Hacks, la comédie de Max imaginée par Lucia Aniello, Paul W. Downs et Jen Statsky, s’est arrêtée au bout de cinq saisons. Et pour beaucoup, son tout dernier épisode est aussi le meilleur de toute la série. Le cas est assez rare pour être signalé dans le streaming : Hacks n’a pas seulement tenu la distance, elle s’est aussi terminée quand il le fallait, sans cette impression de saison en trop ou, à l’inverse, de fin expédiée.
Au départ, l’idée tient en quelques lignes. Deborah Vance, immense figure du stand-up à Las Vegas, sent sa carrière vaciller et doit faire équipe avec Ava Daniels, une jeune autrice mise au ban après un bad buzz. De cette collaboration forcée naît tout ce qui fait la série : du mentorat, de la rivalité, une forme de dépendance réciproque, parfois toxique, souvent brillante. C’est à travers Deborah et Ava que Hacks a trouvé sa vraie matière. Pas seulement un conflit de générations, mais aussi une manière de regarder en face l’industrie du divertissement, sa cruauté, l’âgisme, la nécessité de se réinventer, et la place très particulière de l’humour, à la fois art et machine économique.
Côté critique, peu de comédies récentes peuvent se vanter d’une telle constance. Sur l’ensemble de ses saisons, Hacks affiche 99 % sur Rotten Tomatoes, d’après Rotten Tomatoes.
Et la saison 5 a fait encore plus fort, presque curieusement, avec un score parfait de 100 % sur Rotten Tomatoes, au même niveau que les saisons 1 et 2. Les saisons 3 et 4, elles, avaient obtenu 98 % puis 97 %, toujours selon Rotten Tomatoes. Le final a achevé de convaincre les derniers sceptiques en devenant l’épisode le mieux noté de toute la série sur IMDb.
Beaucoup de critiques ont parlé d’une conclusion « magnifique », « puissante », voire quasiment parfaite. Tout le monde n’a pas réagi de la même façon pour autant. Certaines voix ont trouvé la série un peu plus douce qu’à ses débuts, d’autres ont été moins convaincues par certains choix dramatiques de la fin. Rien de massif, cela dit. L’ensemble des retours reste très largement enthousiaste.
Le triomphe de Hacks ne s’est pas joué uniquement dans les articles et les notes agrégées. La série a aussi remporté 12 Primetime Emmy Awards, et Jean Smart y a ajouté quelque chose de franchement rare : quatre Emmy d’affilée pour la meilleure actrice dans une comédie, selon Max.
En 2024, la saison 3 a même interrompu la série de victoires de The Bear en remportant l’Emmy de la meilleure série comique, toujours selon Max. Et l’effet des récompenses s’est vu très concrètement sur l’audience. D’après Max, après les Emmy 2024, le temps de visionnage de la saison 1 aux États-Unis a été multiplié par plus de dix. Selon Luminate, la saison 3 est aussi devenue le programme original non HBO le plus regardé de Max au premier semestre 2024.
Il y a aussi un autre point qui distingue Hacks de beaucoup de séries de plateforme. Selon Max, ses créateurs disent qu’ils connaissaient déjà la fin au moment du pitch initial. Et, rétrospectivement, ça se sent. Cette vision au long cours donne aujourd’hui à l’ensemble une vraie cohérence. À une époque où les annulations tombent sans prévenir et où tant de fins ressemblent à des sorties de secours, Hacks rappelle qu’une série peut encore s’achever au sommet, en laissant derrière elle cette impression devenue rare : celle d’avoir raconté exactement l’histoire qu’elle avait à raconter.