Aujourd’hui, d’après des estimations qui circulent dans le monde des semi-conducteurs et des centres de données, SpaceX pourrait avoir besoin de plus de 2 millions de GPU Rubin de Nvidia pour atteindre ses ambitions à long terme. Il s’agirait de la génération attendue après Blackwell. À ce niveau-là, SpaceX entrerait tout de suite dans une autre catégorie.
Le chiffre a de quoi donner le vertige. Et même dans un secteur habitué aux annonces spectaculaires, le contraste reste saisissant : les plus grands clusters actuels se comptent encore en dizaines de milliers, parfois en centaines de milliers d’accélérateurs. Pas en millions. Imaginer SpaceX absorber plus de 2 millions de GPU Rubin de Nvidia, c’est donc parler d’une infrastructure qui dépasserait largement les références actuelles de l’industrie.
Pour SpaceX, la question ne se résumerait pas à acheter des puces. Une ambition pareille supposerait aussi de construire, ou de louer, des centres de données gigantesques, de déployer un refroidissement à l’échelle industrielle et de garantir une alimentation électrique hors norme. Le défi serait informatique, bien sûr, mais aussi logistique.
À ce stade, rien ne laisse penser qu’un tel volume sera commandé dans l’immédiat. Mais si cet objectif venait à se concrétiser, SpaceX devrait franchir plusieurs obstacles majeurs.
Le premier, c’est l’approvisionnement : même pour Nvidia, livrer des volumes de cette taille demanderait du temps, alors que la demande mondiale en accélérateurs haut de gamme reste extrêmement tendue. Le deuxième, c’est l’énergie, avec une consommation qui pourrait se rapprocher de celle de grandes infrastructures industrielles, et des investissements massifs à prévoir dans les réseaux, le stockage d’énergie et le refroidissement.
Il faut aussi ajouter le coût total de possession, qui comprend les serveurs, les interconnexions réseau, les baies, la maintenance, la sécurité et les bâtiments. Au bout du compte, la facture se compterait vraisemblablement en dizaines, voire en centaines de milliards. Mieux vaut donc rester prudent à ce stade. Nous suivrons cela de près.
Même si ce scénario reste prospectif, il en dit beaucoup sur la trajectoire des grands groupes technologiques proches d’Elon Musk. SpaceX, déjà au centre d’activités très gourmandes en calcul, comme les opérations spatiales, les télécommunications et les simulations complexes, semble regarder bien au-delà des capacités disponibles aujourd’hui. Pour Nvidia, le simple fait qu’un besoin supérieur à 2 millions de GPU Rubin soit évoqué, selon des estimations qui circulent dans le monde des semi-conducteurs et des centres de données, montre à quel point la bataille des infrastructures change d’échelle. La nouvelle frontière ne se jouera pas seulement dans l’espace. Elle se jouera aussi dans les centres de données.