Mickey 17, le film de Bong Joon Ho, vient d’arriver sur HBO Max. Et aujourd’hui, il s’est aussi glissé dans le top 10 de Netflix sur certains marchés internationaux, d’après HBO Max et les classements visibles sur Netflix.
Pour un long-métrage qui était sorti sous le poids des attentes énormes liées au retour de Bong Joon Ho après Parasite, ce regain d’exposition change quand même pas mal de choses.
Quand il a quitté les salles, Mickey 17 traînait surtout une réputation de déception au box-office, alors même que l’accueil critique avait parfois été franchement emballé. Certains critiques sont allés jusqu’à parler de “stealth masterpiece”, autrement dit un grand film passé presque inaperçu.
Et côté chiffres, le verdict avait été sec. Avec un budget estimé autour de 118 millions de dollars et environ 133,3 millions de dollars de recettes mondiales, selon des estimations reprises un peu partout dans la presse spécialisée, Mickey 17 restait très loin des 236 à 295 millions de dollars généralement avancés comme seuil de rentabilité pour une production de cette taille. Ce retour par le streaming remet donc sous les projecteurs un film que sa propre campagne marketing n’avait, au fond, jamais vraiment su présenter.
Cette campagne avait d’ailleurs été jugée assez floue. En cause, surtout, sa difficulté à faire sentir le ton très particulier du film, coincé quelque part entre satire noire, comédie absurde et science-fiction existentielle. À cela se sont ajoutés plusieurs changements de date de sortie, ce qui aide rarement à créer un vrai rendez-vous avec le public.
Adapté de Mickey7, le roman d’Edward Ashton paru en 2022, Mickey 17 suit Mickey, un travailleur “remplaçable” embarqué dans une mission de colonisation spatiale. Son rôle est simple, et assez terrifiant: accomplir les tâches les plus dangereuses, mourir s’il le faut, puis être recréé par clonage avec ses souvenirs intacts.
À partir de là, Bong Joon Ho déploie une satire particulièrement acide sur l’identité, la déshumanisation du travail, l’exploitation par l’entreprise, le colonialisme et, plus largement, les dérives du capitalisme tardif. C’est aussi ce qui relie très directement Mickey 17 au reste de sa filmographie.
Robert Pattinson y joue à la fois Mickey 17 et Mickey 18, dans un double rôle que beaucoup ont salué. Sa performance, entre humour noir, gaucherie tragique et angoisse existentielle, revient souvent parmi les points les plus cités du film, et pour beaucoup parmi les meilleures de sa carrière récente.
Le film pousse aussi plus loin les obsessions de Bong Joon Ho autour de la lutte des classes et des inégalités, déjà centrales dans Snowpiercer et Parasite. La différence, ici, tient surtout à la manière: Mickey 17 est plus ample, plus appuyé, parfois plus désordonné aussi, mais sa satire est encore plus frontale.
Cette redécouverte tombe enfin à un bon moment pour Robert Pattinson. Ses prochains projets, Primetime, Dune: Part Three, The Odyssey et The Batman: Part II, entretiennent déjà une vraie curiosité autour de lui. De quoi amener de nouveaux spectateurs vers un film qui pourrait, avec le temps, finir par décrocher un vrai statut de culte dans le streaming.
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