Resident Evil cartonne : Bryan n’a rien d’un héros

Le Resident Evil de Zach Cregger, sorti en septembre 2026, a frappé fort d’entrée : 60 millions de dollars en Amérique du Nord, 108,3 millions dans le monde, d’après Box Office Mojo. Côté critique, le film affiche aussi 96 % sur Rotten Tomatoes, selon Rotten Tomatoes.

À en croire les chiffres de Box Office Mojo, ce lancement bat des records pour le genre. Surtout, il laisse penser qu’Hollywood tient peut-être enfin une adaptation reconnue comme un très bon film tout court, et pas simplement comme un film « réussi pour une adaptation ».

Le plus étonnant, c’est que cette réussite repose sur un choix que pas mal de fans regardaient de travers avant la sortie : ne pas faire de Leon, Chris ou Jill les vrais centres du récit.

Zach Cregger a préféré bâtir son reboot autour de Bryan, un personnage entièrement nouveau. Et c’est justement Bryan qui fait basculer le film dans autre chose.

Là où beaucoup d’adaptations de jeux vidéo essaient de recoller au matériau d’origine scène après scène, Resident Evil part ailleurs. Bryan, ce n’est ni un super-flic, ni un soldat d’élite, ni un type qui aligne les punchlines.

C’est un gars usé, un peu maladroit, souvent à côté de ses pompes. Le film en fait presque un reflet du joueur : il panique, prend de mauvaises décisions, ne sait pas vraiment manier une arme, et traverse l’épidémie avec bien plus de trouille que de panache. En gros, il réagit sans doute comme réagirait la plupart des gens face à un couloir plongé dans le noir avec des zombies au bout.

L’effet se sent tout de suite. Avec un héros fragile, Resident Evil retrouve quelque chose du vrai survival horror et s’éloigne du cinéma d’action spectaculaire qui a longtemps collé à la franchise sur grand écran.

On revient à la peur, à l’hésitation, au système D. Et ça n’empêche pas l’humour, bien au contraire : une vraie dose d’autodérision. Son côté loser ne tire pas l’histoire vers le bas; il la rend plus tendue, plus vivante, et au fond plus angoissante. Quand il se plante, le film y gagne en suspense, pas juste en chaos.

Avant sa sortie, une partie du public espérait pourtant quelque chose de plus fidèle à la chronologie des jeux et à leurs figures les plus connues.

Puis les critiques sont tombées, et le débat a vite changé de ton : beaucoup saluent aujourd’hui un film qui ne reproduit pas servilement la licence, mais qui en attrape l’esprit. La comparaison avec les précédents films live-action fait mal. Resident Evil: Welcome to Raccoon City, sorti en 2021, n’avait rapporté que 42 millions de dollars dans le monde pour un budget de 25 millions, selon Box Office Mojo. Quant à la série de six films menée par Milla Jovovich et Paul W.S. Anderson, elle n’a jamais décroché le label Fresh sur Rotten Tomatoes, avec un sommet à 39 % selon Rotten Tomatoes, malgré plus de 1,2 milliard de dollars cumulés au box-office mondial, toujours d’après Box Office Mojo.

Le triomphe de Resident Evil envoie enfin un message clair à toute l’industrie des adaptations. Un film tiré d’un jeu vidéo n’est plus vu automatiquement comme un pari bancal ou comme un produit pensé uniquement pour les fans.

Le succès alimente déjà les conversations autour d’une suite, dans un calendrier où l’on retrouve aussi Street Fighter en 2026, Sonic the Hedgehog 4 en 2027, The Legend of Zelda en 2027 et Elden Ring en 2028. Au fond, l’explication est peut-être toute simple : Resident Evil marche mieux quand le film donne l’impression d’être enfermé dans son monde avec quelqu’un de parfaitement ordinaire. Et Bryan, sur ce point, est extraordinaire d’ordinaire.

Author: Emmanuel Bosque

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