Le film de science-fiction Ad Astra est disponible sur Netflix depuis le 1er octobre 2026, d’après Netflix.
Dans la grosse vague de films ajoutés par la plateforme, celui-ci mérite qu’on s’y arrête. Ce long métrage de science-fiction porté par Brad Pitt fait partie des arrivées les plus intéressantes du lot, alors qu’il est resté assez discret. À sa sortie en 2019, n’avait pas vraiment trouvé son public en salles, malgré des critiques solides et une ambition visuelle évidente.
Si vous étiez passé à côté à l’époque, son arrivée sur Netflix lui donne enfin la deuxième chance qu’il n’avait pas eue.
Il faut quand même savoir dans quoi on met les pieds. n’a rien d’un blockbuster spatial classique. Brad Pitt y joue Roy McBride, un astronaute envoyé à travers le système solaire après une série de surtensions mystérieuses qui menacent directement la Terre. Et très vite, la mission bascule vers quelque chose de plus intime, car tout porte à croire que son père disparu, Clifford McBride, interprété par Tommy Lee Jones, serait encore en vie quelque part près de Neptune.
Présenté comme ça, on pourrait s’attendre à un thriller spatial tendu. Ce n’est pas vraiment le film que James Gray a fait. Ad Astra avance lentement, prend son temps, regarde longtemps ses personnages et s’intéresse bien plus à l’isolement, au conflit entre un père et son fils, et à la place de l’humanité dans l’univers qu’à l’action pure.
C’est d’ailleurs ce qui le rend si particulier. Et c’est aussi pour cette raison qu’il divise autant. Le décalage entre la critique et le public est frappant : sur Rotten Tomatoes, 83 % côté presse , contre seulement 40 % du côté des spectateurs. Les critiques ont largement salué son ambition, sa mise en scène et sa photographie. Une partie du public, elle, lui a surtout reproché son rythme lent et son ton très méditatif.
Le malentendu vient sans doute en partie de la campagne marketing de l’époque. Beaucoup attendaient un film de science-fiction plus nerveux, plus spectaculaire, presque un vrai film d’aventure spatiale. James Gray livre tout autre chose : un récit plus philosophique, parfois austère, qui impose son propre tempo et demande au spectateur de l’accepter.
Même tourné vers l’intériorité, le film reste superbe à regarder. Le voyage, de la Terre à la Lune, puis vers Mars et enfin l’espace profond, garde une vraie puissance visuelle. Et Brad Pitt tient l’ensemble avec une interprétation très sobre, parfaitement accordée à ce personnage coupé de ses émotions.
Au box-office, en revanche, le résultat est resté plus mitigé. Produit pour un budget estimé entre 80 et 100 millions de dollars, a rapporté 135,2 millions dans le monde, dont 50,2 millions en Amérique du Nord et 85 millions à l’international. Un score honorable, oui, mais pas assez pour en faire un véritable succès commercial.
Dernier point, qui n’est pas anodin : en mai 2026, James Gray a expliqué que la version sortie en salles n’était pas son montage final, sur fond de transition entre 20th Century Fox et Disney. Le réalisateur espère toujours pouvoir proposer un jour une version sensiblement différente, et même plus courte d’environ 12 minutes. Raison de plus, aujourd’hui, pour revoir sur Netflix ce film de science-fiction singulier, plus ambitieux et plus mélancolique que la moyenne.