En 2026, Hyundai Motor Group s’apprête à mettre la main sur la totalité de Boston Dynamics, la société américaine de robotique à l’origine de Spot et d’Atlas. D’après plusieurs sources concordantes, le groupe sud-coréen va racheter à SoftBank la part qu’il lui reste. Si l’opération se confirme, Hyundai détiendra 100 % du capital de l’entreprise et refermera un dossier ouvert depuis des années.
Hyundai possédait déjà 80 % de Boston Dynamics depuis juin 2021, à l’issue d’une transaction qui valorisait alors la société autour de 1,1 milliard de dollars. Cette dernière étape change moins la façade que le contrôle réel : le groupe allège sa gouvernance et pousse encore plus loin un choix stratégique clair, celui de la robotique.
Toujours selon ces mêmes sources, SoftBank a activé une option de vente sur les actions qu’il détenait encore. Le mécanisme était prévu dès le montage conclu en 2020, quand Hyundai est entré au capital. Les modalités financières précises n’ont pas été dévoilées, mais les estimations de marché évaluent cette part restante à environ 9,65 %, pour un montant situé entre 325 et 335 millions de dollars.
Vu de loin, le rachat peut sembler modeste. En pratique, il donne surtout à Hyundai les mains libres sur les investissements, la feuille de route des produits et les prochains déploiements industriels.
Chez Hyundai, la robotique n’est plus un sujet annexe. Depuis plusieurs années, le groupe essaie de se redéfinir comme un fournisseur de solutions de mobilité intelligente, avec un terrain de jeu qui dépasse largement l’automobile : industrie, logistique, sécurité, services.
Le contrôle intégral de Boston Dynamics devrait aussi accélérer la mise sur le marché des machines du groupe. Spot, déjà utilisé pour l’inspection industrielle et certaines missions de surveillance, pourrait trouver plus de place dans l’univers Hyundai. Et surtout, le constructeur compte avancer plus vite sur Atlas, le robot humanoïde de Boston Dynamics, sans les frictions qu’entraîne la présence d’un actionnaire minoritaire.
Hyundai a d’ailleurs montré au CES 2026 une nouvelle version d’Atlas, entièrement électrique, avec un objectif très concret : l’installer dans son usine de véhicules électriques en Géorgie à partir de 2028. Les premiers usages visés portent sur le séquençage des pièces. Ensuite viendrait une montée en charge vers des tâches d’assemblage plus complexes, à l’horizon 2030.
Les ambitions industrielles affichées sont élevées, elles aussi : une capacité annuelle qui pourrait grimper jusqu’à 30 000 robots humanoïdes. Si le groupe tient ce rythme, Hyundai pourrait faire partie des tout premiers grands constructeurs à intégrer des robots humanoïdes à grande échelle dans sa chaîne de production.
Sur le papier, ce rachat à 100 % lui donne davantage de marge pour piloter dans la durée, et peut-être, un jour, préparer une introduction en Bourse de la filiale. Mieux vaut quand même garder un peu de recul.
La fiabilité, la sécurité, le coût réel face à un salarié ou à une automatisation plus classique, sans parler de la refonte des processus de travail dans les usines, tout cela reste ouvert. S’ajoutent à cela les craintes sociales liées au remplacement possible de certains emplois. Pour Hyundai, le défi est donc assez simple à formuler, beaucoup moins à résoudre : faire de l’avance technologique de Boston Dynamics une activité réellement rentable, sans se raconter d’histoires sur la vitesse à laquelle le marché suivra.