Chez Capcom, l’idée est désormais assez nette : faire de Resident Evil un rendez-vous annuel. Un gros épisode inédit une année, un remake la suivante, avec l’idée de sortir un jeu de la série tous les ans.
Sur le papier, le plan tient en peu de mots : alterner nouveaux opus majeurs et remakes pour garder le rythme.
Pour la plus grosse franchise de Capcom, c’est ambitieux, mais c’est aussi un choix très concret. Masachika Kawata, producteur chez Capcom, a expliqué qu’un Resident Evil entièrement inédit chaque année, ce n’était pas réaliste, même pour une structure aussi bien rodée.
Du coup, les remakes occupent aujourd’hui une place beaucoup plus importante. Ils permettent à Capcom de faire vivre la marque régulièrement, tout en laissant plus de temps aux équipes qui travaillent sur les épisodes inédits pour peaufiner ce qu’elles ont à faire. Les remakes ne servent donc plus seulement à réveiller la nostalgie. Ils sont devenus un vrai pilier du calendrier Resident Evil, au même titre que les jeux principaux.
Beaucoup d’observateurs voient là un modèle de développement plus efficace. En faisant tourner remakes et nouveaux jeux, avec le RE Engine de Capcom en appui, l’éditeur peut mieux organiser sa production et rester présent de façon régulière sur le marché.
Sur le plan économique, il n’y a d’ailleurs rien de très surprenant. Les remakes récents de Resident Evil ont connu un vrai succès commercial et représentent désormais une source de revenus importante pour Capcom. Et cet argent ne sert pas seulement à financer les prochains Resident Evil : il aide aussi l’éditeur à faire avancer d’autres projets, y compris Pragmata, la nouvelle licence de Capcom.
Il suffit de regarder le poids de la série pour comprendre pourquoi Capcom y met autant d’énergie. D’après les chiffres communiqués en mai 2026, Resident Evil totalisait plus de 201 millions d’exemplaires vendus dans le monde. C’est la franchise la plus lucrative de l’éditeur. Toujours selon Capcom, Resident Evil Requiem, sorti en février 2026, a dépassé les 6 millions d’exemplaires vendus et s’est imposé comme l’épisode vendu le plus rapidement de toute l’histoire de la saga.
Ce qui est plus curieux, c’est que Capcom n’a pas encore réussi à tenir ce rythme de façon vraiment constante. Malgré cette ambition d’une sortie par an, aucun nouveau Resident Evil n’est arrivé en 2024 ni en 2025. La stratégie existe bien, ça ne fait guère de doute. En revanche, son exécution reste irrégulière. Le calendrier commence malgré tout à se préciser, avec un remake de Resident Evil Code: Veronica déjà confirmé pour 2027, signe que l’alternance entre remakes et nouveaux jeux devrait continuer.
Ce modèle a aussi son revers. Une partie des joueurs et des commentateurs craint une fatigue de la franchise, une baisse de qualité du côté des remakes, ou encore une pression plus forte sur les équipes. En parallèle, cette concentration sur les épisodes principaux et les remakes semble repousser des séries parallèles comme Resident Evil Revelations au second plan. Il faudra donc voir si ce rythme tient vraiment dans la durée. Mais du point de vue de Capcom, le calcul semble assez simple : tant que Resident Evil continue d’enchaîner les records de ventes et de garder une forte visibilité, la formule annuelle a de bonnes chances de rester au centre de sa stratégie.