Chez Alphabet, X, la Moonshot Factory pilotée par Astro Teller, veut maintenant faire émerger davantage de projets hors de sa structure, sous la forme de sociétés indépendantes.
Le labo d’Astro Teller ne cherche donc plus seulement à faire mûrir des idées en interne. Il veut aussi les envoyer dehors, avec l’appui stratégique d’Alphabet et, quand ça a du sens, une participation minoritaire plutôt que un contrôle complet.
Ce changement passe par Series X Capital, un fonds pensé, selon Alphabet, pour aider les projets nés chez X à démarrer leur vie comme entreprises autonomes.
Pour Alphabet, l’intérêt saute aux yeux: répartir le risque, faire entrer plus tôt des investisseurs extérieurs et donner à certains projets une marge de manœuvre qu’ils n’auraient sans doute pas en restant à l’intérieur du groupe.
Et pourtant, ce changement de format ne bouleverse pas l’ADN de X. Astro Teller défend toujours la même ligne: chercher des percées nettes, pas de simples gains à la marge, avec cette obsession du “10x”, des prototypes montés vite et une culture de l’échec assumée pour tester rapidement, apprendre rapidement et arrêter plus tôt ce qui ne marche pas.
La légitimité de X repose d’ailleurs toujours sur Waymo et Wing, ses deux vitrines les plus visibles.
Waymo continue, d’après Alphabet, d’étendre son service de robotaxis, avec de nouveaux marchés et une sixième génération de technologie embarquée pour ses véhicules autonomes. Wing, de son côté, poursuit, toujours selon Alphabet, le déploiement de la livraison par drone, notamment grâce à ses partenariats avec Walmart et à une progression régulière des volumes.
Ces deux activités résument assez bien le modèle visé: des paris extrêmement risqués au départ, mais qui peuvent, avec le temps, devenir de vraies activités commerciales et pas seulement des démonstrateurs technologiques.
La nouvelle série de projets en dit aussi long sur les priorités actuelles de X.
Materra travaille sur le recyclage et l’économie circulaire pour rendre la réutilisation des matériaux plus efficace. Bellwether se penche sur la prévision des catastrophes naturelles à l’aide d’outils de modélisation avancés. Tapestry, lui, cherche à moderniser les réseaux électriques pour mieux absorber leur complexité croissante.
En clair, X se place de plus en plus sur de grands problèmes industriels et de société, là où les gains potentiels sont énormes mais où la route vers un vrai modèle économique reste longue.
C’est aussi ce qui donne à X une place à part dans la tech.
Ses partisans y voient une structure capable d’attaquer des sujets que très peu d’entreprises osent prendre à bras-le-corps. Reste qu’il faut garder la tête froide.
Entre une idée ambitieuse et une activité rentable, la distance reste immense, et la pression réglementaire ne simplifie rien.
Comme le reste d’Alphabet, X avance dans un contexte de surveillance accrue, qu’il s’agisse de concurrence, de vie privée, de biais, de responsabilité ou plus largement de l’impact des technologies émergentes. Waymo, en particulier, continue de faire face à des questions sur la sécurité et sur l’intégration de ses services dans l’espace public.
Au fond, le message de X est assez simple: l’époque du laboratoire fermé touche à sa fin. La prochaine étape, c’est de faire naître davantage d’entreprises capables d’exister par elles-mêmes.
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