Bill Gates alerte sur l’IA : il demande une régulation plus rapide

Bill Gates hausse nettement le ton. Dans un nouvel essai publié sur Gates Notes, puis dans plusieurs interviews récentes, le cofondateur de Microsoft appelle les responsables politiques à aller plus vite et à agir de façon plus coordonnée, avec des mesures concrètes, face aux risques liés à l’intelligence artificielle. À ses yeux, la technologie a déjà franchi des seuils de danger qui imposent des règles, et vite, même si ses bénéfices restent immenses.

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Pour lui, la question n’est plus de savoir si l’IA va bouleverser l’économie. Elle va le faire. Le vrai sujet, c’est de savoir si les États réussiront à encadrer ce bouleversement avant qu’il ne parte de travers. L’emploi, la cybersécurité, la fraude, la stabilité sociale et la confiance du public se retrouvent maintenant au centre du débat. Bill Gates réclame des politiques capables d’amortir les chocs sur le travail, de réduire les menaces pour la sécurité et de poser des garde-fous communs entre grandes puissances.

Les signes sont déjà là, et ils s’accumulent. Une analyse de Goldman Sachs publiée en 2026 pointe un ralentissement de la croissance des offres d’emploi dans des secteurs très exposés depuis fin 2022, surtout aux États-Unis, en Allemagne et en Australie. De son côté, le Forum économique mondial projetait que 85 millions d’emplois pourraient être remplacés d’ici 2026. Et le tableau n’est pas uniforme, ce qui complique encore le débat: PwC observe en parallèle des gains de productivité et des hausses salariales dans certaines entreprises déjà très équipées en IA.

Sur la sécurité, Bill Gates parle sans détour, dans Gates Notes comme en interview, de piratage assisté par l’IA, de fraude, et même de risque bioterroriste. Les travaux récents qu’il cite vont dans la même direction: les attaques numériques automatisées progressent vite, et les tentatives de fraude par deepfake ont bondi de plus de 2 000 % depuis 2022, d’après les données qu’il relaie. Pour le grand public, ce n’est pas abstrait. Ce sont déjà de faux appels vidéo, des arnaques plus crédibles qu’avant, et des outils capables d’imiter une voix ou un visage en quelques secondes.

Le tableau n’est pas seulement sombre pour autant. En février 2026, la Food and Drug Administration (FDA) avait autorisé plus de 1 357 dispositifs médicaux intégrant ces technologies, soit plus du double du niveau de 2022. Et, d’après les données citées par Bill Gates dans Gates Notes, 81 % des médecins américains disent s’en servir déjà, surtout pour alléger les tâches administratives. On voit aussi les usages avancer dans la recherche climatique et dans la découverte de nouveaux matériaux, deux champs que Bill Gates cite souvent parmi les plus prometteurs.

Reste que la régulation avance de façon très inégale. L’Union européenne procède par étapes avec l’AI Act; certaines obligations, notamment la transparence sur les contenus générés, s’appliquent à partir du 2 août 2026, selon la Commission européenne. Aux États-Unis, comme le souligne Bill Gates, il n’existe toujours pas de loi fédérale unique, et le pays fonctionne avec un assemblage de règles locales. La Chine a pris une autre voie, plus centralisée, avec de nouvelles obligations de déclaration et d’évaluation de sécurité pour de nombreux systèmes lancées en 2026, toujours selon le constat relayé par Bill Gates.

Bill Gates défend aussi une idée plus sensible: certains métiers, ou au moins certains moments de ces métiers, devraient rester entre des mains humaines. Il cite par exemple l’annonce d’un diagnostic médical grave. Au fond, la question tient en peu de mots: jusqu’où peut-on automatiser sans entamer la confiance, la dignité et le lien humain? Le débat, lui, reste entier, entre des industriels qui redoutent des règles trop lourdes, des ONG qui rappellent les préjudices déjà bien réels, biais, surveillance, discrimination, et des angles encore trop peu traités, notamment dans les pays du Sud, mais aussi selon les métiers, les niveaux de revenus et les groupes sociaux.

BLM : les ventes de chevaux sauvages explosent en 2025 sous Trump

En 2025, le Bureau of Land Management (BLM), l’agence fédérale américaine qui gère entre autres les chevaux sauvages sur les terres publiques, a vendu environ 3 700 chevaux sauvages. C’est plus du double du rythme observé jusque-là, d’après ses documents budgétaires. Cette hausse remet au premier plan une vieille inquiétude : la vente directe de chevaux sauvages pour l’abattage reste interdite, mais des associations affirment qu’une partie des animaux cédés par le BLM est ensuite revendue dans des circuits qui mènent vers des abattoirs au Canada et au Mexique.

Le point sensible n’est donc pas une vente fédérale officiellement destinée à l’abattage. Il se situe après, une fois les chevaux sortis du dispositif public.

Le BLM peut céder des chevaux non adoptés pour seulement 25 dollars, comme le prévoient les règles de son programme. Les défenseurs des animaux dénoncent ce mécanisme depuis des années.

Les ventes de chevaux sauvages du BLM explosent en 2025

D’après plusieurs enquêtes et signalements repris par des groupes de protection animale, des centaines de chevaux auraient ainsi été revendus dans des filières d’abattage hors des États-Unis.

Il faut quand même garder une réserve sur ce point. Toute la controverse vient justement de là : une fois revendus, ces animaux deviennent difficiles à tracer, et c’est bien ce qui alimente le débat.

L’administration Trump a aussi envoyé un signal politique assez net.

Dans ses propositions budgétaires pour les exercices 2026 et 2027, elle demandait de supprimer les clauses qui interdisaient à la fois la mise à mort de chevaux sauvages sains et leur vente en vue de l’abattage, selon ces mêmes documents budgétaires.

Le Congrès n’a finalement pas retenu ces dispositions. Reste que leur présence dans les documents budgétaires a été lue comme un vrai changement de cap.

Pourquoi l’État américain retire autant de chevaux du territoire

Le BLM justifie sa stratégie par le contrôle des populations.

En mars 2024, l’agence estimait à 73 520 le nombre de chevaux et d’ânes sauvages vivant sur les terres publiques.

C’est moins que les plus de 82 000 recensés en 2023 par le BLM. Mais on reste très au-dessus du seuil que l’administration considère comme soutenable, l’Appropriate Management Level, que le BLM fixe à environ 27 000 animaux.

Dans cette logique, les captures sur le terrain continuent à grande échelle.

Pour l’exercice 2024, le BLM prévoyait de capturer et de retirer près de 20 000 chevaux et ânes sauvages, tout en administrant une contraception à environ 1 400 animaux.

Entre 2020 et 2023, près de 50 000 bêtes ont déjà été retirées de leur habitat naturel, selon les rapports du BLM.

Des coûts de rétention qui pèsent de plus en plus lourd

L’autre ressort de cette politique, c’est l’argent.

Le nombre de chevaux sauvages placés dans des centres d’accueil devait dépasser 80 000 en 2024, d’après les projections du BLM. Pour un programme déjà sous tension, c’est un volume énorme.

En 2023, le gouvernement fédéral a dépensé 108,5 millions de dollars pour leur prise en charge, selon les documents budgétaires du BLM.

Cette facture nourrit la pression en faveur de réponses plus radicales. Le débat, lui, reste profondément polarisé.

Les associations de protection animale réclament davantage de contraception et moins de captures massives. Elles rejettent aussi les ventes qui peuvent déboucher, directement ou non, sur l’abattage.

En face, les organisations d’éleveurs soutiennent le retrait des chevaux jugés en surnombre, estimant qu’ils accentuent la pression sur les pâturages.

Certaines organisations environnementales défendent elles aussi une réduction des troupeaux pour limiter les dégâts sur les écosystèmes.

Concrètement, la bataille se joue maintenant sur trois terrains : le budget fédéral, les ventes à très bas prix, et la capacité du gouvernement américain à démontrer que ses chevaux sauvages ne finissent pas, malgré les garde-fous officiels, dans la filière de l’abattage, d’après les documents budgétaires du BLM et des rapports relayés par des associations de protection animale.

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Kaspersky détecte un malware Android dans des écrans de voiture : il crée un botnet

Kaspersky dit avoir repéré un nouveau malware Android qui vise les unités multimédias embarquées DoFun présentes dans certaines voitures. D’après l’éditeur, ce code malveillant sert surtout à la fraude publicitaire. Il peut aussi convertir les appareils touchés en nœuds d’un botnet de proxys. Le plus gênant, c’est qu’il arriverait avec des logiciels par ailleurs légitimes pour ces systèmes DoFun, ce qui complique fortement sa détection côté utilisateur.

Le plus préoccupant, c’est sa discrétion.

Les chercheurs de Kaspersky expliquent que le malware tourne entièrement en arrière-plan, sans interface visible. En clair, le conducteur n’a pas forcément le moindre signe à l’écran pour soupçonner qu’il se passe quelque chose d’anormal.

Selon Kaspersky, le programme récupère aussi plusieurs informations sur l’appareil, parmi lesquelles la résolution de l’écran, le modèle du terminal et l’identifiant du réseau Wi-Fi utilisé.

Pris séparément, ces éléments n’ont rien d’impressionnant. Mis ensemble, en revanche, ils permettent aux opérateurs derrière l’attaque de profiler les appareils, d’ajuster leurs campagnes de fraude publicitaire et d’ajouter les systèmes compromis à une infrastructure de proxys.

Dans ce genre de montage, un appareil infecté peut servir de relais réseau pour dissimuler d’autres activités frauduleuses.

La façon dont il se propage pose tout autant problème. Glissé dans des applications ou des composants qui paraissent normaux dans l’environnement DoFun, le malware se confond avec la chaîne logicielle de l’appareil.

Ça rappelle au passage une chose assez simple : la sécurité des plateformes Android embarquées ne dépend pas seulement du système lui-même, mais aussi de tout le logiciel qui gravite autour et l’alimente.

Et ce cas-là n’arrive pas dans le vide. Kaspersky affirme qu’en 2025, 494 incidents de cybersécurité rendus publics ont été recensés dans le secteur automobile. Parmi eux, 44 % étaient liés à des rançongiciels.

Les voitures modernes ouvrent de plus en plus de points d’entrée. Connectivité permanente, applications embarquées, mises à jour à distance, tout cela élargit la surface d’attaque.

Le risque, lui, est bien réel. Kaspersky indique que 97 % des cyberattaques automobiles signalées en 2022 ont été menées à distance. Et selon un rapport 2025 de la société de cybersécurité automobile VicOne, plus de 77 % des vulnérabilités du secteur se trouvaient dans les systèmes embarqués ou directement à bord du véhicule.

Les plateformes d’infodivertissement, longtemps vues comme des éléments secondaires, ressemblent de moins en moins à un simple écran de confort et de plus en plus à une porte d’entrée crédible. Kaspersky disait d’ailleurs avoir déjà identifié, en février 2026, un autre malware Android dédié à la fraude publicitaire, nommé Keenadu, préinstallé sur certains appareils, intégré à des applications système ou récupéré via des boutiques officielles.

Sous cette pression, l’industrie augmente ses investissements. Toujours selon Kaspersky, le marché de la cybersécurité des systèmes d’infodivertissement embarqués était estimé à environ 2,4 milliards en 2025 et pourrait grimper à 7,56 milliards d’ici 2034.

Pour les conducteurs, la conclusion tient en peu de mots : dans une voiture connectée, l’écran central n’est plus seulement un équipement de confort. C’est aussi un ordinateur, avec les mêmes risques qu’un appareil mobile mal protégé.

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Chatbots: le débat sur la « conscience » dédouane les entreprises

En 2025, puis au tout début de 2026, beaucoup de juristes considèrent que la querelle autour de la « conscience » des chatbots touche assez peu au vrai sujet. Ce qui compte, c’est la responsabilité des entreprises qui les conçoivent, les règlent, les vendent, les intègrent et les surveillent, surtout maintenant que les incidents se multiplient, que les tribunaux commencent à mettre cette responsabilité à l’épreuve et que les règles avancent, mais à des rythmes très différents selon les régions.

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Le sentiment d’urgence ne vient pas de nulle part. L’AI Incident Database, une base indépendante, a recensé 362 incidents en 2025, contre 233 en 2024. De son côté, le suivi de l’OCDE parle d’une multiplication par dix du nombre d’incidents signalés chaque mois dans les médias entre le début de 2020 et janvier 2026.

Fait assez frappant, la question de savoir si un chatbot est « conscient » aide très peu quand il s’agit de trancher en droit. Pour les spécialistes du sujet, ce sont les choix humains et industriels qui pèsent vraiment, bien plus que les spéculations philosophiques.

Le vrai risque est ailleurs. Quand on présente ces systèmes comme trop avancés, imprévisibles ou presque autonomes, on détourne l’attention des acteurs qui, eux, peuvent prévenir les dommages. Et ces dommages n’ont plus rien d’hypothétique : désinformation, conseils dangereux, manipulation émotionnelle, atteintes à la vie privée, erreurs dans des contextes sensibles.

Les tribunaux, justement, commencent à regarder cette responsabilité de plus près. Des plaintes liées à des blessures et à des décès visent déjà des sociétés spécialisées dans les chatbots. Les victimes essaient donc, très clairement, de remonter la chaîne jusqu’aux entreprises.

Dans au moins un dossier, un tribunal a laissé entendre qu’une réponse générée pouvait être vue comme un « produit », et pas seulement comme un contenu tiers protégé par la Section 230 du Communications Decency Act américain. Si cette interprétation gagne du terrain, les règles classiques de négligence et de responsabilité du fait des produits pourraient entrer en jeu.

Plusieurs universitaires défendent d’ailleurs la même idée : il n’y a pas forcément de « vide » juridique inévitable, à partir du moment où juges et régulateurs acceptent de s’en emparer.

La régulation, elle, reste très inégale. C’est l’Europe qui va le plus loin, avec un règlement européen sur l’IA dont l’application complète est attendue autour de juin 2026, en plus de travaux menés sur la responsabilité civile.

Aux États-Unis, l’approche repose davantage sur les engagements volontaires des entreprises et sur les autorités déjà en place. En Asie, le tableau est plus morcelé, entre lignes directrices souples et obligations de diligence plus strictes selon les pays.

La pression vient aussi des risques de sécurité et de la facture qui va avec. Dans un rapport publié en 2026, IBM estime qu’une violation facilitée par ces systèmes coûte en moyenne 6 millions aux entreprises. Le même rapport indique aussi que deux grands acteurs du secteur ont reconnu des incidents d’accès non autorisé à des systèmes tiers.

Les entreprises avancent, mais sans aller très vite : d’après ce même rapport d’IBM publié en 2026, la part de celles qui n’ont aucune politique de gouvernance dédiée est passée de 24 % à 11 % en 2025. Cela dit, selon IBM, 59 % citent encore le manque de connaissances et 48 % les contraintes budgétaires comme principaux freins.

Au fond, le débat sur la conscience fascine. La responsabilité, elle, reste très humaine.

Apple corrige des dizaines de failles WebKit : mises à jour pour Mac, iPhone et iPad

Apple a publié cette semaine une nouvelle vague de mises à jour de sécurité pour macOS, iOS et iPadOS. Au centre de cette série de correctifs, on retrouve WebKit, le moteur de rendu web d’Apple, qui concentre à lui seul la plupart des vulnérabilités corrigées. Et comme souvent quand Apple met en ligne des détails techniques sur ces failles, le danger monte d’un cran pour les appareils qui n’ont pas encore été mis à jour, même si, pour l’instant, Apple ne dit pas avoir vu d’exploitation active dans ses notes de sécurité.

Des correctifs importants pour macOS, iOS et iPadOS

Sur Mac, macOS Tahoe 26.6.2 corrige 28 problèmes de sécurité, dont 21 touchent WebKit, d’après les notes publiées par Apple. Côté mobile, iOS 26.6.1 et iPadOS 26.6.1 corrigent les mêmes 28 vulnérabilités, avec en plus un problème d’authentification dans le composant Telephony, toujours selon Apple.

Fait assez surprenant, les appareils plus anciens reçoivent encore plus de correctifs. iOS 18.7.10 et iPadOS 18.7.10 bouchent plus de 120 failles, dont plus de 40 dans WebKit, là encore d’après Apple. Plus de 120 failles à lui seul, ce chiffre rappelle à quel point le navigateur et tout ce qui tourne autour restent une porte d’entrée majeure dans l’écosystème Apple.

Pourquoi WebKit concentre l’attention

À lire les descriptions publiées par Apple, on n’est pas face à de simples bugs capables de faire planter Safari. Ces vulnérabilités peuvent entraîner corruption mémoire, exposer des données sensibles et, dans les cas les plus graves, permettre l’exécution de code arbitraire, une sortie de sandbox ou l’exfiltration de données.

Sur iPhone et iPad, le sujet est encore plus sensible. Apple impose en effet l’usage de WebKit aux navigateurs tiers sur iOS et iPadOS. En pratique, une faille dans ce moteur peut donc toucher non seulement Safari, mais aussi Google Chrome, Mozilla Firefox et les autres navigateurs disponibles sur l’App Store.

D’autres composants système sont également concernés

WebKit n’est pas seul dans cette mise à jour. Apple a aussi corrigé des vulnérabilités dans le noyau, ImageIO, Audio, ainsi que dans plusieurs autres composants système. D’après les notes de sécurité de l’entreprise, ces failles pouvaient servir à provoquer des dénis de service, faire fuiter des informations, permettre l’exécution de code arbitraire ou encore intercepter du trafic réseau.

Et ce n’est pas parce qu’une faille paraît moins spectaculaire qu’un bug de navigateur qu’elle est secondaire. Les correctifs qui touchent le noyau ou les bibliothèques multimédias sont souvent considérés comme critiques, justement parce qu’ils peuvent s’intégrer dans des chaînes d’attaque plus élaborées.

Pas d’exploitation confirmée, mais l’historique invite à la prudence

Pour le moment, Apple ne signale aucune exploitation active des vulnérabilités corrigées cette semaine dans ses notes de sécurité. Mieux vaut quand même rester prudent.

Une fois les mises à jour publiées, chercheurs en sécurité et attaquants ont souvent assez d’éléments en main pour disséquer les correctifs et tenter de mettre au point des exploits visant les appareils qui n’ont pas été mis à jour.

Cette prudence se comprend d’autant mieux quand on regarde l’historique récent de WebKit. Fin 2025, Apple avait déjà corrigé deux failles zero day, CVE-2025-14174 et CVE-2025-43529, que la société présentait comme exploitées dans des attaques très ciblées, avant qu’elles ne soient ajoutées au catalogue Known Exploited Vulnerabilities de la CISA. Pour les utilisateurs, la consigne reste la même, et elle est simple : installer les mises à jour dès qu’elles arrivent, surtout sur les appareils utilisés pour naviguer sur le web, pour le travail ou pour accéder à des données sensibles.

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Washington autorise désormais le privé à viser les gangs du cybercrime

En 2026, la Maison Blanche a franchi un cap. Par un mémorandum présidentiel de sécurité nationale, elle autorise désormais certaines entreprises privées, choisies par l’administration, à prendre part à des opérations offensives contre des organisations cybercriminelles installées à l’étranger. Jusqu’à présent, ce type de mission relevait surtout des agences de l’État américain.

L’administration présente cette décision comme une réponse à la flambée des rançongiciels, du phishing et des fraudes financières transnationales. D’après le mémorandum, ces actions seront menées sous la supervision du Department of Homeland Security (DHS) et du Department of Justice (DOJ). L’objectif affiché à Washington est clair : perturber plus vite des groupes qui opèrent depuis des pays considérés comme des sanctuaires.

Le document prend la forme d’un mémorandum présidentiel de sécurité nationale.

On y lit que des acteurs privés validés par l’administration sont autorisés à conduire des « opérations de cyber-surveillance », mais aussi des « opérations offensives dans le cyberespace ». Autrement dit, il ne s’agit plus seulement de regarder ou de collecter des informations. Il s’agit aussi de produire des effets concrets sur les infrastructures ou sur l’activité des groupes visés.

Pour les États-Unis, c’est un vrai changement de doctrine. Jusqu’ici, l’idée de confier au privé une capacité offensive dans le cyberespace restait politiquement très sensible, en particulier à cause des débats autour du « hack back ».

Les partisans de la mesure avancent toutefois un argument simple : l’État ne peut plus agir seul. La plupart des réseaux, des services et des infrastructures critiques appartiennent au secteur privé. Les associer directement à la réponse opérationnelle permettrait donc, selon eux, de gagner du temps, de mobiliser une expertise déjà présente sur le terrain et d’élargir la portée des actions menées.

La décision arrive aussi dans un climat de pression croissante. Le Federal Bureau of Investigation (FBI) estimait à plus de 4 milliards de dollars les pertes liées à la cybercriminalité aux États-Unis en 2020, et la facture n’a fait que monter depuis.

Les rançongiciels restent parmi les menaces les plus préoccupantes, surtout pour la santé et d’autres secteurs critiques, où une attaque peut vite se transformer en crise de continuité de service. Washington présente donc cette nouvelle approche comme un outil supplémentaire face à des groupes criminels transnationaux souvent protégés, directement ou non, par des juridictions étrangères peu coopératives.

La directive s’inscrit aussi dans une offensive politique plus large menée en 2026, toujours selon l’administration américaine. Elle vient compléter le décret présidentiel de mars sur la lutte contre le cybercrime et la fraude, ainsi qu’une initiative annoncée en juin pour renforcer la cybersécurité des systèmes de sécurité nationale.

Cette ouverture au secteur privé, en revanche, est loin de faire consensus. Plusieurs experts alertent sur le risque d’une escalade involontaire, sur une dilution des responsabilités et sur l’apparition d’une course aux capacités offensives dans le privé.

Même sous l’encadrement du DHS et du DOJ, le recours à des entreprises pour mener des actions offensives dans le cyberespace rouvre aux États-Unis de vieilles questions juridiques et éthiques. Mieux vaut garder une vraie prudence sur ce terrain.

Reste enfin l’échelon international. Comment les autres États interpréteront-ils ces opérations ? Quelles règles d’engagement s’appliqueront réellement ? Et jusqu’où une action privée menée avec l’aval de Washington pourrait-elle être perçue, à l’étranger, comme une manœuvre déstabilisatrice, voire hostile ? En voulant accélérer la riposte face au cybercrime, la Maison Blanche ouvre un nouveau front stratégique, jugé efficace par certains, potentiellement explosif pour d’autres.

17 failles logicielles anciennes toujours actives: des années avant d’être vraiment corrigées

Une analyse récente a repéré 17 vulnérabilités anciennes encore actives dans des environnements informatiques. Le vrai problème n’est pas seulement le bug lui-même, mais le temps qui passe entre sa découverte, la publication d’un correctif et son installation réelle sur le terrain. Pour les particuliers comme pour les entreprises, la conclusion est simple : mettre à jour un logiciel de temps à autre ne suffit plus.

Les vulnérabilités qui durent le plus longtemps touchent souvent des produits omniprésents, des systèmes vieillissants ou des outils critiques qu’on ne remplace pas facilement.

Ces 17 bugs ont tous le même point commun : ils s’installent dans la durée.

Même après leur divulgation, ils ont continué à poser problème pendant des mois, parfois des années.

Parfois, le correctif a tardé à sortir. Dans d’autres cas, il existait déjà, mais utilisateurs et administrateurs ne l’ont pas installé assez vite.

Et dans la cybersécurité, ce scénario reste très courant.

Une faille peut être corrigée sur le papier et rester très exploitable en pratique si elle touche des serveurs en production, des équipements réseau compliqués à redémarrer ou des applications anciennes dont la compatibilité avec les nouvelles versions n’est pas garantie.

Cette inertie s’explique par plusieurs raisons.

D’abord, la dépendance à des logiciels en fin de vie : quand un produit n’est plus maintenu, les correctifs arrivent tard, ou n’arrivent jamais.

Ensuite, la complexité des environnements informatiques. Une mise à jour apparemment banale peut casser une application métier ou interrompre un service critique.

Et puis il y a le facteur humain.

Beaucoup d’attaques réussissent encore parce qu’un correctif a été repoussé, oublié ou jugé secondaire.

Les cybercriminels le savent parfaitement et visent volontiers d’anciennes failles, justement parce qu’elles restent présentes sur un très grand nombre de machines.

Pour le grand public, cela concerne surtout des appareils et des logiciels très courants : routeurs, objets connectés, vieux smartphones Android, plugins de navigateur, logiciels bureautiques.

Mieux vaut rester prudent : un appareil qui fonctionne encore n’est pas forcément un appareil sûr.

La priorité, aujourd’hui, relève de l’hygiène numérique la plus simple : activer les mises à jour automatiques, supprimer les logiciels inutilisés, remplacer les produits qui ne sont plus pris en charge et vérifier régulièrement l’état des appareils connectés à la maison.

Côté entreprises, la leçon se joue à un autre niveau.

Déployer un antivirus ou un pare-feu ne suffit pas. Il faut un inventaire précis des actifs, un calendrier réaliste pour appliquer les correctifs et un plan pour sortir des technologies obsolètes.

Ce qui frappe, c’est que les bugs les plus dangereux ne sont pas forcément les plus récents.

Très souvent, ce sont les plus anciens, ceux que tout le monde connaît déjà, mais que personne n’a vraiment réussi à faire disparaître.