D’après Marvel, le Midnight Universe démarrera le 7 octobre 2026 avec Midnight Spider-Man, Midnight X-Men et Midnight Fantastic Four. Cette nouvelle ligne reprend plusieurs héros majeurs de l’éditeur sous un angle gothique, organique et dystopique. Et, pour l’instant, c’est surtout la version de Peter Parker qui fait parler.
Midnight Spider-Man : une origin story horrifique pour Peter Parker
Dans Midnight Spider-Man, Marvel reprend l’origine du héros et la pousse du côté de la tragédie corporelle pure. Peter Parker a 17 ans. Il vit dans un monde aux accents cyberpunk, plombé par la pauvreté et par la corruption d’Oscorp, et la mort d’Uncle Ben y prend une forme bien plus atroce que dans les versions classiques.
Ici, Peter Parker n’a plus grand-chose du jeune surdoué new-yorkais que les lecteurs connaissent par cœur. Ses parents sont morts dans un incident lié à Oscorp. Depuis, il vit avec Uncle Ben, dans une situation financière tendue, pendant que ce dernier attaque l’entreprise en justice pour obtenir réparation.
Comme dans la mythologie traditionnelle de Spider-Man, la volonté de Peter Parker d’améliorer sa situation finit par déclencher la catastrophe. Sans l’accord d’Uncle Ben, il accepte un arrangement avec Oscorp après avoir été approché par Felicia Hardy.
Et cette Felicia Hardy n’a rien d’une simple alliée ambiguë. Elle est réinventée en vice-présidente des relations avec les talents d’Oscorp, une figure à la fois séduisante et manipulatrice, clairement chargée d’attirer Peter Parker dans l’orbite de la société.
Le détail le plus dérangeant est sans doute là. L’araignée génétiquement modifiée que Peter Parker ramène chez lui dans son sac ne s’attaque pas d’abord à lui, mais à Uncle Ben. La scène bascule alors franchement dans la body horror : gonflement, dégradation physique, saignements, puis, d’après plusieurs premiers retours, liquéfaction du corps avant que la créature ne fusionne avec Peter Parker. On est à des années de la morsure furtive, presque symbolique, des versions les plus connues.
Oscorp devient le vrai monstre du reboot Marvel
L’un des changements les plus marquants de ce reboot concerne justement le rôle d’Oscorp. Là où d’autres récits passaient par la criminalité de rue ou par des forces démoniaques comme Mephisto, Midnight Spider-Man fait de la mégacorporation le moteur central de la corruption. Oscorp n’est pas seulement l’entreprise à l’origine de l’accident. Elle devient aussi la tentation, le piège, et la source même du monstre.
Le scénariste Phillip Kennedy Johnson déplace ainsi le centre de gravité de Spider-Man. La responsabilité, bien sûr, reste là. Le cœur moral de Peter Parker et sa culpabilité comptent toujours autant. Mais la série pousse surtout une idée plus dure : le pouvoir fabrique des monstres. Toute la question est donc de savoir si Peter Parker peut encore rester humain alors même que son corps, et le monde autour de lui, glissent dans l’horreur.
Une nouvelle ligne Marvel déjà très surveillée
L’identité visuelle du titre suit la même logique. Midnight Spider-Man est écrit par Phillip Kennedy Johnson, dessiné par ScieTronc et mis en couleurs par Neeraj Menon. Dans ses premières présentations, Marvel cite des influences qui vont de David Cronenberg et John Carpenter au manga et à l’horreur japonaise, avec la promesse d’un aspect organique et grotesque encore plus poussé dans les épisodes à venir.
Marvel, d’ailleurs, ne vend pas ce projet comme un simple « et si ? ». D’après l’éditeur, le Midnight Universe est pensé comme une ligne interconnectée appelée à s’installer dans la durée.
Si l’on se fie aux premiers chiffres relayés par la presse spécialisée, les trois titres ont déjà dépassé le million d’exemplaires commandés, déclenché des retirages avant même leur sortie, et Midnight Spider-Man n° 1 se serait vite hissé parmi les meilleures ventes, avec des critiques globalement positives qui saluent son approche plus radicale du mythe. Mieux vaut quand même garder un peu de recul, mais le lancement est déjà observé de très près.