Selon un sondage relayé par Android Authority, 54,9 % des lecteurs interrogés préfèrent encore acheter leur smartphone Android plutôt que le louer. Le chiffre en dit long. La location reste minoritaire, alors même que les prix montent sans arrêt et poussent une partie des consommateurs à regarder du côté d’autres formules, comme la location, le leasing ou les abonnements avec renouvellement régulier.
Ce qui ressort du sondage est assez clair : pour beaucoup de gens, un smartphone reste un objet personnel. On veut le garder, l’amortir sur plusieurs années et, parfois, le revendre plus tard.
Les mensualités ont beau paraître plus supportables qu’un achat comptant, la location n’arrive toujours pas à supplanter le réflexe de propriété. Ça ne veut pas dire que la formule manque d’arguments. Pour ceux qui changent souvent d’appareil, qui veulent mettre la main sur les derniers modèles premium sans sortir une grosse somme d’un coup, ou qui préfèrent étaler leur budget, la promesse garde quelque chose d’attirant. D’autant plus à un moment où les téléphones haut de gamme franchissent facilement des seuils de prix qui refroidissent l’achat impulsif.
Et pourtant, cette réserve des lecteurs ne bloque pas le marché. Android Authority cite une estimation qui évalue le marché mondial de la location de téléphones mobiles à environ 4,8 milliards de dollars en 2025, avec un possible bond jusqu’à 10,7 milliards de dollars d’ici 2034. Le site mentionne aussi une autre projection, plus prudente cette fois, qui prévoit un passage de 2,49 milliards de dollars en 2025 à 5,8 milliards de dollars en 2035.
Il y a donc bien une demande, surtout chez les utilisateurs sensibles à la flexibilité. D’après des études de marché reprises par Android Authority, environ 34 % des utilisateurs de smartphones âgés de 18 à 44 ans aux États-Unis et au Royaume-Uni se disaient ouverts à la location à la fin de 2025. Côté géographique, Android Authority précise aussi que l’Asie-Pacifique domine déjà ce secteur, avec 38,6 % des revenus mondiaux en 2025. L’Amérique du Nord arrive derrière, portée en partie par les besoins des entreprises et par la demande de location sur de courtes durées.
Apple et Google se sont déjà aventurés sur ce terrain. Apple continue avec son iPhone Upgrade Program, qui permet de changer d’appareil à intervalles réguliers via des paiements mensuels. Google, de son côté, avait lancé Pixel Pass avant d’y mettre fin, faute d’avoir suscité assez d’intérêt, toujours selon Android Authority.
C’est là que le moment devient un peu paradoxal. L’industrie pousse les modèles par abonnement, mais le public, lui, n’a pas encore complètement basculé. La lassitude face aux abonnements, la peur de payer plus cher sur la durée qu’avec un achat classique, et l’attachement très concret à l’idée de posséder un appareil aussi personnel restent de vrais freins.
Au fond, la location de smartphones n’a plus rien d’une idée marginale sur le plan économique. En revanche, elle n’a pas encore remporté la bataille dans les têtes. Tant que les consommateurs continueront à voir leur téléphone comme un bien qui leur appartient, et pas comme un simple service, l’achat a de bonnes chances de rester la formule dominante.