Pour Noël 2026, Hans Zimmer signera la bande originale de la future série Harry Potter de HBO Max. Et il l’assume déjà : il veut se tenir « aussi loin que possible » de l’empreinte laissée par John Williams. Son idée est claire, écrire quelque chose de totalement neuf pour ce reboot. Le choix est audacieux, forcément, quand on sait que « Hedwig’s Theme » reste, plus de vingt ans après son apparition, l’un des thèmes les plus immédiatement reconnaissables du cinéma moderne.
Ce n’est pas un détail. La musique de John Williams est tellement liée à l’univers du sorcier que, pour beaucoup, quelques notes suffisent encore à faire revenir Poudlard, les hiboux, la magie, tout un imaginaire.
Forcément, la nouvelle partition part avec un sacré poids sur les épaules.
Zimmer ne sera d’ailleurs pas seul aux commandes. Il travaille sur la musique de la série avec Kara Talve et Anže Rozman, deux compositeurs issus de Bleeding Fingers Music.
L’idée n’est pas de reprendre les leitmotivs des films ni de leur donner un simple coup de neuf. Le but, c’est de bâtir une identité sonore propre à cette adaptation télévisée, quelque chose qui lui appartienne vraiment.
Et ça va dans le sens de la stratégie plus large de HBO Max. Le projet a été pensé comme une relecture fidèle, mais distincte, des romans, avec plusieurs saisons , une par livre, pour laisser plus de place aux personnages, aux atmosphères et aux arcs narratifs.
Musicalement, le terrain devient tout de suite plus intéressant. Une série de ce format permet d’installer de nouveaux thèmes récurrents, de travailler des motifs plus fins, puis de les faire évoluer sur la durée, ce qu’un cycle de films rendait moins simple.
L’ombre de John Williams, elle, reste immense. Sa musique pour Harry Potter est devenue la référence absolue de la saga. Pour une partie des fans, toucher à cet ADN sonore a presque quelque chose du sacrilège.
D’autres y voient au contraire une nécessité. Sans nouvelle partition, la série risquerait de ne jamais exister pleinement par elle-même, de rester bloquée dans l’ombre des huit longs-métrages.
Ce qui est assez frappant, c’est que Hans Zimmer rapproche ce défi de celui qu’il avait connu sur Man of Steel, sorti en 2013. Là aussi, il s’était retrouvé tétanisé à l’idée de passer après un autre monument signé John Williams, cette fois sur Superman.
D’après Zimmer, c’est Zack Snyder qui l’aurait aidé à sortir de cette impasse avec une phrase toute simple : « Ce n’était qu’un film. » Le compositeur a souvent raconté que cette remarque l’avait libéré. Elle lui avait rappelé qu’une bande originale fonctionne mieux quand elle naît du plaisir de créer que de la peur de trahir un héritage.
Sa méthode sur Harry Potter semble suivre cette ligne très exactement : respecter ce qui a existé avant, sans chercher à le reproduire.
La série Harry Potter de HBO Max est, pour l’instant, annoncée pour Noël 2026. Francesca Gardiner en sera la showrunneuse, et Mark Mylod doit en assurer la réalisation.
L’annonce de la participation de Hans Zimmer provoque déjà des réactions partagées. D’un côté, il y a l’enthousiasme suscité par un nom aussi prestigieux. De l’autre, l’inquiétude de ceux qui restent très attachés à la partition de John Williams. Une chose, en revanche, semble assez nette : si ce reboot veut vraiment s’imposer comme une nouvelle version de Harry Potter, il lui faudra aussi sa propre musique.
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