Fin septembre 2026, American Made, le thriller sorti en 2017 avec Tom Cruise, s’est hissé dans le top 5 des films les plus vus sur HBO Max, d’après le classement visible sur la plateforme. Neuf ans après sa sortie, le voilà qui refait surface de façon assez spectaculaire.
Cet élan ne tombe pas du ciel. Le film avait déjà montré qu’il tenait bien la route en streaming sur Paramount+ et Peacock à la fin de 2025, mais son arrivée sur HBO Max lui donne une exposition toute différente.
Pour un long-métrage longtemps resté dans l’ombre des mastodontes de la filmographie de Tom Cruise, le retour a de quoi surprendre. C’est aussi une très bonne nouvelle pour un film qu’on avait probablement rangé un peu trop vite derrière le reste.
Sorti en 2017, American Made n’a jamais profité de l’aura gigantesque de Top Gun ou de Mission: Impossible. Pourtant, il réunit exactement ce qui marche si bien aujourd’hui sur les plateformes : un rythme qui ne lâche jamais, une légèreté de ton malgré un sujet criminel, et un anti-héros assez séduisant pour rendre ce chaos franchement amusant à suivre.
Le récit suit Barry Seal, ancien pilote de la TWA recruté pour des opérations clandestines liées à la CIA, avant de se retrouver embarqué dans les trafics du cartel de Medellín. Entre les vols secrets, la contrebande et l’argent qui afflue à toute vitesse, il passe d’un camp à l’autre, entre institutions américaines et narcotrafiquants, en profitant de tout le monde jusqu’au moment où la chute devient inévitable.
Inspiré de faits réels, American Made penche moins vers le biopic classique que vers le thriller satirique. C’est probablement ce dosage de crime, de comédie et de cynisme politique qui le rend encore aussi facile d’accès aujourd’hui.
L’un de ses vrais atouts tient aussi à ce qui saute le plus aux yeux : Tom Cruise prend ici le contre-pied de son image habituelle de sauveur ultra-compétent pour jouer un opportuniste charmeur, menteur, et profondément compromis. Barry Seal n’a rien d’un héros. C’est un survivant, parfois très drôle, souvent irresponsable, et impossible à quitter des yeux.
Cette interprétation revient souvent quand on parle des performances les plus sous-estimées de l’acteur. Là où Tom Cruise brille d’ordinaire dans la maîtrise et le spectaculaire, American Made lui laisse plus de liberté : il s’y montre plus relâché, plus joueur, presque cabotin par instants, dans ce que le mot a de meilleur.
Le contexte de sortie comptait aussi. En 2017, Tom Cruise restait sur l’échec critique de La Momie, ce film censé lancer un univers partagé qui n’a jamais vraiment pris. American Made a servi de piqûre de rappel : en dehors des franchises géantes, la star pouvait toujours porter un projet plus modeste, plus singulier, et nettement mieux accueilli.
En salles, le film s’en est d’ailleurs tiré honorablement, avec 134,9 millions de dollars de recettes mondiales pour un budget d’environ 50 millions. Du côté de la critique, l’accueil a été solide lui aussi, avec notamment un score de 85 % sur Rotten Tomatoes, selon Rotten Tomatoes.
À la réalisation, on retrouvait Doug Liman, qui travaillait de nouveau avec Tom Cruise après Edge of Tomorrow. Cette fois, changement total de terrain : finie la science-fiction guerrière, place à un récit de contrebande mené tambour battant, monté comme une fuite en avant ironique.
Neuf ans plus tard, cette énergie n’a pas bougé. Elle trouve même un écho particulier alors que Tom Cruise reste partout dans la culture pop, entre l’empreinte durable laissée par Top Gun: Maverick, la fin de la saga Mission: Impossible en 2025, et la curiosité qui entoure déjà son prochain film atypique, Digger, attendu pour octobre 2026.
Au fond, American Made revient au bon moment. Mais sa remontée dans les classements ne ressemble pas à un simple concours de circonstances. On dirait plutôt que le public est enfin en train de rattraper l’un des divertissements les plus sous-estimés de la période récente de Tom Cruise.