Quarante-sept ans après Alien, le film de Ridley Scott sorti en 1979, Alien vs. X-Men #1, le crossover publié par Marvel Comics, reprend l’image du chestburster de la façon la plus frontale possible. Wolverine tue le clone de Mister Sinister, Orbis Stellaris, en projetant ses griffes en adamantium depuis l’intérieur de son corps, droit à travers sa poitrine. La référence saute aux yeux : le sang éclabousse les X-Men présents, notamment Cyclope et Emma Frost, et le comic pose tout de suite une ambiance bien plus proche de l’horreur que du pur récit super-héroïque.
Alien vs. X-Men recrée le traumatisme visuel du chestburster
La séquence tombe dès les premières pages de Alien vs. X-Men #1. À elle seule, elle dit déjà ce que le crossover veut faire.
Là où on pouvait s’attendre à un simple télescopage entre deux grosses licences, Marvel Comics choisit autre chose, et de bien plus sale. Wolverine ne met pas son adversaire au tapis dans une posture héroïque bien cadrée ; il le lacère littéralement de l’intérieur, dans une image qui renvoie immédiatement à l’une des scènes les plus célèbres du cinéma d’horreur.
Et l’hommage fonctionne d’autant mieux qu’il ne se limite pas à la référence visuelle.
Cyclope, Emma Frost et les autres n’ont pas la réaction qu’on voit après une bagarre de comics classique. Ils sont couverts de sang, sonnés, clairement secoués par ce qui vient de se passer. Du coup, la scène pèse beaucoup plus lourd qu’un simple clin d’œil bien placé.
Un crossover qui annonce ses intentions dès le départ
Après le carnage, Wolverine lâche en substance qu’Orbis Stellaris était physiquement fragile.
Le récit, pourtant, ne s’arrête pas à ce coup d’éclat gore. Presque dans la foulée, Beast ouvre une porte et tombe sur une salle pleine d’œufs de Xénomorphes. L’un d’eux est déjà ouvert, ce qui confirme une chose : la menace Alien n’est pas là pour plus tard, ni pour un effet d’attente. Elle est déjà dans la pièce.
Ce passage relie très bien la mort d’Orbis Stellaris à l’horreur centrale de la licence Alien.
La première grande image-choc du numéro ne sert donc pas juste à provoquer ou à faire parler. Elle fixe le terrain. Ici, la violence organique et l’idée de contamination vont manifestement occuper le centre du récit.
Une équipe créative parfaitement taillée pour ce mélange de super-héros et d’horreur cosmique
Alien vs. X-Men #1 est signé par Kieron Gillen et Chris Claremont au scénario, avec Geraldo Borges, Andrew Dalhouse, David Messina et Rain Beredo à la partie graphique, d’après les crédits de Marvel Comics.
Kieron Gillen a déjà montré à plusieurs reprises qu’il aimait croiser le récit super-héroïque avec une horreur cosmique très marquée, dans l’esprit de Alien, et ce premier numéro donne l’impression d’assumer cette direction sans la moindre hésitation.
Ce qui est presque amusant, c’est que malgré la longue histoire des morts marquantes dans la franchise Alien, d’Alien 3 à Alien Resurrection, jusqu’aux excès plus récents de Alien: Romulus en 2024, le point de comparaison reste toujours le même. On revient encore au chestburster de Kane dans le film de 1979.
C’est exactement pour ça que la case de Wolverine frappe aussi fort. Pour l’instant, c’est bien la violence de cette splash page qui retient l’attention, et elle a tout de l’image qu’on n’oublie pas.