L’Ombre et la proie, le thriller d’aventure sorti en 1996 avec Val Kilmer et Michael Douglas, arrive aujourd’hui sur Paramount+ aux États-Unis, d’après la plateforme.
Ailleurs aussi, le film refait surface: en France, au Royaume-Uni, au Canada, en Allemagne et au Japon, il est proposé à la location ou à l’achat sur Apple TV et Prime Video.
Presque trente ans après sa sortie en salles, il a donc une vraie chance de toucher un public bien plus large que celui qu’il avait trouvé à l’époque.
Et c’est plutôt une bonne nouvelle. La nostalgie pour le cinéma d’action et de survie des années 1990 n’a pas faibli, alors que ce long métrage est longtemps resté dans un entre-deux, peu connu du grand public malgré la place à part qu’il occupe chez beaucoup d’amateurs du genre.
Réalisé par Stephen Hopkins, sur un scénario du lauréat aux Oscars William Goldman, L’Ombre et la proie s’appuie sur une histoire vraie qui a de quoi glacer.
En 1898, pendant la construction d’une ligne de chemin de fer à Tsavo, au Kenya, deux lions auraient attaqué puis tué de nombreux ouvriers.
Val Kilmer y joue l’ingénieur chargé du chantier. Michael Douglas, lui, incarne un chasseur presque légendaire appelé pour traquer les prédateurs. Douglas figurait d’ailleurs aussi parmi les producteurs, ce qui disait déjà pas mal des ambitions du projet à l’époque.
Le film résonne encore aujourd’hui.
Les lions de Tsavo n’ont jamais cessé d’intriguer les scientifiques. Une étude récente publiée dans Current Biology, fondée sur l’analyse ADN de leurs dents, a confirmé qu’ils avaient bien consommé des humains, mais aussi d’autres proies, notamment des girafes, des zèbres et des gnous. Les chercheurs estiment également que les deux lions étaient probablement frères.
À sa sortie, L’Ombre et la proie n’avait rien d’une petite production.
Son budget était évalué à 55 millions de dollars, et le film a rapporté environ 75 millions dans le monde, dont 38,6 millions sur le seul marché nord-américain.
Ce qui surprend, c’est que malgré ce score tout à fait honorable et un Oscar du meilleur montage sonore, l’accueil critique est resté partagé: certains ont salué le suspense, l’atmosphère oppressante et les scènes d’attaque; d’autres ont trouvé l’ensemble inégal.
Les années, pourtant, lui ont plutôt donné raison.
Sans être un classique majeur, L’Ombre et la proie revient souvent quand on parle des thrillers sous-estimés des années 1990, en grande partie grâce à son duo de stars, à ses décors africains saisissants et à cette tension qui ne lâche presque jamais.
Son retour sur les plateformes pourrait bien, cette fois, lui offrir le public qu’il mérite enfin.
Suivez-moi sur Twitter : @pierrevitre