interactive, a affirmé que ce type d’outils n’avait « aucun rôle » dans la création de GTA 6, en rappelant que l’univers du jeu était entièrement façonné à la main.
Le rejet ne s’arrête pas au seul cas de GTA 6. D’après Sprout Social, 66 % des consommateurs disent faire plus attention à ce qu’ils regardent sur les réseaux à cause du contenu bas de gamme, tandis que la génération Z masque ou bloque plus facilement les comptes qui en abusent. Dans l’industrie du jeu, le sujet reste tout aussi sensible : un rapport de la Game Developers Conference 2026 (GDC 2026) indiquait que 52 % des développeurs jugent ces outils nuisibles pour le secteur. Bref, mieux vaut garder un peu de recul.
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