Le western The Hateful Eight de Quentin Tarantino, sorti en 2015, a fait son arrivée sur Prime Video dans plusieurs régions. La plateforme propose la version cinéma, celle de 167 minutes, pas la version « roadshow » de 187 minutes, ni le remontage en mini-série que Netflix avait mis en ligne plus tard.
Cette arrivée en streaming tombe à un moment un peu particulier pour Tarantino, un moment assez rare chez lui : celui de l’attente. Le réalisateur n’a signé que neuf films si l’on retient le comptage le plus répandu de sa filmographie, il n’a plus sorti de long-métrage depuis Once Upon a Time… in Hollywood en 2019 et, d’après la presse hollywoodienne, il a laissé de côté The Movie Critic pour repenser ce qui devrait devenir son dernier film.
Sorti en 2015, The Hateful Eight rassemble Samuel L. Jackson, Kurt Russell, Jennifer Jason Leigh, Walton Goggins, Tim Roth, Michael Madsen et Bruce Dern. L’intrigue, volontairement resserrée, coince tout ce petit monde dans un refuge perdu au milieu d’une tempête de neige. Ça donne un huis clos tendu, bavard, brutal, exactement le genre de terrain sur lequel Tarantino se sent chez lui.
Beaucoup de critiques y voient son grand film de huis clos, un western presque théâtral, où tout repose sur la mise en scène, sur les dialogues, sur cette méfiance qui ne retombe jamais vraiment entre les personnages. Et c’est là qu’il y a quelque chose d’assez amusant : ce film enfermé dans un décor fermé fait aussi partie de ses projets les plus ambitieux visuellement. Tarantino l’a tourné en 70 mm, un format devenu rare, qui donne à l’ensemble une ampleur très particulière.
Du côté des résultats, The Hateful Eight a dépassé les 156 millions de dollars au box-office mondial, d’après Box Office Mojo, pour un budget estimé entre 44 et 62 millions selon les chiffres repris par la presse spécialisée. On parle donc d’un succès mesuré, mais d’un vrai succès quand même. Le film affiche aussi 74 % sur Rotten Tomatoes et a décroché trois nominations aux Oscars, avec une victoire pour Ennio Morricone grâce à sa partition originale. Jennifer Jason Leigh, elle, avait été nommée dans la catégorie du meilleur second rôle féminin.
Prime Video met aussi en avant un autre morceau important de la période western de Tarantino. Django Unchained, sorti en 2012, est proposé en ce moment via l’abonnement Howdy sur Prime Video. Le film reste également disponible sur MovieSphere by Lionsgate. Jamie Foxx et Christoph Waltz portent les rôles principaux, avec autour d’eux Samuel L. Jackson, Walton Goggins, Leonardo DiCaprio et Kerry Washington. Sa popularité n’a pas vraiment bougé : Django Unchained reste l’un des films les plus immédiatement associés au cinéaste, et l’un de ses grands succès, aussi bien auprès du public que de la critique.
Cette présence en streaming remet aussi une chose en tête : Quentin Tarantino reste une valeur très sûre, même quand il traverse une pause créative. Son dernier film, Once Upon a Time… in Hollywood, avait franchi les 400 millions de dollars de recettes mondiales, toujours selon Box Office Mojo, pour un budget annoncé à 90 millions, tout en offrant à Brad Pitt l’Oscar pour son rôle. Bref, même loin des salles depuis plusieurs années, Tarantino continue de peser lourd. Prime Video vient simplement de le rappeler.