Lanterns bouscule le mythe Green Lantern dans le final de sa saison 1, en faisant de John Stewart un Green Lantern qui n’obéit qu’à ses propres règles. Dans le dernier épisode, John recharge son anneau grâce à la nouvelle lanterne forgée par Sinestro et prononce un serment inédit, sans passer par la sélection classique du Green Lantern Corps.
Le signal envoyé par la série est limpide. Cette version de John Stewart ne se contente pas d’intégrer les Green Lanterns, elle est déjà en train d’en déplacer la définition. Le cliffhanger final ne sert donc pas seulement à préparer la suite, il touche à l’un des piliers du canon DC et le fait bouger.
Lanterns change le canon de Green Lantern avec John Stewart
C’est là que se situe la vraie cassure du final. John Stewart utilise une lanterne créée par Sinestro pour réalimenter son anneau, alors même qu’un « Halogram » l’avait clairement mis en garde contre cet objet plus tôt dans la série.
Ce qu’entraîne exactement cette énergie, on ne le sait pas encore. Et la série appuie bien sur ce point : John Stewart prend un risque réel, même s’il le fait pour défendre la Terre.
Ce geste change de fond en comble la logique habituelle des Green Lanterns. Dans les comics DC, John Stewart est normalement choisi par un anneau du Green Lantern Corps.
Ici, c’est lui qui s’impose comme Green Lantern, avec un pouvoir qui a l’air de contourner à la fois l’autorité des Gardiens et les règles établies.
Une lanterne jaune, liée à la peur, qui rappelle un pan crucial des comics
La nouvelle lanterne de Sinestro n’a rien d’un accessoire anodin. Forgée sur la planète d’origine d’Antaan après une contamination provoquée par le Manhunter Zoe, elle montre dans la série des stries jaunes très marquées.
Dans l’univers DC, cette couleur renvoie directement à la peur. Et c’est précisément la thèse que défend Sinestro dans Lanterns : la peur n’est pas une faiblesse, c’est une force, à condition de savoir s’en servir.
Un détail frappe d’ailleurs assez vite. Lanterns ne prononce jamais le nom de Parallax, alors que tout semble y conduire. Dans les comics DC, cette entité incarne la peur et se trouve au centre de l’ancienne « impureté jaune » que les Gardiens ont longtemps cachée dans la Batterie Centrale d’Oa.
Le rapprochement pèse d’autant plus lourd que la série a déjà installé un motif récurrent : les Gardiens cachent des vérités majeures, en particulier sur l’histoire des Manhunters.
Un serment qui évoque déjà le Sinestro Corps
Le serment récité par John Stewart ne sonne pas du tout comme l’orthodoxie des Green Lanterns. Dans son ton comme dans sa formulation, il évoque bien davantage l’imaginaire du Sinestro Corps, cette faction des comics DC alimentée par des anneaux jaunes et par la puissance de la peur. D’après plusieurs retours autour de la série, ce parallèle serait d’ailleurs entièrement assumé.
On parle donc de plus qu’un simple nouveau pouvoir. Lanterns est déjà en train de poser les fondations d’une réécriture plus large de la mythologie cosmique de DC.
Une nouvelle origine pour John Stewart, et des conséquences pour le DCU
Et cette réinvention ne commence pas uniquement dans le final. Dans Lanterns, John Stewart n’est plus seulement l’homme choisi par un anneau : depuis l’enfance, ses parents l’ont préparé à devenir Green Lantern.
La série mêle aussi deux facettes du personnage. D’un côté, son héritage d’architecte hérité des comics. De l’autre, son identité de Marine, popularisée par le dessin animé Justice League.
Ce qui rend tout ça plus important encore, c’est que ces changements n’ont pas l’air de rester cantonnés à la série. John Stewart doit également apparaître dans le film Man of Tomorrow, ce qui laisse penser que son nouveau statut aura des conséquences directes sur le DCU dans son ensemble.
Pour HBO, le pari a l’air de fonctionner. Lanterns aurait réuni environ 19 millions de spectateurs par semaine dans le monde, d’après les informations qui circulent autour de la série. Au moment où nous écrivons ces lignes, une saison 2 serait déjà entrée dans les premiers stades du développement, sans avoir encore été officialisée.
Damon Lindelof et Tom King, les co-créateurs de la série, ne reviendraient pas non plus à l’écriture pour la suite, si l’on s’en tient aux informations disponibles pour l’instant. Prudence, donc. On vous tiendra au courant.