Mis en ligne sur Netflix le 9 octobre 2026, « Animals », le thriller réalisé par Ben Affleck, marche déjà très fort sur la plateforme. Et ce, alors qu’il vient aussi de signer, d’après l’agrégateur Rotten Tomatoes, le pire accueil critique de toute la carrière du cinéaste comme réalisateur. Toujours selon Rotten Tomatoes, le film s’est retrouvé très vite avec un score critique dans les 30 %, oscillant entre 33 % et 36 % après sa sortie.
Le contraste fait tache pour un metteur en scène qui, jusqu’ici, s’était construit une filmographie plutôt bien tenue face aux critiques. Quatre des six films réalisés par Ben Affleck ont obtenu le label « Certified Fresh », et « Argo » est allé jusqu’à remporter l’Oscar du meilleur film.
Avec « Animals », Ben Affleck ne livre ainsi que son deuxième long-métrage globalement mal accueilli derrière la caméra.
Pourtant, le casting a de l’allure : Ben Affleck, Kerry Washington, Steven Yeun, Gillian Anderson et Ray Fisher. Affleck y joue un candidat à la mairie de Los Angeles dont le fils est enlevé, point de départ d’une histoire qui cherche à faire tenir ensemble drame familial, thriller politique et commentaire social.
Dit comme ça, il y avait de quoi être curieux.
Ce que reprochent surtout les critiques, c’est un film jugé fragile côté scénario, pas assez tendu pour un thriller, trop appuyé dans le mélodrame, et assez terne dans sa façon d’avancer. D’un papier à l’autre, la même idée revient : Ben Affleck ne parviendrait jamais à faire tenir les différentes ambitions du film dans un ensemble qui fonctionne vraiment.
Certains observateurs reconnaissent malgré tout que le film essaie de toucher à des sujets comme l’hypocrisie politique, le pouvoir ou encore l’immigration. Mais, à leurs yeux, tout cela reste au stade de l’intention, sans vrai approfondissement. Quelques avis plus indulgents sauvent tout de même certaines prestations, surtout celle de Gillian Anderson, qui incarne ici une fixeuse.
Autre difficulté, et elle revient souvent dans les commentaires : la filiation très assumée avec « High and Low » d’Akira Kurosawa. C’est même l’un des reproches les plus cités. « Animals » va puiser dans un monument du cinéma, sans réussir, pour ses détracteurs, à en tirer une relecture assez forte ou assez personnelle.
La comparaison devient encore plus rude quand on la met à côté de « Highest 2 Lowest », la relecture récente signée Spike Lee. Celle-ci a été nettement mieux accueillie par la presse, avec 83 % sur Rotten Tomatoes et le label « Certified Fresh ». Pour plusieurs commentateurs, « Animals » ressemble justement à ce genre d’adaptation qui a du mal à prouver pourquoi elle devait exister face à des versions plus convaincantes.
Et pourtant, chez Netflix, le tableau est loin d’être noir.
Malgré des critiques franchement mauvaises, « Animals » a très vite trouvé son public et s’est installé en tête des films les plus vus de la plateforme à l’échelle mondiale, selon Netflix.
Netflix affirme même que « Animals » a atteint la première place dans 79 pays peu après sa mise en ligne. Au fond, la critique et le public racontent ici deux histoires qui ne se croisent presque pas : « Animals » ne va sans doute pas améliorer l’image de Ben Affleck réalisateur auprès de la presse, mais le film montre aussi à quel point un lancement sur Netflix peut propulser un titre très contesté vers un énorme succès mondial en nombre de vues.