Douze ans après sa première diffusion, « Days of Future Future », programmé le 13 avril 2014 comme 18e épisode de la saison 25 des Simpson, traîne toujours une sale réputation chez une partie des fans comme chez plusieurs critiques. Et le reproche qui revient le plus souvent ne concerne pas tant sa dimension science-fictionnelle que son incapacité à dérouler un récit lisible, avec une vraie cohérence émotionnelle.
Quand l’épisode a été diffusé, le 13 avril 2014, comme 18e volet de la saison 25, on sentait bien qu’il voulait frapper fort.
Le problème, c’est qu’à vouloir caser trop d’idées à la fois, « Days of Future Future » donne vite l’impression de partir dans tous les sens, sans jamais trouver une ligne claire ni un ton qui tienne jusqu’au bout.
Pourquoi « Days of Future Future » reste un raté de science-fiction chez les Simpson
Ce qui est assez frappant, c’est que le reproche principal n’a jamais vraiment porté sur son manque de crédibilité.
Après tout, Les Simpson ont toujours eu un faible pour l’absurde, les visions du futur et les gadgets invraisemblables.
Là où ça coince, pour beaucoup de critiques et de spectateurs, c’est ailleurs : l’épisode entasse plusieurs intrigues très ambitieuses, puis ne trouve jamais la bonne façon de les faire tenir ensemble.
On voit Homer mourir plusieurs fois avant d’être cloné, Lisa enfermée dans un mariage malheureux avec un Milhouse zombifié, et Bart face à un futur d’après-divorce avec Jenda.
Sur le papier, il y avait là de quoi faire un très bon épisode de science-fiction comique, quelque chose d’un peu fou mais parfaitement assumé.
À l’écran, ce qui domine, c’est surtout une sensation de désordre.
Cette construction en morceaux crée aussi une vraie dissonance de ton.
L’épisode enchaîne les gags macabres autour de la mort de Homer, puis bifurque vers des moments de sincérité familiale, sans réussir à donner une unité à l’ensemble.
C’est ce mélange maladroit d’humour noir et d’émotion appuyée qui a fini par braquer durablement une partie du public.
Le twist de la simulation, résumé presque parfait de ce qui a déraillé
Le choix qui a sans doute suscité le plus de rejet reste la révélation selon laquelle une grande partie de l’histoire n’était qu’une simulation dans l’esprit de Bart.
Pour beaucoup de spectateurs, ce retournement ressemble surtout à un artifice de dernière minute. Au lieu d’épaissir les enjeux, il en efface une bonne partie.
Ce genre de twist peut très bien fonctionner quand il rebat intelligemment les cartes de tout ce qu’on vient de voir.
Ici, beaucoup y ont surtout lu une échappatoire un peu facile.
Dennis Perkins, dans The A.V. Club, avait d’ailleurs décrit l’épisode comme « scattershot », en le rapprochant d’un empilement de blagues de Futurama laissées de côté.
Face aux meilleurs épisodes futuristes, la comparaison ne lui rend pas service
Le décalage saute d’autant plus aux yeux que Les Simpson ont déjà montré qu’ils savaient réussir ce genre d’exercice.
« Lisa’s Wedding » et « Holidays of Future Passed » reviennent souvent dans les discussions, chez les fans comme dans la critique, comme des contre-exemples parlants : des épisodes tournés vers le futur, oui, mais mieux construits, plus émouvants et plus cohérents dans leur manière de regarder la famille Simpson.
Là où ces épisodes se servaient du futur pour creuser les personnages, « Days of Future Future » donne souvent l’impression de traiter ses idées de science-fiction comme une simple suite de sketches.
Au bout du compte, l’épisode marque moins par ce qu’il raconte que par la confusion qu’il laisse derrière lui.
La série, depuis, a continué à tester le terrain de la science-fiction, mais plutôt dans des formats plus autonomes ou plus proches de l’esprit « Treehouse of Horror ».
Et le fait qu’aucune vraie suite à cette chronologie n’ait réellement vu le jour ressemble presque à une forme d’aveu discret. Même Springfield, au fond, a eu l’air de préférer passer à autre chose.