À Austin, un trajet en Robotaxi Tesla entre le supermarché 99 Ranch Market et le quartier de The Domain se serait récemment transformé en virée d’environ 70 minutes, là où une dizaine de minutes aurait normalement suffi, si l’on en croit le témoignage du passager. D’après ce récit, le véhicule est d’abord parti à l’opposé de la destination, avant d’enchaîner un itinéraire particulièrement tortueux.
On n’est pas face à une panne spectaculaire. Ce que cet épisode révèle tient à quelque chose de plus banal, et sans doute de plus gênant pour le grand public: les limites très concrètes du service en conditions réelles.
Quand la voiture évite certaines infrastructures clés, un trajet court peut vite tourner au long détour par des rues secondaires.
Robotaxi Tesla à Austin: pourquoi un si long détour?
Les premiers éléments renvoient aux contraintes de routage du service. D’après plusieurs reportages, le robotaxi de Tesla à Austin ne circule pas sur les autoroutes.
Les mêmes sources indiquent aussi que le service pourrait éviter certains passages à niveau. Dans ce cas, le véhicule se retrouve à faire des contournements bien plus longs, notamment par l’est de la ville, avant de revenir vers le nord.
Le cœur du problème ne serait donc pas tant la navigation d’une rue à l’autre que le périmètre à l’intérieur duquel le système accepte de rouler. Pour un usager, ça change tout: un trajet qui paraît simple sur une carte peut devenir franchement inefficace dès lors que les axes les plus directs sont exclus.
Autre détail assez frappant, l’application Tesla Robotaxi aurait bien affiché une estimation de prix, mais pas de durée prévue, toujours d’après le témoignage du passager. Le passager n’aurait donc pas forcément su avant le départ que le trajet allait durer bien plus longtemps qu’imaginé. Pour un service de mobilité destiné au grand public, ce manque de visibilité peut vite devenir un vrai point de friction.
Un service encore très encadré malgré les promesses passées
Cet incident rappelle aussi à quel point le service reste encadré. Les robotaxis Tesla Cybercabs opèrent dans une zone géographiquement délimitée, très largement cartographiée, avec une version spécifique du logiciel Full Self-Driving qui, d’après plusieurs reportages, n’est pas accessible au public.
On est encore loin d’un fonctionnement universel, partout et dans n’importe quelles conditions.
Ce décalage nourrit presque mécaniquement les critiques autour des déclarations passées d’Elon Musk, à la tête de Tesla. En 2019, Elon Musk expliquait en substance que si un système avait besoin d’une géorestriction, on ne pouvait pas parler de vraie conduite autonome. Or aujourd’hui, le service commercial de Tesla repose justement sur ce type de cadre.
Tesla n’est pas seul face aux difficultés des robotaxis
Il serait quand même trompeur de présenter cet épisode comme un problème propre à Tesla. D’autres opérateurs, comme Waymo ou Cruise, ont eux aussi connu des incidents de comportement urbain inattendu, qu’il s’agisse d’arrêts imprévus, de blocages de circulation ou de choix d’itinéraire peu intuitifs, d’après plusieurs reportages et analyses sectorielles. Les cas limites du monde réel restent l’un des gros défis du secteur.
La comparaison avec Waymo n’en reste pas moins délicate pour Tesla. Selon plusieurs reportages, Waymo autorise déjà la circulation sur autoroute dans certaines villes et a étendu son service à plusieurs villes américaines, alors que l’offre d’Austin semble encore dépendre largement des voies urbaines.
Sur le plan de la sécurité, le tableau n’a rien de catastrophique pour l’instant. Entre juillet 2025 et mars 2026, le service Robotaxi de Tesla à Austin aurait enregistré 17 incidents sans accident majeur, d’après des analyses sectorielles.
Et si l’on élargit encore un peu, une analyse sectorielle portant sur 2 052 incidents impliquant des véhicules autonomes indique que le véhicule n’était seul responsable que dans 4 % des collisions avec d’autres usagers. C’est, en apparence, une très bonne nouvelle. Mais pour convaincre le public, éviter les accidents ne suffira pas. Il faut aussi arriver à destination sans transformer un saut de puce en odyssée urbaine.