Maison-Blanche : les utilities, désormais au cœur des data centers

À l’heure où ces lignes sont écrites, la Maison-Blanche s’apprête à demander aux compagnies d’électricité américaines des engagements concrets pour faire face à la forte hausse de la demande des data centers aux États-Unis. D’après l’exécutif américain, le but est d’aller plus vite sur les raccordements, de desserrer les points de blocage sur le réseau et d’éviter que les délais d’alimentation ne viennent ralentir des projets déjà dans la file d’attente.

Cette séquence change clairement la nature du débat. Pendant longtemps, l’attention s’est portée sur les fabricants de puces, les exploitants de centres de données et les géants du cloud. Cette fois, l’administration américaine se tourne vers les compagnies d’électricité, qui se retrouvent au centre de la bataille pour la puissance disponible.

Construire un nouveau data center ne suffit plus. Encore faut-il pouvoir obtenir l’électricité qu’il lui faut, souvent en volumes massifs, et dans un calendrier qui colle aux plans d’expansion des grands groupes technologiques.

Le problème, c’est que dans beaucoup de régions américaines, les demandes de raccordement s’empilent alors même que les transformateurs, les sous-stations et les lignes de transport ne suivent pas. Washington chercherait donc à arracher des promesses sur plusieurs sujets à la fois : moderniser le réseau, raccourcir les procédures de raccordement, mieux coordonner le travail avec les États et les régulateurs, et remettre de l’argent dans les infrastructures locales. Pour l’exécutif, il s’agit aussi d’envoyer un message aux marchés. Désormais, la question de l’énergie est au cœur de la compétitivité numérique américaine.

D’après plusieurs estimations du secteur, les data centers pourraient peser jusqu’à 9 % de la consommation d’électricité des États-Unis d’ici 2030. La hausse est si rapide que les utilities doivent revoir leurs prévisions de charge sur quelques années à peine, ce qui est très court pour un secteur habitué à raisonner sur des cycles beaucoup plus longs. Le prochain vrai terrain d’affrontement de l’économie numérique américaine n’est donc peut-être plus seulement la capacité de calcul. C’est l’accès à l’électricité.

L’équation, elle, reste compliquée. Les opérateurs veulent plus de capacité, et vite. En face, les utilities doivent tenir le réseau stable, éviter une envolée des coûts et intégrer davantage de production bas carbone.

Dans certains États, l’arrivée d’un grand campus informatique peut obliger à renforcer les lignes à haute tension ou à ajouter de nouveaux moyens de production. Pour la Maison-Blanche, le sujet touche donc aussi à l’industrie, à l’emploi local, à la sécurité énergétique et à l’attractivité du territoire américain. Un retard sur l’alimentation électrique peut repousser des projets de plusieurs milliards, voire les faire partir vers des zones mieux préparées.

Autre inquiétude, beaucoup plus concrète : qui paiera le renforcement du réseau ? Dans plusieurs États, des associations de consommateurs et des régulateurs craignent déjà que les ménages ne finissent par absorber une partie de la facture, via des tarifs plus élevés.

À ce stade, le détail de l’initiative fédérale n’a pas encore été rendu public et l’on ne sait pas encore, du côté de la Maison-Blanche, si ces engagements resteront purement volontaires ou s’ils prépareront des mesures plus contraignantes. Mieux vaut donc rester prudent. Reste que Washington essaie de montrer une chose : il serait possible d’absorber cette nouvelle demande sans entamer la fiabilité du service, ni faire bondir les coûts pour le grand public. Nous vous tiendrons informés.

Microsoft Teams déploie Workspace Check-in : pas vraiment un suivi de localisation des salariés

Microsoft indique avoir commencé, en juin 2026, le déploiement de Workspace Check-in, une nouvelle fonction de Microsoft Teams. D’après l’entreprise, elle permet de signaler automatiquement qu’un employé est présent sur un site de l’entreprise au moment où il se connecte au réseau Wi‑Fi interne. Teams peut alors montrer à ses collègues qu’il se trouve dans un immeuble de bureaux précis. Microsoft la présente comme un outil de coordination pour le travail hybride. Mais la question arrive tout de suite, et elle n’a rien d’anodin : à partir de quand la coordination bascule-t-elle dans la surveillance au travail ?

Microsoft Teams Télécharger

Chez Microsoft, cette nouveauté est présentée comme la suite logique des options de check-in déjà présentes dans Teams, qui reposaient jusqu’ici davantage sur une action manuelle. Le but mis en avant est simple : aider les collaborateurs à caler des réunions en présentiel, retrouver des collègues sur place et mieux organiser les journées au bureau dans un cadre hybride.

Sauf qu’en pratique, la vieille question revient immédiatement : où finit la coordination, où commence la surveillance ?

Microsoft précise toutefois que Workspace Check-in ne s’active pas automatiquement pour tout le monde. Toujours selon l’entreprise, la fonction est désactivée par défaut, doit d’abord être activée par un administrateur informatique, puis chaque utilisateur décide ensuite s’il veut partager cette information ou non.

Sur le papier, il y a donc deux niveaux de contrôle : l’entreprise d’un côté , le salarié de l’autre.

Microsoft ajoute aussi que ces données de localisation ne sont pas conservées sous la forme d’un historique permanent. L’entreprise affirme que l’information est supprimée à la fin des heures de travail configurées par l’utilisateur.

En clair, le système est censé signaler une présence à un moment donné, pas fabriquer un journal détaillé des allées et venues. C’est même un point clé dans la défense de Microsoft, qui cherche assez visiblement à séparer cette fonction d’un véritable outil de traçage.

C’est là que les critiques se concentrent. Pour ceux qui s’y opposent, Workspace Check-in peut très vite se transformer en outil de surveillance interne, même s’il arrive habillé en fonction collaborative. Dans les organisations qui poussent fortement au retour au bureau, certains y voient déjà un moyen de vérifier qui est bien sur site, voire de suivre l’assiduité.

Et le contexte n’aide pas Microsoft. Au début de 2026, 52 % des salariés américains occupant des postes compatibles avec le télétravail travaillaient en mode hybride, d’après des chiffres qui ne sont pas précisés ici. Dans le même temps, plus de 73 % des employeurs surveillaient d’une manière ou d’une autre leurs employés à distance ou hybrides, là encore selon des chiffres non détaillés ici. Dans une ambiance pareille, toute nouvelle fonction liée à la présence physique devient suspecte presque instantanément.

Autre détail qui intrigue, le calendrier. La fonction aurait été repoussée plusieurs fois depuis la fin 2025, sans source précisée ici, et Microsoft ne l’a pas mise en avant dans son récapitulatif des nouveautés Teams publié en juin 2026.

Cette discrétion a peu de chances d’être fortuite. Même entouré de garde-fous, Workspace Check-in touche à un terrain explosif : la limite entre les outils de productivité et le contrôle des salariés. Pour les entreprises, l’intérêt saute aux yeux. Pour les employés, la vraie question sera surtout de savoir comment leur organisation choisira de s’en servir, et pour quoi faire. Mieux vaut donc rester prudent.

iPhone : les meilleurs réglages pour réussir les photos de feux d’artifice

Les iPhone récents permettent de sortir de très bonnes photos de feux d’artifice, sans reflex ni hybride. Le vrai point de bascule, c’est l’exposition. Mieux vaut la baisser un peu pour ne pas « brûler » l’image. Quand des explosions très lumineuses éclatent sur un fond noir, le plus important est de garder le détail des gerbes, pas d’essayer d’éclaircir toute la scène.

Sur iPhone, c’est donc la première chose à faire avant de déclencher. Dans l’appareil photo, il suffit en général de toucher la zone la plus lumineuse, puis de faire glisser le curseur d’exposition vers le bas. Ça évite que les éclats les plus intenses finissent en grosses taches blanches, plates, sans texture. Autre réflexe à avoir, presque à chaque fois : couper le flash. Il ne sert à rien sur un sujet aussi lointain et peut même gâcher l’ambiance au premier plan. Le HDR, lui, n’est pas forcément votre ami dans ce genre de contraste extrême. Suivant les conditions, il peut donner un rendu moins naturel, ou des résultats qui varient d’une photo à l’autre.

Pour tomber sur le bon moment, pile au sommet de l’explosion, deux fonctions Apple aident vraiment : le mode Rafale et les Live Photos. La rafale augmente le nombre d’images autour du pic lumineux. Les Live Photos, elles, permettent de revenir après coup et de garder la meilleure. Elles peuvent aussi servir en retouche, avec l’effet pose longue, pour obtenir des traînées lumineuses plus spectaculaires.

La stabilité, elle, change souvent tout. Même si les iPhone intègrent déjà leur propre stabilisation, un mini-trépied, un trépied classique ou simplement un point d’appui sur une rambarde peut améliorer nettement la netteté de l’image, surtout si vous essayez des rendus proches de la longue exposition. Le conseil vaut aussi pour d’autres spectacles lumineux de nuit, en particulier les shows de drones : la précision des lignes et des motifs dépend énormément de la stabilité du téléphone.

Et puis une belle photo de feu d’artifice ne repose pas seulement sur les réglages. Si vous ajoutez un élément de décor, une ligne d’horizon, un monument, un pont, des toits ou quelques silhouettes, l’image gagne tout de suite en échelle. Elle raconte aussi un lieu. Visuellement, c’est souvent bien plus fort qu’un simple ciel noir rempli d’étincelles.

Aujourd’hui, plus de 92 % des photos sont prises avec des smartphones, d’après les chiffres du secteur de la photo mobile. Ce genre d’image est donc souvent pensé pour être partagé tout de suite, sur les réseaux sociaux ou dans les messageries. Un cadrage lisible dès le départ évite en général de passer ensuite par de grosses retouches. Et pour ceux qui veulent aller plus loin que les fonctions intégrées de l’iPhone, des applications comme Slow Shutter Cam et Spectre Camera permettent de créer des traînées lumineuses plus marquées, avec un rendu proche d’une longue exposition.

Pour la retouche, Lightroom Mobile, VSCO et Snapseed restent de bonnes options pour ajuster le contraste, les couleurs et la netteté sans trahir la scène. Au fond, tout se joue sur quelques bases : flash coupé, exposition revue à la baisse, téléphone bien stable, composition un peu pensée. Bonne nouvelle pour la plupart des utilisateurs : l’iPhone est devenu un outil tout à fait crédible pour rapporter de très belles images de feu d’artifice.

Google teste enfin sur Android le contrôle des sauvegardes par appli

Google teste depuis la mi-2026, dans une bêta Android ouverte à un nombre restreint d’utilisateurs, une option qui permet de décider, application par application, quelles données partent en sauvegarde dans le cloud. Concrètement, cette nouveauté donne la possibilité d’inclure ou d’exclure certaines apps au cas par cas, au lieu de laisser faire le système actuel, largement automatique. Elle répond aussi à une vieille frustration des utilisateurs : le peu de contrôle offert jusqu’ici sur les sauvegardes.

Google Drive Télécharger

Jusqu’à présent, Android gérait la sauvegarde des données d’applications d’une manière assez floue du point de vue de l’utilisateur, avec très peu d’outils simples pour empêcher certaines apps d’envoyer leurs données vers les serveurs de Google.

Une nouvelle option de sauvegarde par application sur Android

Pour l’instant, le déploiement reste très limité.

Tous les testeurs de cette bêta Android lancée à la mi-2026 n’y ont pas accès, et Google n’a toujours rien annoncé publiquement sur un calendrier de diffusion plus large. Mieux vaut donc rester prudent. Nous continuerons à suivre le sujet.

Si cette fonction finit par être généralisée, elle changera de façon assez nette le fonctionnement actuel.

Depuis Android 6.0, le système Auto Backup for Apps enregistre automatiquement les données des applications dans un dossier privé de Google Drive, d’après Google. Dans les faits, l’utilisateur peut activer ou couper la sauvegarde de son appareil, mais il ne peut pas exclure facilement une application précise qu’il considère comme sensible, inutile ou simplement trop lourde.

Pourquoi ce changement compte pour la confidentialité

Le premier intérêt saute assez vite aux yeux : mieux contrôler ses données personnelles. Avec un réglage appli par appli, on peut empêcher certaines apps, par exemple des messageries secondaires, des outils financiers, des services rarement utilisés ou des applis temporaires, d’envoyer leurs données vers l’infrastructure cloud de Google.

Pour beaucoup d’utilisateurs, la question ne se limite pas au stockage.

Il y a aussi l’empreinte numérique. Les sauvegardes sont certes très pratiques quand on change de téléphone, mais tout le monde n’a pas envie que chaque application garde une copie de ses réglages ou de ses données dans le cloud. Pour ceux qui veulent reprendre un peu la main, c’est donc une très bonne nouvelle.

sur la sécurité, Google a déjà durci le système sur les versions récentes d’Android. Sur les appareils sous Android 9 et versions ultérieures, les sauvegardes sont chiffrées de bout en bout à l’aide du verrouillage d’écran de l’appareil, selon Google. Sur des appareils plus anciens, ou quand cette protection n’est pas activée, Google peut encore détenir les clés de chiffrement, toujours selon Google.

Limites de stockage et autres améliorations attendues

Chaque application peut utiliser jusqu’à 25 Mo de données de sauvegarde, d’après Google. Fait un peu surprenant, cet espace n’est pas décompté du quota Google Drive de l’utilisateur, toujours selon Google.

En revanche, un autre sujet lié aux sauvegardes revient régulièrement dans les plaintes des utilisateurs : les anciennes sauvegardes d’appareils peuvent, elles, prendre de la place du côté de Google One.

Ce nouveau réglage s’inscrit dans un chantier plus large autour des sauvegardes Android. Google travaille aussi sur une meilleure prise en charge des fichiers du dossier Téléchargements, ainsi que sur une restauration plus fluide, en particulier sur les smartphones Google Pixel les plus récents.

Les premiers retours de la presse spécialisée vont plutôt dans le bon sens, parce que cette option s’attaque à l’un des reproches qui reviennent sans cesse à propos d’Android : sur le papier, les sauvegardes sont pratiques, mais à l’usage elles ne sont pas toujours transparentes ni vraiment fiables. Il reste quand même plusieurs zones grises, notamment sur le nombre réel de testeurs concernés, l’impact pour les développeurs, les gains de stockage concrets, ou encore la vitesse de déploiement selon les marchés.

Claude dépasse désormais ChatGPT en revenu par utilisateur

En mai 2026, Claude, le chatbot d’Anthropic, rapporte plus par utilisateur que ChatGPT d’OpenAI sur mobile aux États-Unis. D’après les dernières estimations de Sensor Tower, son revenu moyen par utilisateur est passé de moins de 0,50 dollar en septembre 2025 à 2,76 dollars en mai 2026. Cela représente environ 1,5 fois le niveau de ChatGPT, estimé à 1,74 dollar. Claude affiche aussi le meilleur taux de conversion en abonnés payants parmi les grands noms du secteur : 13 % de ses utilisateurs paient un abonnement, contre environ 8 % pour ChatGPT, toujours selon Sensor Tower.

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Cette avance sur le revenu moyen par utilisateur ne change pas encore l’équilibre du marché à grande échelle. En mai 2026, les applications ChatGPT d’OpenAI ont dépassé le milliard d’utilisateurs actifs mensuels, un cap qu’aucune autre application n’avait atteint aussi vite, d’après Sensor Tower.

OpenAI reste donc très loin devant en volume, même si l’écart se réduit. La part de ChatGPT dans les utilisateurs uniques est passée de 81 % en mars 2024 à moins de 50 % en mars 2026, puis à 46,4 % fin mai 2026, selon Sensor Tower. Sur la même période, Gemini de Google est monté à 27,7 %, tandis que Claude a progressé jusqu’à 10,3 %, toujours d’après Sensor Tower. Le marché n’est plus l’affaire d’un seul acteur.

Si Claude fait mieux en revenu par utilisateur, c’est aussi une question de prix. Le service ne propose pas d’offre d’entrée de gamme à très bas tarif et commence directement à 20 dollars par mois. Forcément, cela attire une base d’utilisateurs plus encline à payer.

Anthropic, l’entreprise derrière Claude, est aussi souvent décrite comme plus orientée vers les entreprises et les développeurs. Certaines estimations vont même jusqu’à avancer que 85 % de ses revenus viendraient de ces clientèles plutôt que du grand public.

Prudence, quand même. Sensor Tower rappelle que ces données ne couvrent que les dépenses réalisées dans les applications mobiles, pas les contrats d’entreprise ni les revenus tirés des API, qui pèsent lourd aussi bien chez OpenAI que chez Anthropic.

De meilleures performances sur l’App Store ne veulent donc pas dire, à elles seules, un avantage sur le chiffre d’affaires total. ChatGPT garde d’ailleurs un meilleur taux de rétention des nouveaux inscrits, même si Claude grignote du terrain.

Les récents mouvements d’opinion ont aussi joué. Après l’annonce de l’accord entre OpenAI et le département américain de la Défense, les désinstallations de ChatGPT auraient grimpé de plus de 200 % au-dessus de leur niveau habituel à la mi-mars, selon Sensor Tower.

Au même moment, la part d’audience de Claude aux États-Unis aurait été multipliée par plus de trois, toujours d’après Sensor Tower.

La rivalité devrait encore monter d’un cran dans les prochains mois. OpenAI envisagerait de fortes baisses de prix pour répondre à Anthropic. Google, de son côté, a déjà ramené l’offre Gemini la moins chère à 5 dollars par mois.

Et Apple avance aussi ses pions. Le groupe prépare une nouvelle version de Siri avec davantage de fonctions exécutées directement sur l’appareil, ce qui pourrait rogner l’intérêt de certains abonnements.

Une certitude, en revanche : le marché continue de grossir. Sensor Tower s’attend à ce que les dépenses des consommateurs dans ces applications dépassent 4 milliards de dollars au premier semestre 2026.

D’autres estimations vont même jusqu’à 4,25 milliards de dollars, soit une hausse de 36 % par rapport aux six mois précédents et un niveau sans commune mesure avec les 1,83 milliard enregistrés un an plus tôt.