Près de cinquante ans après Alien, le film fondateur de Ridley Scott, Alien vs X-Men #1, publié par Marvel, offre aux Xénomorphes des pouvoirs mutants et pousse encore plus loin l’horreur organique propre à la franchise. Cette fois, ce n’est pas le cinéma qui tente l’une des transformations les plus féroces qu’Alien ait connues, mais bien un comic.
Kieron Gillen signe le scénario, Geraldo Borges le dessin, et le point de départ tient en peu de mots. Une équipe de X-Men s’aventure dans l’espace lointain pour retrouver un œuf du Phénix. À la place, elle met la main sur des œufs de Xénomorphes. L’erreur tourne vite au désastre : les créatures reviennent avec eux sur Terre, puis jusqu’à l’Institut Xavier, où l’invasion s’emballe presque aussitôt.
Le comic ne se contente pas de faire se croiser deux grandes licences. Alien vs X-Men #1 pousse jusqu’au bout la logique évolutive d’Alien en mêlant la biologie des Xénomorphes aux capacités des mutants. Autrement dit, les monstres de la franchise deviennent ici des versions presque impossibles à stopper.
La variation la plus inquiétante vient de Wolverine. Dans Alien vs X-Men #1, plusieurs Xénomorphes naissent avec les griffes de Logan, et l’image suffit à elle seule pour comprendre le carnage annoncé. Mais le plus effrayant n’est peut-être même pas là. Le vrai cauchemar, c’est son facteur guérisseur, qui fait de lui un hôte presque inépuisable.
Autrement dit, le corps de Wolverine peut tenir, se réparer, puis potentiellement servir à plusieurs cycles de gestation de chestbursters. Le comic prend donc l’un des personnages les plus solides de Marvel et le transforme en ressource biologique pour les Aliens. En matière de body horror, on voit mal comment aller beaucoup plus loin.
Kitty Pryde connaît elle aussi ce sort. Dans Alien vs X-Men #1, le Xénomorphe issu de Kitty peut traverser les murs, et cette seule capacité suffit à faire voler en éclats les règles habituelles de survie. Le numéro aligne d’ailleurs plusieurs morts marquantes dès le début, dont celle de Beast, attaqué par cet Alien capable de passer à travers les parois. Le crossover ne cherche clairement pas le simple clin d’œil pour lecteurs nostalgiques.
Et la fin du numéro annonce déjà la suite.
On y découvre une nouvelle reine xénomorphe blanche, qui semble dériver d’Emma Frost. Avec sa peau blanche qui rappelle la forme diamant d’Emma, cette reine pourrait bien se révéler encore plus résistante qu’une reine classique.
C’est là que ce crossover prend une vraie place dans l’histoire d’Alien. Alien vs X-Men #1 pousse plus loin que tout ce qu’on avait vu jusqu’ici l’idée centrale de la série : une créature qui évolue en absorbant les qualités de ses hôtes.
Cette surenchère ne touche d’ailleurs pas que les comics. Sorti en août 2024, Alien: Romulus avait déjà introduit des Facehuggers conçus artificiellement et lâchés en essaim, un stade de cocon, ainsi que l’hybride humain-Xénomorphe appelé Offspring.
Le film Alien: Romulus a dépassé les 350 millions de dollars au box-office mondial pour un budget d’environ 80 millions. Il a aussi été largement salué pour son retour à l’horreur viscérale de la saga, avec un usage appuyé des effets pratiques, des marionnettes et des animatroniques.
Et, visiblement, ce n’est que le début. Une suite à Alien: Romulus serait en préparation. La série Alien: Earth arrive bientôt sur FX avec une intrigue située avant le film de 1979. De son côté, Ridley Scott reste intéressé par la suite de l’arc Prometheus/Covenant.
Entre le cinéma, la télévision et les comics, la franchise Alien est en train de changer d’échelle. Si Alien vs X-Men donne le ton de ce qui arrive, les Xénomorphes n’ont peut-être jamais été aussi dangereux.