D’après des documents judiciaires, OpenAI fait maintenant face à plus de 50 plaintes pour préjudice subi par des consommateurs et pour mort injustifiée. Trente nouveaux recours ont été déposés contre l’entreprise, et la plupart sont liés à la fusillade qui a frappé l’école de Tumbler Ridge, en Colombie-Britannique, en février 2026.
L’essentiel de cette nouvelle vague concerne justement Tumbler Ridge. Selon les plaintes, la fusillade a fait 8 morts et 27 blessés. Ces 30 nouveaux dossiers ont été déposés au nom d’élèves et de membres du personnel scolaire qui ont assisté à la tuerie. Ils viennent s’ajouter à 7 plaintes déjà engagées par des familles de victimes. D’après les documents judiciaires, cela porte à 37 le nombre total d’actions directement rattachées à Tumbler Ridge.
Les plaignants s’en prennent à OpenAI, mais aussi à son directeur général, Sam Altman. Ils accusent l’entreprise de négligence, de responsabilité du fait du produit, et d’avoir aidé puis encouragé la commission d’une fusillade de masse. Leur argument central, tel qu’il apparaît dans les plaintes, est que ChatGPT aurait pu jouer un rôle dans la préparation de l’attaque, ou dans l’escalade qui y a mené.
Une question revient au centre de ces recours: qu’est-ce qu’OpenAI savait, et quand l’entreprise le savait-elle ? D’après les avocats des victimes, des documents internes montreraient que l’équipe en charge de la sécurité avait signalé dès juin 2025 le compte du tireur pour « activité et planification de violence armée », avec une recommandation de prévenir la Gendarmerie royale du Canada, la GRC. Toujours selon les plaintes, cette recommandation aurait ensuite été écartée par des dirigeants de l’entreprise, parmi lesquels Chris Lehane. OpenAI aurait fini par désactiver le compte en question, mais l’auteur de la fusillade aurait ensuite ouvert un nouveau compte. Prudence, tout de même: à ce stade, ce sont des allégations figurant dans les plaintes.
De son côté, OpenAI dit participer à la procédure de bonne foi et rejette l’idée selon laquelle l’entreprise ne prendrait pas la sécurité au sérieux. Elle affirme que l’activité du tireur ne dépassait pas son seuil de « risque imminent et crédible », seuil qui aurait justifié, selon ses propres critères, une alerte aux forces de l’ordre.
Et l’affaire dépasse largement le seul cas de Tumbler Ridge. Ces procédures s’inscrivent dans une série plus vaste de recours visant des entreprises du secteur pour des dommages présumés, qu’il s’agisse de suicides, d’un meurtre-suicide, de harcèlement ou encore de traque ciblée. Pour plusieurs juristes, les tribunaux vont maintenant devoir répondre à une question de fond: jusqu’où une plateforme conversationnelle peut-elle être tenue responsable des actes commis par ses utilisateurs ?
Avec plus de 50 plaintes en cours, si l’on se fie aux documents judiciaires, OpenAI se retrouve au cœur d’un affrontement judiciaire majeur. L’issue pourrait peser longtemps sur les obligations de surveillance, de signalement et de prévention imposées à l’ensemble du secteur.
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